MySpace, la plate-forme sociale aux 106 millions d’utilisateurs, a-t-il trouvé le moyen de monétiser son audience ? Le site de News Corp teste depuis juillet un système qui devrait permettre aux visiteurs de la plate-forme de télécharger les morceaux de leurs groupes favoris. Les artistes non-signés présents sur MySpace et les labels indépendants auront donc la possibilité de commercialiser leurs oeuvres directement au format mp3. La plate-forme a reçu l'aide, pour l'occasion, de Snocap. Basé sur la promotion gratuite d’artistes en ligne, le réseau social MySpace, regroupe tous les styles de musique. Avec une audience majoritairement formée d’adolescents et de jeunes adultes, c’est l'un des sites Web les plus visités au monde.
La société de gestion des droits d’auteur digitaux Snocap, fondée en 2004 par Shawn Fanning, à l’origine de Napster, n’avait pas eu le succès escompté. Avec cet accord, son chiffre d’affaires devrait décoller : il est prévu que les artistes utilisant le service pour vendre leurs morceaux ou albums fixent eux-mêmes le prix de vente, mais ils reverseront une commission sur chaque vente. Les précédents partenariats sur lesquels Snocap était intervenu prévoyaient également un forfait annuel calculé en fonction du nombre de morceaux mis à disposition par l’intermédiaire de son système. Cependant, le montant exact des commissions n’a pas été dévoilé.
Les futures relations entre Snocap et MySpace ne sont pas tout à fait définies : d’après un article du New-York Times, la filiale de News Corp prendrait une participation minoritaire dans la société de Fanning. Avec ce partenariat, MySpace, représenté par l'un de ses co-fondateurs Chris DeWolfe (cité par Reuters), ambitionne de devenir "le plus gros magasin en ligne de musique indépendante existant sur le marché" d'ici la fin de l'année. Plus de trois millions de groupes seraient concernés par l'offre de MySpace
| Le système n'inclura pas de DRM |
Contrairement à iTunes, qui détient 70 % du marché de la vente de musique digitale, le système de MySpace-Snocap n’inclura pas de DRM et proposera des fichiers au format mp3 que les utilisateurs pourront librement copier ou s’échanger. A la différence du système de téléchargement gratuit d’Universal, financé par la publicité (lire l’article du 31/08/2006), les fichiers musicaux seront donc compatibles avec le baladeur multimedia iPod d’Apple. Par ailleurs, les transactions effectuées sur MySpace pour l’acquisition de musique utiliseront vraisemblablement le système Paypal : chacun des utilisateurs devra donc ouvrir un compte dans la filiale d’eBay pour acheter les morceaux qui l’intéresse.
Le groupe américain "The Format" a été le premier à tester le service dans sa version bêta, en vendant ses morceaux, dont les droits lui appartiennent, pour 79 cents chacun. L’occasion aussi pour les nouveaux partenaires de tester leur interopérabilité. Beaucoup d’artistes signés utilisent également MySpace pour leur promotion. Ainsi, d’après Reuters, le réseau social envisagerait de négocier avec des majors pour la distribution de titres musicaux sans DRM : la firme serait en discussion avec EMI, bien que Chris De Wolfe n’ait pas souhaité commenter
Avec cette démarche CtoC originale, MySpace voudrait concurrencer ITunes : alors que plusieurs acteurs significatifs ont essayé de pénétrer le marché de la musique en ligne dominé depuis trois ans par Apple avec des résultats mitigés (Viacom, AOL, WalMart, eMusic), les dirigeants du réseau comptent sur leur audience, et sur la dimension culturelle intrinsèque à MySpace pour s’imposer dans ce secteur bouillonnant.
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