En s'offrant l'allemand Falk eSolutions, DoubleClick International fait d'une pierre deux coups. D'une part, il élimine un concurrent toujours plus ambitieux, d'autre part il poursuit son recentrage sur la publicité en ligne. Après s'être séparé le mois dernier de sa branche e-mailing, en la vendant 90 millions de dollars à Epsilon, un prestataire en marketing multicanal, DoubleClick confirme son orientation vers la publicité online, "activité où nous identifions une plus forte croissance", explique Ben Regensburger, le président de DoubleClick International. Le montant du rachat n'a pas été communiqué.
Au sein de l'activité publicité en ligne, l'expertise de l'éditeur de solutions allemand dans la production de publicité en rich media semble avoir particulièrement séduit les dirigeants de l'acquéreur. "Le savoir faire de Falk, notre concurrent le plus innovant, dans le rich media notamment, va nous permettre d'améliorer notre offre en la matière," précise Ben Regensburger. Une acquisition stratégique donc, au regard du développement du rich media, un secteur dans lequel la société américaine ne s'est lancée en Europe qu'à la fin de l'année dernière. L'innovation de Falk, louée par son ancien concurrent, l'avait notamment poussé à baisser ses prix lors de l'implantation de Falk en France, il y a un peu plus d'un an (lire l'article du 21/02/2005).
La publicité sur moteur de recherche et l'optimisation des campagnes de liens sponsorisés sont également des activités que l'acquisition de Falk eSolutions viserait à renforcer chez DoubleClick. L'entreprise allemande possèderait notamment une expertise importante dans l'optimisation, et des outils qui amélioreraient en temps réel les solutions proposées par DoubleClick. L'américain possédant déjà un outil d'optimisation intégré à son offre de publicité sur moteur de recherche, le regroupement devrait fournir à la nouvelle entité un avantage sur ses concurrents, dont beaucoup ne possèdent pas ce type de solution, selon elle. La plateforme AdSolution de Falk s'intégrera dans les solutions DART de DoubleClick.
L'acquisition de Falk
va par ailleurs faire doubler les effectifs de DoubleClick, qui compterait 200 personnes dans le monde, selon son président. Tant sur le plan du marketing et de la partie commerciale, que dans l'assistance technique au client, rendue essentielle par "la complexification des solutions induite par le rich media, mais aussi par la publicité sur moteur de recherche," selon Ben Regensburger. Côté recherche et développement, DoubleClick acquiert la centre européen de son ancien concurrent. Il complètera son propre dispositif en la matière avec des plateformes en Amérique du Nord et en Asie.
C'est bien dans l'implantation géographique que la complémentarité des deux acteurs apparaît la plus évidente. Même si Falk était présent lui aussi en Amérique du Nord et depuis peu en Asie, c'est en Europe que le gros de son activité se concentrait, avec un portefeuille de clients important en Allemagne et dans les pays du Benelux. Avec cette acquisition, la première en Europe, Doubleclick veut clairement se renforcer sur le Vieux continent, où il est surtout implanté en France et au Royaume-Uni.
L'entreprise voudrait à présent développer ses activités en Europe du Sud.
Le développement européen sera justement piloté par Thomas Falk, qui a co-fondé son entreprise en 1998, et dirigera les activités de DoubleClick EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), essentiellement en Europe pour l'instant. Il prendra ses fonctions lorsque l'accord aura été finalisé, probablement d'ici à la fin du mois de mars. |