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Après Rue du Commerce qui a investi le secteur des
petites annonces en décembre dernier (lire l'article
du 18/12/06), c'est au tour de Pages Jaunes de sauter
le pas, avec un tout nouveau site en beta Annoncesjaunes.fr,
édité par une filiale spécialement créée
à cette fin. Isabelle Moins, directrice générale
de Pages Jaunes petites annonces revient sur les raisons de
ce lancement, son modèle économique et le positionnement
du site.
JDN. Pourquoi Pages Jaunes lance-t-il
aujourd'hui un service de petites annonces ? Ce lancement
a-t-il un rapport avec la vente du groupe au fonds d'investissement
KKR ? Et pourquoi avoir créé une filiale spécifique
?
Isabelle
Moins. En fait, la réflexion sur ce projet de petites
annonces est bien antérieure à la reprise de
Pages Jaunes par KKR, puisqu'elle date de la fin de l'année
2005. Il n'y a donc pas de relation de cause à effet
entre ces deux événements. Ce projet s'inscrit
plutôt dans une logique de croissance sur de nouveaux
types d'activités. Tout comme nous avons lancé
de nouveaux services Internet autour du 118.008, nous entrons
aujourd'hui sur le secteur des petites annonces en ligne.
Internet est désormais très mature et les petites
annonces ont de plus en plus tendance à migrer sur
le Net. C'était pour nous une réelle opportunité.
D'autant que nous pensons avoir quelques atouts. Pages Jaunes
est une marque reconnue auprès des professionnels,
ce qui facilite la mise en place de passerelles entre les
deux sites. Nous pensons, à cet égard, pouvoir
profiter de l'audience de Pages Jaunes. Quant à la
création d'une filiale distincte en juillet 2006, ce
choix a été fait pour des raisons de réactivité.
Il
existe des acteurs historiques bien installés sur ce
marché et de nombreux projets voient le jour ces derniers
temps. Ne craigniez-vous pas une forte concurrence ?
Effectivement, de nombreux projets ont été
lancés ces derniers temps. Mais ils concernent pour
la plupart des annonces de particuliers à particuliers,
et reposent sur un modèle gratuit. Ce qui n'est pas
notre cas. Annoncesjaunes.fr s'appuiera dès la fin
du mois de janvier sur un modèle payant, qui prendra
la forme d'un abonnement pour la soumission d'annonces. Quant
à nos fournisseurs, ce sont essentiellement des professionnels
et non pas des particuliers. Nous ouvrirons toutefois, dès
la fin janvier, notre rubrique automobile aux annonces de
particuliers, ce qui ne sera pas le cas de la partie consacrée
à l'immobilier, car ce marché ne mêle
jamais ces deux genres.
Pourquoi l'immobilier et l'automobile
? Pensez-vous, à termes, ouvrir d'autres rubriques ?
Et quels résultats attendez-vous ?
Effectivement, nous pensons ouvrir à termes d'autres
rubriques. Nous ne voulons pas être un portail sectoriel,
mais être un généraliste de la petite annonce.
Quant au choix des secteurs pour le lancement de cette beta,
il se justifie par deux facteurs. Tout d'abord, ces deux secteurs
connaissent une forte croissance sur Internet. Les audiences
des sites automobiles ont augmenté de 40 % en un an,
et ceux de l'immobilier de 19 %. Ensuite, ce sont des domaines
que, grâce à Pages Jaunes, nous connaissons bien.
Sur 18.000 agences immobilières qui existent en France,
11.000 sont inscrites sur Pages Jaunes. Ce qui ne veut pas dire,
bien sûr, que toutes vont souscrire à Annoncesjaunes.fr.
Mais elles nous connaissent et nous pouvons leur proposer des
services dédiés. Comme par exemple, faire des
liens sur la fiche d'une agence sur Pages Jaunes vers ses annonces.
Côté objectifs, je ne peux pas vous les donner.
En revanche, je peux vous dire que nous avons actuellement 15
partenaires dans le domaine de l'immobilier, parmi lesquels
Century 21, Nexity, ou encore Blot, ce qui correspond à
environ 3.000 agences. Dans le domaine de l'automobile, nous
avons une quarantaine de partenaires, soit 1.500 concessions.
Nous espérons d'ailleurs atteindre les 2.000 dès
la fin du mois de janvier. Enfin, nous voulons que notre site
propose une expérience de navigation très différente
de celle de nos concurrents. C'est d'ailleurs l'objectif de
cette beta sur laquelle nous allons largement communiquer :
faire en sorte de pouvoir recueillir le maximum d'avis des internautes
et modifier le site si nécessaire. |