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En Europe, l'avenir de l'aérien passe par le Net
Pour les compagnies aériennes européennes, Internet n'est plus un gadget. Les ventes en ligne oscillent entre 15 et 6 % de leur chiffre d'affaires en France, et l'e-ticket dépasse les 60 %.   (26/09/2005)
Etude Benchmark Tourisme et voyages sur Internet
  Le site
Airfrance.fr
Lufthansa.fr
Britishairways.com
Klm.fr
Réduction des coûts, rapidité de circulation de l'information, gain de productivité à l'aéroport, services innovants : aujourd'hui, Internet est devenu une des principales armes des compagnies aériennes européennes pour faire face à la hausse durable des cours du pétrole, qui rogne inexorablement les marges des transporteurs, et pour lutter contre la concurrence des compagnies low cost, particulièrement virulente en Europe. Outil de fidélisation, mais aussi de conquête, le Web n'est plus un gadget. Il devient un outil stratégique à part entière.

Activité des compagnies aériennes sur Internet en France
Compagnies aériennes
Part d'Internet dans le C.A. France
Part du e-ticket dans les ventes
e-services
Article JDN
Airfrance
8 %
• 65 % par rapport aux ventes mondiales,
• 88 % sur le site
• Enregistrement en ligne,
• Enregistrement des bagages,
• Gestion des comptes fidélité,
• Téléchargement des horaires sur PDA ou mobile
Lufthansa
6 %
• 41 % tous canaux confondus
- Enregistrement en ligne
- Enregistrement des bagages (uniquement sur Frankfort et Munich)
British
Airways
15 % (uniquement sur le site)
• 95 % tous canaux confondus,
• 99 % sur le site
• Enregistrement en ligne,
• Enregistrement des bagages,
• Modification en ligne des réservations,
• Accès au formulaire APIS,
• Gestion des comptes fidélité
Klm
5,2 % (en 2004)
• 90 % sur le site
• Enregistrement en ligne,
• Gestion des comptes fidélité,
• Téléchargement des horaires sur PDA ou mobile
Sources : Journal du Net, 2005

Si la révolution est en marche et que la vente des billets aériens passe de plus en plus par le Web dans l'Hexagone, toutes les compagnies aériennes européennes ne sont toutefois pas au même diapason. Curieusement d'ailleurs, Air France, dont c'est pourtant le marché historique, n'est pas la mieux placée en termes de ventes en ligne. En septembre 2005, Internet ne représente que 8 % de son chiffre d'affaires France, contre environ 15 % pour Bristish Airways. Lufthansa et KLM réalisent respectivement 6 % et 5,2 % de leur chiffre d'affaires France en ligne. Des différences qui s'expliquent moins par le dégré de maturité du marché, puisqu'il s'agit du même (la France), que par des politiques plus ou moins volontaristes. Bristish Airways, par exemple, a clairement décidé de faire d'Internet son cheval de bataille pour faire face à la concurrence des low cost, très présentes sur les lignes entre Paris et Londres.

Le marché français de l'aérien apparaît également encore très ouvert. En effet, les sites officiels des compagnies aériennes européennes ne sont pas toujours les mieux placés pour vendre en ligne. Même si la situation est en train de basculer. Air France, par exemple, réalise la moitié de son chiffre d'affaires Internet via les agences de voyages généralistes. Cette situation est encore plus prononcée pour Lufthansa France, dont 4,5 % de ses revenus Web proviennent des agences en ligne. Mais, au dire de Matthias Funke, directeur commercial France de la compagnie allemande, cette stratégie est volontaire, Lufthansa ayant choisi de ne pas gonfler son budget marketing pour accroître la notoriété et les ventes sur son site français.

Si les ventes en ligne augmentent, l'e-ticketing aussi. British Airways est parvenu à imposer le billets électronique, y compris dans ses canaux de distributions offline. 95 % des billets que la compagnie a émis en France en août 2005 sont, en effet, des e-tickets. Une performance que le transporteur doit à la facturation de ses titres de transport (25 euros l'unité), chose que ne font ni Air France, ni Lufthansa, mais aussi, à une politique ambitieuse en matière de e-services. En revanche, ses concurrents allemand et français (Lufthansa et Air France) marquent le pas dans ce domaine, avec respectivement 41 % des billets émis, tous canaux confondus, pour l'un, et 65 % pour l'autre.

L'e-ticketing, une question également de e-services
"Les compagnies aériennes manquent encore d'ambition en matière d'e-ticketing, martèle Patrick Malval, directeur commercial France de British Airways. Pour qu'il soit adopté par les voyageurs, il faut développer des outils connexes qui montreront les bienfaits de ce service. C'est le cas, par exemple, de l'enregistrement en ligne. Mais aussi, de la possibilité d'imprimer sa carte d'embarquement ou celle de modifier sa réservation en ligne."

Un cercle vertueux entre chasse aux coûts et fidélisation, qu'aujourd'hui, toutes les compagnies aériennes européennes en France ont bien compris et ont entrepris de mettre en oeuvre. L'enregistrement en ligne et le choix de son siège sont actuellement deux fonctionnalités incontournables. L'impression à domicile de sa carte d'embarquement est en revanche un peu plus rare. Présent sur les sites de British Airways et Air France, ce service n'est pas encore disponible sur Lufthansa.fr et KLM. Mais cela ne saurait tarder, les principaux freins étant aujourd'hui essentiellement d'ordre technique.

Autre facteur de productivité : l'enregistrement automatique des bagages à l'aéroport. Aujourd'hui, ce service n'est proposé en France que par British Airways et en test par Air France. Mais dans ce domaine, le passage de l'expérimentation au service standardisé est très rapide. Pour preuve : fin 2004, Bristish Airways proposait en test aux titulaires de e-tickets de modifier en ligne leur réservation. Neuf mois plus tard, la compagnie aérienne est passé au stade de l'industrialisation, ce service étant désormais également disponible sur le site français.

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Dernier volet de cette révolution, les services Internet embarqués dans les avions. Aujourd'hui, seul Lufthansa a équipé sa flotte d'accès Internet haut débit sans fil. Bristish Airways, pour sa part, a seulement effectué des tests. Moins parce que le service est déficient qu'en raison de son coup, encore trop élevé. La révolution du Web est en marche dans l'aérien, mais elle ne se fait seulement dans les services aux sols mais aussi dans les services proposés à bord des avions.
Anne-Laure BERANGER, JDN Sommaire Tourisme
 
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