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| Google, nouveau canal de distribution du cinéma ? |
| Depuis le mois de juillet, le service de partage vidéo de Google France assure la distribution exclusive d'un long métrage franco-américain. Explication et conséquences.
(30/11/2006) |
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Opération de buzz ou stratégie commerciale cohérente ? Les avis des spectateurs - journalistes et professionnels du marché du film français - qui avaient été conviés, mercredi 29 novembre, à la projection en avant première du film Autumn réalisé par Ra'up McGee et diffusé exclusivement sur Google en France et aux Etats-Unis, étaient pour le moins partagés.
Il est vrai que l'initiative a de quoi surprendre, même si aujourd'hui, de plus en plus de professionnels de l'audiovisuel et de l'industrie du cinéma ont conscience du développement rapide des contenus vidéo sur Internet. Car Ra'up McGee, l'auteur, le réalisateur et le producteur d'Autumn, ne s'est pas contenté de déposer sur Google une bande annonce renvoyant vers un site promotionnel. Non, il a purement et simplement décidé de mettre en ligne, sur le service de partage vidéo du moteur de recherche, aux Etats-Unis d'abord (depuis janvier 2006) puis en France (juillet 2006), son long métrage d'une heure et cinquante minutes ; et de le distribuer uniquement via ce canal.
De fait, à l'exception des avant-premières, qui de part et d'autre de l'Atlantique ont eu lieu dans des cinémas, Autumn, polar qui se passe à Paris et qui met en scène, dans la langue de Molière, des acteurs français tels que Laurent Lucas, Irène Jacob, Michel Aumont, Benjamin Rolland ou encore Jean-Claude Dreyfus, n'est disponible que sur le Net. Avec des différences toutefois entre le Vieux et le Nouveau continent.
Aux Etats-Unis, le film est accessible en streaming et en téléchargement payant sur la plate-forme de VOD de Google. Dans le premier cas, il est vendu 3,99 dollars, tandis que dans le second, il est commercialisé 9,99 dollars. En France, en revanche, la plate-forme de VOD de Google n'étant pas disponible, le film est accessible gratuitement, mais uniquement en streaming. Cette offre est complétée par un DVD (également disponible outre-Atlantique), qui peut-être acheté en ligne sur le site dédié au film, Autumnmovie.com. Autant d'options qui en France sont gratuites pour le producteur, y compris pour la vente de DVD, Google ne percevant aucune commission sur les transactions effectuées. De même, celui-ci n'est intervenu à aucun moment dans la réalisation du film.
Ce modèle économique étonne, que ce soit côté producteur ou côté Google. "Sur ce point, tout reste encore à construire en France, admet Stefan Lechere, directeur des partenariats stratégiques de Google France. Nous ne sommes qu'au tout début de cette aventure. En France comme aux Etats-Unis, nous travaillons sur des solutions de monétisation de ces contenus. Mais contrairement à la solution choisie outre-Atlantique, nous travaillons sur un modèle gratuit financé par la publicité."
| "L'avenir du cinéma est en ligne" |
De son côté,
Ra'up McGee justifie son initiative par des arguments logiques. "L'idée de diffuser mon film sur Google Vidéo m'est venue en raison des difficultés que je rencontrais pour diffuser mon film dans un nombre suffisant de salles en France et aux Etats-Unis. Aussi, plutôt que de le conserver sur une étagère, j'ai décidé de le rendre accessible en téléchargement sur Internet. Par ailleurs, je pense vraiment que le futur est en ligne. Alors pourquoi hésiter ? D'autant qu'avec Google, vous ne perdez pas le contrôle de votre oeuvre suite à des choix artistiques imposés par une compagnie."
Et ce n'est pas l'épineuse question de la chronologie des médias qui pourrait inciter Ra'up McGee à faire machine arrière. Car son film n'étant pas distribué dans les salles, cette règle qui stipule l'ordre des canaux par lesquels une oeuvre cinématographique doit être distribuée, peut difficilement s'appliquer. Le seul argument de taille qui pourrait sans doute faire revenir le producteur sur son choix est le développement de la notoriété du film, encourageant alors un réseau de salles à le distribuer.
Pour l'instant, les résultats sont encourageants sans être spectaculaires : depuis le début de l'année, le film a été téléchargé 500.000 fois, 90 % du temps par des Français. Donc gratuitement, puisque seuls 11.000 téléchargements payants ont été effectués selon Google. Ce qui reste encore trop peu pour rentabiliser l'initiative. Mais à terme, le buzz pourrait payer, à moins que Google France ne trouve rapidement un vrai modèle économique. Quoi qu'il en soit, la machine est lancée et l'initiative devrait faire des émules parmi les tenants du cinéma indépendant !
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