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Vendredi 1er octobre 1999
La Tribune, contraint de se pencher sur le cas des correcteurs
en ligne
Les
éditeurs de journaux voulant développer des
sites internet étaient jusqu'ici surout préoccupés
par les journalistes et leurs droits d'auteur. Un nouveau
front vient de s'ouvrir avec fracas: celui de la présence
d'ouvriers adhérents du syndicat du Livre dans les
rédactions multimédia.
Le conflit n'a rien de virtuel: l'édition papier du
quotidien économique La
Tribune (groupe Arnault) datée du 30 septembre
99 n'est pas parue, suite à un mouvement de grève
déclenché par le Syndicat du Livre CGT. Formellement,
le litige vient du refus de facto de la direction de débattre
avec les ouvriers du Livre (photocompositeurs, photograveurs
et correcteurs) de l'édition internet du quotidien
économique. "Une réponse appropriée
à un rapport de force", estime un délégué
syndical. De son côté, la direction a parallèlement
décidé de ne pas diffuser d'édition en
ligne afin "d'apaiser les esprits" indique François
Robin, en charge de superviser les activités Internet
de La Tribune. Hier midi, une réunion entre représentants
du Syndicat du Livre et de la direction a permis de "reprendre
le dialogue" et de fixer un planning de rencontres pour
débattre de ces problèmes.
Par ce coup d'éclat, le Syndicat du Livre qui jouit
d'un monopole d'embauche de fait dans la plupart des quotidiens
nationaux, rappelle qu'il n'entend pas rater le train de l'Internet:
il voit dans le Net un gisement d'emploi et de reconversion
possible pour ses syndiqués dont les effectifs sont
décimés par la modernisation et le passage à
la PAO. Il a d'ailleurs
élaboré un important programme de reconversion
dans le domaine du multimédia, pour les correcteurs
appelés à traiter la copie mise en ligne, mais
aussi pour les photocompositeurs pour de spostes de webmasters.
Une perspective qui ne réjouit guère les éditeurs
inquiets de voir les salaires relativement élevés,
les avantages acquis et la culture corporatiste du Livre faire
irruption dans leurs équipes internet.
Le Syndicat du Livre montre
en exemple le cas du Monde, qui a intégré un
correcteur dans sa rédaction multimédia. Toutefois,
sans un véritable accord cadre précis -un accord
régional entre les éditeurs et le Livre stipule
seulement que le Syndicat doit être impliqué
dans le développement du multimédia dans les
organes de presse- l''intégration des équipes
du Livre dans les équipes multimédias des rédactions
parisennes risque de devenir un point d'achoppement récurrent.
A suivre.
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