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Benjamin Faes (AOL France) : "Nos projets s’orientent autour des services communautaires et de la marque blanche"
Chaque jour, pendant l'été, un acteur de l'Internet dévoile sa stratégie pour la rentrée. Aujourd’hui, le directeur du pôle Audience d’AOL France, également VP du SRI, rassure sur les licenciements en France et annonce les futurs concurrents maison de MySpace et YouTube.   (07/08/2006)

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 AOL France
JDN. Le début d'année a été mouvementé pour AOL. Quelles évolutions majeures ont marqué le premier semestre, et comment avez-vous vécu ces événements ?
Benjamin Faes. Pour AOL, cela a été six mois de profonde transformation. Nous avons opéré un changement radical dans notre activité. Nous avons quasiment triplé nos ressources techniques de façon à migrer le plus de contenus possible sur Internet. La première version du nouveau portail d'AOL est sortie en janvier, et depuis il y en a eu trois autres. Aujourd'hui, le portail compte une dizaine de chaînes thématiques, le webmail est accessible à tous gratuitement, nous avons lancé une nouvelle version de notre application de messagerie instantanée AIM, nous proposons le seul service de stockage illimité de photos…
Parallèlement, de nouvelles activités se sont développées chez nous, notamment un pôle de référencement et un service de marketing en ligne créés pour promouvoir nos nouveaux contenus et services. Tout cela s'est accompagné de quelques transferts de collaborateurs en interne, et de huit recrutements. Nous avons maintenant un chef de produit pour chaque site thématique. En termes de ressenti, au sein d'AOL, il y a bien sûr un côté anxiogène lié au changement, mais à part ça, le message, c'est qu'AOL va concentrer toute son énergie sur l'audience. C'est très motivant pour les équipes !

Sur la conception des sites, il y a eu également beaucoup de changements. Les trois piliers de chacun des sites que nous lançons sont une éditorialisation très forte et différenciante, une implication forte des internautes - par exemple, l'ensemble de la chaîne Musique est commentable -, et une part plus importante donnée aux contenus multimédia. Sur ce dernier point, nous investissons par exemple beaucoup dans l'achat de droits vidéo. Sur celui de l'éditorialisation, je crois que c'est une tendance générale de l'Internet, qui se transforme de plus en plus en média, servant de moteur à une monétisation des contenus. Ainsi, la publicité sur le Web devient de plus en plus une évidence pour les annonceurs. La question n'est plus de savoir s'il faut investir sur Internet, mais comment et combien. A la question du "comment", les annonceurs sont de plus en plus attirés par le sponsoring de contenus.

Enfin, du côté de la régie, nous avons ouvert notre activité à des sites tiers depuis le 1er juin. Nous avons donc participé à un certain nombre d'appels d'offre, et avons déjà deux sites en régie : Autoreflex et Jannonce. Nous nous sommes en effet concentrés sur le secteur automobile afin de préparer le Mondial de l'Automobile. Nous visons une quinzaine de sites d'ici à la fin de l'année.

Time Warner a dévoilé sa stratégie de sauvetage pour AOL, avec le passage des services Web au gratuit, le recentrage des ressources sur l'activité Web, et la cession, en France, de l'activité d'accès à Neuf Cegetel. Dans ce contexte, à quoi va ressembler l'avenir pour l'activité portail ? Les 5.000 licenciements annoncés par le groupe dans le monde vont-ils toucher votre activité en France ?
Nous ressentons déjà la traction accélérée de la maison mère sur un certain nombre de projets. Globalement, la tendance est positive. En termes de ressources humaines, il y a encore cinq ou six postes ouverts, et l'objectif du doublement de l'activité d'audience dans les deux prochaines années ne pourra pas se faire en coupant dans les effectifs. La logique de l'accord avec Neuf Cegetel n'est pas une logique de suppression d'emplois, mais plutôt de transferts. Si AOL France, dans le cadre du rachat, aura beaucoup moins d'employés dans six mois, cela se fera d'après ce qui est prévu sous la forme de transferts. Et Neuf Cegetel s'est notamment montré particulièrement intéressé par le call center d'AOL à Marseille, qui emploie beaucoup de monde. De notre côté, les 1,3 million d'abonnés haut débit de Neuf Cegetel représentent une audience captive supplémentaire.

A l'avenir, nos projets vont s'orienter autour de deux axes prioritaires. Premièrement, le développement de services communautaires. C'est la notion de social media. Dans ce cadre, les deux projets qui sortiront d'ici à la fin de l'année sont AIM Pages, un service permettant de publier un profil personnalisable et de lier cette page à celle de ses amis, à l'image de MySpace mais avec plus de souplesse et de personnalisation, et Uncut, service de publication de vidéos. Deuxièmement, nous allons nous structurer pour développer les activités de marque blanche ou grise du portail AOL.fr et de certains produits, comme AOL Radio ou AOL Photo. Une activité sur laquelle AOL US a déjà beaucoup avancé, en signant notamment des accords avec Sony, Compaq et des câblo-opérateurs.

Au-delà de votre propre restructuration, qu'est-ce qui va faire évoluer votre environnement concurrentiel dans les six prochains mois ?
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 AOL France
La concentration est inévitable dans les carrefours d'audience, mais aussi les régies. Les entreprises en ont besoin pour soutenir le développement mondial des audiences. Cela dit, j'ai moi-même été surpris par l'alliance entre Yahoo et eBay [lire l'article du 29/05/06], qui ont éprouvé le besoin de s'associer pour mieux préparer le futur. Idem en matière de publicité en ligne. Je trouve anormal qu'une agence média travaille avec 50 ou 100 régies dans l'année sur Internet, alors qu'elle ne possède que trois interlocuteurs en télévision. La concentration est inévitable. Plus largement, le média continue d'être complexe et parfois obscur pour les annonceurs. Il faut améliorer cela. Les projets du SRI vont dans ce sens, de donner plus transparence au média, notamment sur les vrais chiffres du marché. L'axe principal consiste à améliorer la qualité des déclaratifs des régies, en collaboration avec TNS, afin qu'ils reflètent davantage la réalité, qui est celle des investissements nets.
 
 
Raphaële KARAYAN, JDN Sommaire Le Net
 
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