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Free va connecter ses abonnés en fibre optique
Adieu l'ADSL. L'opérateur proposera dans quelques mois, une offre d'Internet très haut débit par fibre optique pour moins de 30 euros par mois dans plusieurs grandes villes.   (11/09/2006)

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 Iliad
 Michael Boukobza
Dossier Très haut débit : un marché en ébullition
A partir du premier semestre 2007, Free connectera en fibre optique les foyers de Paris, de quelques villes des Hauts-de-seine – on parle de 6 à 7 communes – et de 3 grandes villes françaises. Objectif : remplacer le fil de cuivre de la ligne du téléphone par un câble de fibre optique, permettant d'offrir un débit supérieur (jusqu'à 1 Gbps, soit 50 fois le débit proposé par l'ADSL) et symétrique, c'est-à-dire aussi rapide en download qu'en upload. La Freebox actuellement distribuée sera remplacée par une Freebox "optique" (nom de code "Freeboxo"), fournissant des services identiques à la Freebox actuelle, avec un meilleur débit soit 50 Mbps, dans un premier temps.

Le lancement de cette offre a été soigneusement préparé par l'opérateur depuis plus de six mois. Le 31 janvier, Xavier Niel, fondateur et principal actionnaire de Free, déposait les statuts de PN SAS. Une société ayant pour objet de devenir fournisseur d'accès à Internet.
Une opération lancée dans le plus grand secret
Le 6 février, PN obtenait une licence d'opérateur auprès de l'Arcep, l'autorité de régulation des télécoms et des postes. Le 20 février, l'objet social était modifié pour inclure "le développement et la construction d'un réseau de fibre optique". Une vingtaine de salariés ont été embauchés et le 10 juillet, la société obtenait du Conseil municipal de Paris, l'autorisation de déployer plusieurs milliers de kilomètres de fibres optiques dans la capitale. Enfin, quelques sites nécessaires à l'installation d'équipements étaient achetés, d'autres contractualisés. Mais jusqu'à aujourd'hui, l'opérateur a conservé le secret. Interrogés par le JDN le 21 août dernier, Xavier Niel et Michaël Boukobza, directeur général, prétendaient ainsi que l'une des vocations de PN pouvait être d'investir à Madagascar.

Lundi matin, Free a précisé son plan de déploiement. Pour Paris, l'opérateur estime qu'il doit disposer de 60 à 70 sites (noeuds de raccordement optique) pour couvrir l'ensemble des foyers. Une quinzaine ont été signés, une vingtaine ont été contractualisés. Le déploiement a même déjà commencé. Les arrondissements les plus denses seront câblés en premier. C'est le 15e arrondissement qui devrait accueillir les premiers abonnés. Ensuite, le déploiement continuera en fonction de la densité de chaque arrondissement. Objectif : couvrir 100 % de Paris sous 2 ans. Dans la plupart des cas (90 %), les fibres passeront par les égoûts ; dans les autres cas, des travaux de génie civil seront nécessaires. En dehors de Paris, Free agira en fonction des autorisations données par les mairies mais aussi selon sa part de marché, calculée en nombre de clients par rapport au nombre de lignes total sur un répartiteur. En dessous de 2 % de parts de marché, l'opérateur se contentera de vendre des accès non dégroupés (IPADSL), à partir de 2 %, il dégroupera les centraux et au-delà de 15 %, il déploiera de la fibre.

Techniquement, la solution choisie par Free est l'Ethernet P2P ou Ethernet direct fiber. C'est-à-dire un réseau point-à-point. Chaque abonné dispose de sa fibre optique à domicile et est relié directement au noeud de raccordement optique. Cette solution permet d'optimiser le débit proposé à l'abonné (puisqu'il dispose de l'intégralité de sa fibre optique) et ne nécessite aucun équipement actif dans les immeubles. Une différence avec la technologie retenue par France Télécom, de type point-à-multipoint PON (Passive optical network), dans laquelle la fibre optique reliant l'immeuble au noeud de raccordement optique est partagée entre tous les utilisateurs. Comparée à l'Ethernet P2P, la technologie point-à-multipoint offre un débit inférieur (partagé) et complique le dégroupage (mise à disposition de la fibre à un autre opérateur) que veut absolument éviter l'opérateur historique. Dans chaque immeuble, Free installera de la fibre à tous les étages (qu'il y ait ou non un abonné) avec un boîtier de raccordement tous les deux étages.

Au domicile des abonnés, la Freebox v5 ADSL (Freebox "A") sera remplacée par une Freebox optique (Freebox "O"). Le boîtier multimédia, lui, ne change pas. Pour les abonnés disposant encore d'anciennes versions de la Freebox (versions 2 à 4), le changement sera gratuit, sans remise à zéro de l'ancienneté. Free ne modifie pas son offre puisque le prix pour l'abonné reste inchangé, à 29,99 euros, et les services proposés seront identiques.
Un débit de 50 mégas, en download comme en upload
Le débit, lui, grimpe à 50 Mbps et devient symétrique, ce qui permet d'envoyer des données aussi vite que l'on en reçoit. A terme, le débit pourrait atteindre 1 Gbps, en fonction des composants choisis pour la Freeboxo. A priori, aucun frais d'installation ne devrait être facturé, mais l'opérateur réserve encore sa décision sur ce point. Une option payante devrait permettre de passer le débit à 100 Mbps, intéressant pour les PME que Free – et c'est une nouveauté – va aussi viser avec sa nouvelle offre.

Du point de vue des usages, l'offre de Free va agir comme un catalyseur. Tout comme le développement de l'ADSL a permis le démarrage réel du commerce électronique et des contenus en ligne, celui de la fibre optique va multiplier les possibilités. Le débit symétrique permettra à chacun de développer et diffuser des contenus audio et vidéo (des mini chaînes de TV) mais aussi l'apparition réelle de l'éducation à distance ou de la surveillance électronique et des soins médicaux à domicile. La fibre ouvre aussi la voie à la réception de plusieurs chaînes de TV HD en parallèle (sans freeze, la technologie optique ne souffrant pas des problèmes de connexion de l'ADSL) et la vidéo à la demande en HD.

Pour Iliad, maison mère de Free, le déploiement de la fibre optique représente un investissement de taille : un milliard d'euros d'ici à 2012. C'est quasiment deux fois plus que les investissements consentis jusqu'à aujourd'hui pour le développement de l'ADSL (650 millions d'euros). Le coût de raccordement de chaque abonné devrait monter à 1.000 euros. Toutefois, il baissera en fonction du nombre d'abonnés. De plus, le coût des technologies optiques doit baisser d'environ 10 % par an, dans les années à venir. Si les engagements financiers sont importants, l'opérateur disposera pour la première fois d'une boucle locale propriétaire. Il ne devra ainsi plus payer de frais câblage à France Télécom ni de frais récurrents. L'ARPU (revenu moyen par abonné) devrait rester stable mais la marge dégagée sera, elle, bien supérieure à celle actuelle.

A court terme, toutefois, l'annonce du déploiement de la fibre optique devrait provoquer une forte baisse du titre Iliad en Bourse. Car Free investira une partie importante de ses bénéfices annuels dans le développement de son offre de fibre optique. De plus, cette annonce met fin à la spéculation d'une acquisition de Free par un autre opérateur (Bouygues Télécom étant le plus souvent cité), puisque Xavier Niel, actionnaire majoritaire de l'entreprise, ne semble pas décidé à vendre ses parts.

Mais à moyen terme, la stratégie de Free sera aussi problématique pour ses concurrents. Et en premier lieu pour Neuf Télécom et France Télécom. Le premier prépare son entrée en Bourse. Il n'avait pas prévu aujourd'hui d'investir dans la fibre.
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 Iliad
 Michael Boukobza
Dossier Très haut débit : un marché en ébullition
Il y sera rapidement acculé, sauf à risquer de perdre ses abonnés dans les zones denses où Free disposera d'une offre de fibre optique. Mais l'investissement n'est pas négligeable, la société ne dégage pas suffisamment de marges pour l'auto-financer. Et les marchés n'apprécieront sans doute pas que Neuf investisse un milliard d'euros alors que l'entreprise est rentable depuis cette année seulement. Sans compter que Neuf doit encore débourser quelque 350 millions d'euros pour s'offrir les abonnés de AOL. France Télécom se trouve dans une situation comparable. L'opérateur prévoyait un déploiement progressif, Didier Lombard, son PDG, annonçait ainsi "quelques dizaines de millions d'euros d'investissement en 2007". Sauf à perdre du terrain, l'opérateur historique devra aussi aller plus vite. Et, alors qu'il comptait commercialiser ses offres très haut débit à près de 80 euros, il doit aujourd'hui revoir entièrement sa politique commerciale. Complexe alors qu'il perd de plus en plus de clients sur son réseau fixe et que ses actionnaires attendent non pas des investissements mais des dividendes.
 
 
Alain Steinmann, JDN Sommaire Télécom-Fai
 
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