Pour la Fnac, le téléchargement de musique en ligne a rapidement été considéré
comme un nouveau canal de distribution sur lequel le disquaire se devait d'être
présent. "Le téléchargement représente une nouvelle façon d'acheter de la musique.
Il nous fallait donc proposer cette possibilité à nos clients, de la même manière
qu'il y a six ans nous leur avions offerte celle d'acheter les CD de musique en
ligne" affirme François Momboisse, directeur de Fnac Music. Si le site
Fnac Music a été lancé en septembre 2004, la Fnac disposait déjà d'une expérience
en la matière. Elle avait en effet confié début 2003 la gestion de sa première
offre de téléchargement en ligne au britannique OD2. "Cette offre apparaissait
dans le site de la Fnac et était commercialisée sous le nom de Digi Music" précise
François Momboisse (lire l'article
du 21/03/03). Toutefois, dès mi-2003, le disquaire a constaté que le marché
du téléchargement commençait à décoller progressivement, ce qui l'a convaincu
de proposer ce service en propre.
Une leçon que la Fnac a tirée de cette première offre mais
également du modèle d'iTunes, dont la simplicité de l'offre tarifaire a été
prise en exemple. "Nous proposions auparavant de l'abonnement, de l'achat, et
du streaming payant. Mais nous avons abandonné, car nos clients étaient perdus
dans l'offre. Le mix entre de l'abonnement et de l'achat au titre n'est pas un
mixte très simple à proposer". Les prix de Fnac Music ont été alignés sur ceux
d'iTunes que le directeur considère comme "une limite supérieure". Le téléchargement
de titres est donc fixé à 0,99 euros le titre et 9,9 euros l'album, et
l'internaute peut obtenir des prix légèrement plus compétitifs pour l'achat de
packs prépayés ou s'il dispose d'une carte d'adhérent Fnac. François
Momboisse estime que ce problème de clarté du prix du CD musical pour le consommateur
peut expliquer en partie pourquoi le marché du disque physique n'est pas au meilleur
de sa forme, au-delà de la question du piratage Le consommateur ne sait pas
s'il doit attendre avant d'acheter pour payer moins cher, certaines nouvelles
compilations étant proposées à 7 euros, d'autres au prix des nouveaux albums à
20 euros, etc. "A contrario, la grande magie du téléchargement de musique, c'est
que toute la musique est au même prix. Nous ne voulions pas reproduire la même
complexité que sur la musique physique" explique le directeur de Fnac Music.
Le revers de la médaille est cependant non négligeable : pour un distributeur
comme la Fnac, la difficulté réside dans la rentabilisation d'un tel service,
dont les coûts technologiques sont conséquents. En termes de résultats, Fnac Music
qui ne souhaite pas communiquer de chiffres affirme simplement bénéficier d'une
croissance régulière du nombre de téléchargements payants. Une croissance du marché
du téléchargement en France que François Momboisse espère voir devenir plus forte,
à mesure que les internautes prendront conscience de l'illégalité que représente
le piratage de la musique sur les sites de peer-to-peer. Néanmoins, la rentabilité
du service de téléchargement de musique en ligne passera, pour le directeur de
Fnac Music, par l'obtention d'une taille critique, par de meilleures conditions
qui devront être proposées par les maisons de disque et par la fidélisation des
clients. C'est précisément sur ce dernier point que la Fnac axe sa stratégie.
En effet, le disquaire joue principalement la carte de la complémentarité avec
ses magasins. "Nous voulons que Fnac Music soit en cohérence avec ce que
nos clients attendent de la Fnac, que ce soit un espace dans lequel ils retrouvent
l'univers de la Fnac", explique le directeur. Une complémentarité qui passe par
la vente des cartes prépayées en magasin, mais aussi par la possibilité de retrouver
en ligne une playlist regroupant les 15 ou 20 meilleurs titres d'un nouvel
artiste, sélectionnée par un spécialiste Fnac travaillant en magasin.
Le téléchargement de films peut également faire figure d'un autre axe
de développement, même si le marché est encore timide en la matière.
L'espace Fnac Music propose un catalogue de 180 vidéos à télécharger proposées
à partir de 7,99 euros pour un film en qualité numérique et 12,99 euros en qualité
DVD, en partenariat avec Movie System devenu Canal Plus Active. Une manière pour
Fnac Music de poser quelques jalons : "nous étudions comment le marché du
téléchargement de vidéos évolue. Le modèle économique pour le téléchargement de
films n'est pas encore très clair, la question de l'achat ou de la location se
pose de façon cruciale", précise le directeur. En raison de l'offre limitée du
catalogue, le service de téléchargement de films en ligne ne dispose pas de son
propre site, mais François Momboisse laisse tout de même entendre que le téléchargement
de films pourrait à l'avenir disposer de son propre espace sur le Web. Après
Fnac Music, bientôt Fnac Vidéo ? |