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ADSL : France Télécom condamné pour abus de position dominante
Le Conseil de la Concurrence a infligé une amende de 80 millions d'euros à l'opérateur historique pour avoir freiné l'expansion de ses concurrents sur l'ADSL entre 1999 et 2002. L'affaire est portée en appel.   (10/11/2005)

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Quatre-vingts millions d'euros : la plus grosse amende prononcée par le Conseil de la Concurrence est tombée lundi 7 novembre sur la tête de France Télécom. L'opérateur historique est accusé d'avoir fermé à ses concurrents l'accès au marché de gros de l'Internet haut débit par ADSL entre 1999 et octobre 2002. En 2004, sur le même sujet, il avait écopé de 20 millions d'euros de sanctions pour non respect d'une injonction de baisser ses tarifs de gros rendue en février 2000, une peine portée à 40 millions par la cour d'appel de Paris en janvier 2005. C'est donc au total 120 millions d'euros que France Télécom devra verser.

A l'origine de la présente sanction, une saisine de Neuf Telecom (aujourd'hui le groupe Neuf Cegetel, lire l'article du 18/08/05) à l'automne 1999. Cette année-là, la technologie ADSL était lancée en France, ouvrant deux marchés : celui de la fourniture de ce service à l'abonné (marché de détail) et celui du marché de gros à destination des fournisseurs d'accès internet (FAI). France Télécom, qui en tant qu'opérateur historique détenait le monopole du réseau, rechignait à l'ouvrir aux opérateurs tiers pour leur permettre de faire des offres de gros et contraignait, par ailleurs, les FAI à utiliser ses prestations de bout en bout alors même qu'ils commençaient à déployer leur propre réseau. Ce qui lui permettait à la fois de dominer le marché de détail via sa filiale Wanadoo, et le marché de gros via son offre aux FAI.

En février 2000, le Conseil avait tranché en faveur de Neuf Telecom, enjoignant l'opérateur historique de proposer, "dans un délai maximum de huit semaines, une offre technique et commerciale" d'accès à son réseau, permettant l'existence d'"une concurrence effective". Mais si France Télécom avait certes transmis une offre en avril 2000, ses dispositions tarifaires étaient "telles que ses concurrents ne pouvaient faire aux FAI des offres compétitives" par rapport aux siennes, a rappelé le Conseil mardi. Le Conseil a constaté que France Télécom avait revu à la baisse ses tarifs seulement en septembre 2002, sous l'impulsion du gendarme du secteur, l'Autorité de régulation des télécommunications (ART, aujourd'hui l'Arcep).

"Ce refus d'accès à permis à France Télécom de rester l'unique offreur de prestations de transport du trafic Internet haut débit (ADSL) entre les abonnés et les FAI jusqu'en 2002, et a empêché l'entrée sur ce marché de concurrents potentiellement plus innovants et efficaces", a jugé le Conseil. C'est ce préjudice qui vaut à l'opérateur historique cette énorme sanction, dont le "caractère exemplaire" réjouit par ailleurs l'Aforst (Association française des opérateurs de réseau et des services de télécommunication). "Toutefois, note l'association dans un communiqué de presse, force est de constater que cette décision arrive six ans après les faits sanctionnés alors que le retard pris dans le développement du haut débit en France et le bénéfice perdu par les consommateurs sont irrécupérables."

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De son côté, France Télécom estime dans un communiqué que "la décision paraît en toute hypothèse disproportionnée. Elle l'est d'autant plus qu'elle sanctionne des comportements et des tarifs pratiqués dans un cadre régulé par l'autorité sectorielle. Cette décision met en lumière la problématique de l'articulation entre deux autorités publiques et toute l'incertitude juridique qui en résulte." L'opérateur historique conteste cette décision et a décidé de faire appel.
(Avec AFP)
 
 
Rédaction JDN avec AFP Sommaire Télécom-Fai
 
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