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| Constance Bommelaer (DDM) : "eContentPlus vise à organiser le savoir européen et à agréger les données" |
| Pour encourager la production et l'accès aux contenus numériques européens, l'Europe lance un appel à projets. Constance Bommelaer, à la DDM, conseille les candidats. Elle revient sur ce programme.
(23/09/2005) |
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Le programme "eContentPlus", lancé par la Commission européenne dans le cadre de ses engagements au titre d'eEurope (lire l'article du JDN du 18/02/2003), est destiné à soutenir financièrement des projets transnationaux dans le domaine des contenus numériques, sur la période 2005-2008. Approuvé le 9 mars 2005 par le Parlement européen et le Conseil, il doit alimenter des services en ligne innovants dans l'ensemble de l'Union européenne. En France, c'est la direction du développement des médias (DDM) qui incarne le point de contact national pour aider les porteurs de projets à participer à l'appel à propositions du programme, ouvert du 9 septembre au 24 novembre 2005. Constance Bommelaer, chargée de mission en charge d'eContentPlus, explicite les objectifs de ce programme et son rôle dans l'organisation de l'appel à candidatures.
JDN. Quels est la raison d'être du programme eContentPlus ?
Constance Bommelaer. eContentplus est un programme européen géré par la Commission européenne, et en particulier par la direction générale qui s'occupe de la société de l'information. Il vise à encourager la production et la diffusion de contenus européens sur Internet, ainsi que sur des supports tels que la télévision interactive et les téléphones mobiles. Son objectif est de faire travailler des gens de différents pays européens, différentes entités publiques ou privées, afin de dégager une plus-value européenne. Il ne s'agit donc pas seulement de traduire des données existantes pour les mettre à disposition du plus grand nombre. L'idée du programme, c'est que si on ne faisait pas un consortium, on n'arriverait pas à produire un contenu intéressant.
Il est précisé que le programme vise notamment à recenser les domaines auxquels le public européen s'intéresse et dans lesquels le jeu des forces du marché ne suffit pas à mobiliser les investissements suffisants, et à créer les conditions nécessaires pour faciliter l'accès au contenu numérique. Quels sont ces domaines et ces conditions ?
Les domaines identifiés sont l'information géographique, le contenu éducatif et les contenus culturels. Le terme 'éducatif' recouvre la notion de pédagogie, et par 'contenus culturels', on entend information scientifique et contenus scolaires scientifiques. La Commission semble avoir détecté que certains marchés se mettaient en place, mais que certains contenus n'étaient pas assez utilisés et mis à la disposition des internautes. Créer les conditions d'accès à ces contenus signifie qu'il ne suffit pas de numériser des données - la Commission ne veut pas prendre en charge la numérisation -, il faut organiser le savoir en facilitant l'agrégation de ces données. Imaginons par exemple trois musées, allemand, hongrois et français, déjà associés dans un réseau universitaire. Il se peut que malgré ce réseau, leurs contenus ne soient ni organisés, ni en libre accès. eContentPlus peut soutenir un projet ayant pour objet de mettre en commun ces contenus avec celui d'autres musées européens, et de créer une infrastructure susceptible de diffuser et d'effectuer des recherches dans ces contenus en dehors du réseau universitaire. L'appel à propositions concerne ainsi beaucoup de sociétés de recherche et d'universités, mais aussi des entreprises amenant des logiques plus commerciales.
Quel est le rôle de la France et de la DDM dans ce programme ?
Durant la phase d'élaboration de la proposition de décision établissant le programme eContentPlus, un comité était chargé d'amender la proposition. Les représentants français étaient parmi les plus actifs. La France a également versé sa contribution financière au budget fixé pour le programme, soit 149 millions d'euros sur trois ans. Mais il n'est pas possible de connaître la contribution de la France pour chaque programme communautaire, car les sommes allouées proviennent d'un budget global. Quant au rôle de la DDM, il consiste à être le relais d'information entre la Commission et les porteurs de projets français. Pour ceux qui le souhaitent, nous pouvons nous employer à trouver des partenaires européens qui puissent leur apporter la 'plus-value européenne' demandée par le programme. En revanche, nous n'avons aucun pouvoir de décision sur l'évaluation des projets. Nous ne faisons que du conseil et de la mise en contact. Les lauréats, désignés par un comité d'experts nommés par la Commission, devront par la suite signer un contrat qui les oblige à respecter un cahier des charges fixé par le programme.
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