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e-commerce : les MDD, botte secrète des pure players
Les marques de distributeur existent aussi sur Internet mais ne copient pas le modèle offline. Analyse de leurs spécificités et des raisons de leur succès avec les exemples de Grosbill, Rueducommerce et Matelsom.   (06/09/2006)
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 Rueducommerce
 Matelsom
 Grosbill
Un baladeur MP3 Rueducommerce, un PC Grosbill, un sommier Matelsom… Parmi les sites de commerce électronique pure players, ils sont quelques-uns à avoir lancé leur marque d'enseigne. Mais il en existe très peu. De même, on ne trouve pas sur Internet de marchand monomarque, équivalent par exemple à Leader Price ou Picard. Si elles existent, les marques de distributeur (MDD) online ne répondent pas aux mêmes besoins ni aux mêmes stratégies que ceux des grandes et moyennes surfaces alimentaires ou de la distribution spécialisée physique. Cependant, les évolutions de la distribution en ligne pourraient favoriser le développement des MDD sur ce secteur. Le JDN analyse leurs spécificités et les raisons pour lesquelles certains acteurs se sont lancés dans l'aventure des MDD.

En France, en 2005, 76 % des caddies contenaient au moins une MDD et 10 % d'entre eux ne contenaient que des MDD, selon ACNielsen. En 2006, les MDD représenteraient le tiers des produits vendus en France dans les secteurs étudiés par l'association des fabricants de marques de distributeur (PLMA), et les parts de marché en valeur seraient en hausse dans tous les rayons. Les MDD sont aujourd'hui une alternative aux grandes marques, dans une large gamme de produits et de prix.

Sur Internet, les MDD sont présentes sur les sites Web des cybermarchés, mais les MDD de pure players sont rares. A cela, on peut avancer quelques pistes d'explications. Les MDD, en France, sont notamment apparues dans une logique de discount (leurs prix de vente sont inférieurs de 25 à 30 % en moyenne par rapport aux marques nationales car les coûts sont réduits, en termes de marketing et de communication, et car les enseignes réalisent des économies d'échelle sur les achats). D'abord pour proposer une alternative aux grandes marques puis pour lutter contre le hard discount. Mais aussi pour restaurer les marges et contrer les lois interdisant l'extension des surfaces de vente. Or, sur Internet, le commerce électronique s'est initialement développé en proposant des prix déjà discountés (grâce à l'économie réalisée sur les coûts d'exploitation), et la limitation des linéaires n'existe pas.

C'est donc d'autres logiques que poursuivent les MDD online. Pour les marchands high-tech Rueducommerce et Grosbill, tout a commencé par une démarche de "sélection", qui avait pour but d'imposer le label de l'enseigne sur des produits d'import qui n'avaient pas de marque, afin de rassurer les consommateurs. De la simple caution, les deux cybermarchands sont passés à la marque d'enseigne. Pour proposer plus de variété, des premiers prix, et tester de nouveaux marchés sans prendre de risques, en ce qui concerne Rueducommerce. Avec la volonté d'affirmer les valeurs d'expertise de l'enseigne, du côté de Grosbill.

Le rapport qualité prix, plus que le prix
Le facteur prix n'a donc pas été le seul en cause à la création, même si les distributeurs interrogés par le JDN ont tous lancé des produits d'entrée de gamme sous leur marque d'enseigne. Le rapport qualité prix a joué davantage. "La marque Rueducommerce, lancée il y a quatre ans environ, est positionnée à un prix inférieur pour une qualité comparable, ou à un prix égal aux marques pour un produit présentant de meilleures caractéristiques", explique Gauthier Picquart, directeur général de Rueducommerce. Même son de cloche chez Grosbill. Matelsom, vendeur de literie en ligne, a quant à lui lancé sa marque Matelsom pour couvrir le premier quartile du marché (les 25 % de produits les moins chers), sur lequel il n'était pas rentable en raison de son modèle de livraison gratuite, mais a très vite étendu sa MDD aux deuxième et troisième quartiles, revendiquant chaque fois une qualité supérieure à prix comparable et offrant les mêmes services sur les MDD que sur les grandes marques.

Cette insistance sur le rapport qualité prix est particulièrement importante pour les cybermarchands, dont l'offre est systématiquement soumise à la comparaison par le biais des shopbots. Elle prend aussi une résonance particulière en France, où 47 % des consommateurs estiment que la qualité des MDD est équivalente à celle des grandes marques, selon ACNielsen.

Des marges supérieures mais pas extraordinaires
En ce qui concerne les marges, il semblerait que les cybermarchands retirent moins de profit des MDD que leurs homologues offline. "Notre MDD réalise 10 à 15 % du chiffre d'affaires de Rueducommerce, confie Gauthier Picquart, et une contribution un peu supérieure en termes de marge. Mais nous sommes loin de la grande distribution, qui fait deux à trois fois plus de marge sur ses MDD." Jean Monnier, directeur général d'AuchanDirect, qui a racheté Grosbill en 2005, ajoute : "Gagner sur les marges n'est pas notre objectif. Nous souhaitons avant tout gagner des parts de marché et du volume en proposant des produits moins chers et plus performants."

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 Gauthier Picquart
 Emery Jacquillat
 Jean Monnier
Sur le segment de l'informatique, la marque Grosbill représente aujourd'hui 60 à 70 % des références du site, et "une très grande majorité" des ventes en valeur et en volume. Sur ce segment, Grosbill propose sous sa marque une gamme de PC assemblés segmentée par utilisation (configuration basique, multimédia, Internet, gamers), ainsi que des disques durs, des claviers, des souris, des boîtiers externes et des tours. La marque Rueducommerce, qui a démarré avec des cartes mémoire et des petits produits d'intégration, couvre en comparaison des familles plus diversifiées : PC, lecteurs MP3, Hi-Fi, écrans plats, lecteurs DVD… Chez Matelsom, les MDD, qui couvrent toutes les catégories de produits (matelas, sommiers, accessoires de literie, canapés…), représentent entre 80 et 90 % de l'offre sur le premier quartile, un tiers sur le deuxième, et un quart sur le troisième. Elles rapportent entre 7 et 10 millions d'euros de chiffre d'affaires par an, et dépassent la moitié des ventes en volume.

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Raphaële KARAYAN, JDN Sommaire e-Commerce
 
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