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FAI et professionnels du cinéma s'entendent sur une offre légale de vidéo à la demande
L'accord sur la constitution d'une offre de VOD, signé mardi, autorise la diffusion des films sur Internet 33 semaines après leur sortie. Les détails du compromis avec la présidente de l'AFA, Marie-Christine Levet.   (22/12/2005)

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 Marie-Christine Levet
 AFA

Après plus d'un an d'âpres négociations, les fournisseurs d'accès Internet et les professionnels du cinéma* sont finalement parvenus à un accord sur la constitution d'une offre légale de vidéo à la demande (VOD) sur Internet. Le "protocole d'accord interprofessionnel" a été signé mardi 20 décembre, quelques heures avant l'ouverture du débat parlementaire sur le projet de loi "Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information" (DADVSI). La pression émanant du Ministère de la Culture et de la Communication, en charge du dossier, n'est sans doute pas étrangère à l'élaboration d'un compromis. Les détails de ce protocole avec la présidente de l'Association des fournisseurs d'accès (AFA), Marie-Christine Levet.


JDN.
Jusqu'à récemment, les points de discorde avec l'industrie du cinéma étaient encore nombreux. Quelles sont les victoires et les défaites des fournisseurs d'accès dans les termes de ce protocole ?

Marie-Christine Levet. Moins qu'une victoire ou une défaite, ce protocole est un bon compromis, notamment sur la chronologie des médias. L'industrie du cinéma réclamait que la VOD soit placée neuf mois après la sortie en salle, fenêtre des chaînes de cinéma en pay-per-view. Nous réclamions de notre côté un alignement sur les sorties en location vidéo et DVD, à savoir six mois. Au final, le protocole crée une fenêtre nouvelle pour la VOD à 33 semaines, soit 8 mois et demi. Par ailleurs, l'accord institutionnalise tous les modèles de commercialisation de la VOD : à l'acte, sous forme de pack, ou à l'abonnement. Les chaînes de télévision payantes ont toutefois obtenu que la VOD à l'abonnement ne concerne que les œuvres de catalogues (sorties depuis plus de 36 mois). Enfin, l'accord valide toutes les formes de diffusion, location (fenêtre de téléchargement en streaming ouverte pour une durée de 24 heures) et vente dématérialisée. Cet accord est valable pour une période de 12 mois.

Quels sont les termes financiers de l'accord  ? Quel va être le prix de vente d'un film ?
L'accord garantit une rémunération minimale des ayants droit par les fournisseurs d'accès sur une base de 50 % pour les nouveautés et 30 % pour les œuvres de catalogue. Le prix unitaire est laissé à la discrétion des FAI en fonction de leurs accords avec les ayants droits mais devrait s'établir à trois ou quatre euros. En outre, les FAI se sont engagés à contribuer au financement du cinéma français. Le pourcentage de reversement sera calculé en fonction des revenus réalisés par l'opérateur de la plate-forme de VOD : entre 1,5 et 3 millions de chiffre d'affaires, le taux de reversement sera de 5 % pour à la création d'œuvres européennes, dont 3,5 % pour les œuvres en langue française. Au-delà de 3 millions de revenus, la contribution s'élèvera à 8 %.

En quoi la signature de cet accord était-elle un préalable au vote de la loi DADVSI et quelle est sa portée pour l'industrie de la VOD sur Internet  ?
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 Marie-Christine Levet
 AFA
La constitution d'une offre attractive de vidéo sur Internet était une condition sine qua non pour les fournisseurs d'accès à leur soutien de l'amendement de riposte gradué de la loi DADVSI [lire l'article du 20/12/05, ndlr], selon lequel les FAI s'engagent à lutter contre le piratage de films. Oui à la répression du téléchargement illégal, mais pas sans une alternative légale. Par ailleurs, cet accord interprofessionnel légitime les FAI dans leur métier de distributeurs de contenu cinématographique et audiovisuel, au même titre que les câblo-opérateurs ou que les bouquets de chaînes par satellite. A ce sujet, contrairement à ce qui a été écrit sur la fusion entre CanalSat et TPS, les opérateurs ADSL ne sont pas une menace pour l'économie des bouquets de télévisions payantes, mais des partenaires de diffusion, comme le prouvent les nombreux partenariats relatifs aux offres de TV ADSL entre ces acteurs et les FAI.

*Les signataires du protocole : Canal PLus, France Télévisions, Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), Bureau de liaison des Industries cinématographiques (BLIC), Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques (SACD), société civile des Auteurs-Réalisateurs-Producteurs (ARP), France Télécom, Bureau de liaison des organisations du cinéma (BLOC) et Association des fournisseurs d'accès à Internet (AFA).

La chronologie des médias

Après l'obtention de son visa d'exploitation et sa sortie en salles, un film peut être distribué ou vendu selon plusieurs fenêtres :
 Fenêtre à 6 mois : location ou vente sous forme de vidéo ou DVD
 Fenêtre à 33 semaines : diffusion sur des plates-formes légales de VOD
 Fenêtre à 9 mois : achat à la carte en pay per view
 Fenêtre à 12 mois : diffusion sur les chaînes à péage
 Fenêtre à 24 mois : diffusion sur les chaînes en clair

 
 
Emilie LEVEQUE, JDN Sommaire Télécom-Fai
 
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