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Les opérateurs télécoms enjoints de revoir leur service client
Le ministre délégué à l'Industrie François Loos a réaffirmé sa volonté de légiférer sur les relations entre les opérateurs et leurs clients. Mais de nombreux points restent en suspens.   (28/09/2005)

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 Afa
Attention aux conditions d'engagement. Le conseil, qui vaut d'habitude pour les utilisateurs d'Internet, de téléphonie fixe et de téléphonie mobile, vaut aussi cette fois pour les opérateurs eux-mêmes. Lors d'une table ronde avec le ministre délégué à l'Industrie François Loos et les associations de consommateurs, FAI et opérateurs de téléphonie se seraient engagés à revoir un certain nombre de services pour leurs clients. Mais l'interprétation qu'ils font de ces discussions diffère encore de la position du ministre et des associations de consommateurs.

Exemple le plus flagrant : la question de la gratuité du temps d'attente pour les hotlines. Présentée comme acquise par François Loos et par Julien Dourgnon, directeur des études de l'UFC-Que Choisir, elle reste, selon Stéphane Marcovitch, délégué général de l'Afa (Association des fournisseurs d'accès à Internet), "soumise à discussions". Cette mesure pourrait néanmoins faire l'objet d'une loi, comme l'a confirmé le ministre délégué à l'Industrie. Elle entrerait alors en vigueur à la mi-2006 pour les opérateurs mobiles, puis en fin d'année prochaine pour les autres services. Réponse de l'Afa : "ce n'est pas par la loi qu'on règle les problèmes économiques." Les FAI pourraient en effet perdre 54 millions d'euros dans l'opération. C'est en tout cas le montant de la facturation du temps d'attente en 2004, estimé par l'UFC-Que Choisir.

Il y a donc fort à parier que les acteurs présents à cette réunion se retrouveront à nouveau pour discuter des modalités d'application du projet. François Loos a d'ailleurs fixé un nouveau rendez-vous début 2006, afin de faire le bilan des engagements pris. D'ici là, une étude de faisabilité aura été entamée par le Conseil général des technologies de l'information (CGTI) et l'Arcep. Elle devra notamment clarifier les coûts engendrés pour les opérateurs. Le manque à gagner pourrait être compensé par l'augmentation des tarifs du temps de communication, par exemple, tandis que certains opérateurs pourraient agiter le spectre de la délocalisation des centres d'appels.

Mises à part ces différences d'interprétation, la table ronde de Bercy aura permis, de l'avis de François Loos, d'avancer sur certains points. Petit tour d'horizon des sujets abordés, des promesses et des souhaits de chacun.

Information commerciale. Le secteur des télécoms s'est engagé, dans son ensemble, à améliorer l'information disponible pour le consommateur. Cela devrait se traduire, pour chaque opérateur, par une fiche d'information récapitulant l'ensemble des offres, leurs prix, services et conditions d'application, visibles sur les sites Web des sociétés. Un guide pédagogique à l'attention du consommateur sera également rédigé, afin d'expliquer les termes de l'offre. Enfin, les opérateurs se sont engagés à "rendre leurs publicités plus lisibles".

Conditions contractuelles. Le principal accord obtenu dans ce domaine est la réduction des durées d'engagement. Le souhait du ministre de l'Industrie était qu'elles ne dépassent pas douze mois. Plus vraisemblablement, on devrait s'orienter vers la coexistence d'offres sans engagement et d'offres sur 12 ou 24 mois, avec des prix et des conditions différents. SFR propose d'ailleurs, depuis cette semaine, des offres sans engagement, mais également sans réduction sur le terminal, tout comme le font les opérateurs virtuels. Par ailleurs, le ministre de l'Industrie a réaffirmé le principe de la remise obligatoire d'un contrat, en version papier ou électronique, pour tout abonnement à un service de téléphonie ou à un accès Internet.

Service client. En plus du bras de fer qui s'annonce sur les hotlines, plusieurs sujets chauds concernant le service aux clients ont été évoqués. En premier lieu, celui sur la portabilité du numéro. Fixée par la loi, celle-ci n'est toujours pas entrée application concrètement. Le ministre s'est engagé à faire paraître un décret d'ici la fin de l'année pour accélérer le processus et permettre d'assurer les délais promis, à savoir la possibilité de pouvoir changer d'opérateur en conservant son numéro de téléphone (fixe ou mobile) dans un délai maximal de dix jours. Toutefois, l'application de la portabilité a pris du retard, dû selon les opérateurs à des complexités techniques. Cela nécessite en effet la constitution d'une base de numéros commune à tous les opérateurs, sur laquelle l'Arcep travaille. Pour les opérateurs mobiles, la portabilité en dix jours avec "guichet unique" (démarches à effectuer auprès du seul nouvel opérateur) devra être effective le 1er janvier 2007. Pour les opérateurs de téléphonie fixe, la date limite est fixée au 1er avril 2007.

En marge de la question de la gratuité du temps d'attente sur les hotlines, les opérateurs se sont engagés à améliorer la qualité des services d'assistance (formation des télé-conseillers, diminution du temps d'attente, par exemple). Ils devront, en outre, et selon un arrêté du ministère, préciser la tarification en vigueur au début de chaque appel, ainsi que la durée d'attente.

Autres pistes abordées au cours de la réunion : la diversification des moyens de paiement proposés, la généralisation des points de fidélité, ou encore l'obligation de faire figurer les coordonnées du service consommateur sur tous les documents commerciaux. Enfin, un texte devrait officialiser le remboursement du dépôt de garantie sous dix jours.

Litiges. Le ministre va proposer au Parlement une série de mesures visant à réduire à moins d'un mois les délais de résiliation, afin de stimuler la concurrence sur les marchés fixe, mobile et Internet. Une décision qui fait suite à des "pratiques abusives" constatées par le ministère. De plus, les litiges, en hausse ces dernières années dans le domaine des télécoms et les relations clients-opérateurs, seront désormais consignés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Dernier accord : celui sur la rédaction d'un guide des bonnes pratiques, concernant le traitement des litiges. Opérateurs et consommateurs sont appelés à favoriser la médiation en cas de litige et le Médiateur de la téléphonie devrait gagner en visibilité.

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 Afa
Les réactions à cette démonstration de force du ministre n'ont pas tardé et plusieurs opérateurs ont annoncé des mesures visant à se mettre en conformité avec les engagements pris. La gratuité du temps d'attente sera appliquée chez Wanadoo à partir du mois de décembre et chez Orange au printemps 2006. Certains, comme Alice et Club-Internet, proposent d'ores et déjà des minutes de communication gratuites sur leur hotline. Quant à l'opérateur mobile virtuel Debitel, il rendra le temps d'attente de sa hotline gratuit au printemps prochain et s'engage à réduire ses délais de résiliation à dix jours. En attendant de nouvelles annonces.
 
 
Nicolas RAULINE, JDN Sommaire Télécom-Fai
 
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