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Samedi 24-Lundi 26 juillet 1999
Le Routard,
on the Web again
Tout le monde connaît les Guides du routard, incontournables
compagnons du voyage, édités depuis plus de 20 ans par Hachette.
Le petit bonhomme au sac à dos et aux cheveux raccourcis a
aussi son site, le Web
du Routard, ouvert en novembre 1996. Hébergé par Club-Internet
(Hachette également) dont c'est actuellement le plus gros
site, le Web du Routard a été conçu et réalisé par Moderne
Multimédias (signataire entre autre de virgin.fr et d'edf.fr)
et Philippe Gloaguen, , fondateur et propriétaire de la marque
du routard, pour un budget de 600.000 francs environ.
Le site en lui-même est énorme: plus de 4.500 fichiers html,
800 Mb, 50 forums, 40 destinations, une mailing list de 5.000
abonnés, des extraits sonores et photos, une boutique avec
paiement en ligne, etc. Le Routard revendique 500.000 à 700.000
pages vues par mois.
Il a également développé des partenariats (Club-Internet,
Go Voyakes, Look ...) et les bandeaux qui jalonnent le site
ont rapporté 300.000 francs pour les trois premiers mois de
1999 (régie: Interdéco). 2,5 personnes à
plein temps assurent l'entretien du site, nourri par de multiples
contributions externes.
Cette richesse a ses qualités et ses inconvénients. L'internaute
-le "routarnaute" pour reprendre la terminologie
maison- a toutes les chances d'être perdu dans cette jungle
lors de sa première visite. Navigation complexe, pas d'unité
graphique, frames dans tous les sens, open-windows intempestives,
boutons différents d'une page à l'autre ne facilitent pas
la démarche. Une information aussi simple que le catalogue
des guides reste quasiment impossible à trouver du premier
coup. Mais après un détour par la page aide, la navigation
devient ludique, instructive et passionnante.
En fait, le Routard a classé les voyageurs en quatre familles
("aventurier", "papa-maman", "système
D" et "branché urbain") auxquelles l'internaute
peut se référer après un test d'un humour décapant. A chacune
des familles correspond une "paire de chaussures" et une écriture
différentes, matérialisées par une boussole que l'on retrouve,
elle, tout au long du site. A chaque état d'esprit correspond
donc un design, un ton, des textes et des conseils personnalisés.
Une fois le principe intégré, le site devient une mine d'informations
(de "où obtenir un visa?" à "Comment enfiler un préservatif"),
où l'interactivité joue pleinement son rôle avec les contributions
-écrites, sonores ou en images- des routarnautes. Une destination
comme la Grèce continentale représente ici l'équivalent de
80 à 110 pages imprimées, alors qu'elle n'en représente qu'une
ou deux chez Lonely
Planet, que l'on compare souvent au Routard.
Le Web du routard, qui en est à sa quatrième version, devrait
évoluer, et trouver sa vraie place entre artisanat et high-tech.
Les destinations seront étoffées et mises à jour et la boutique
viendra s'enrichir de produits dérivés et des guides eux-mêmes.
Surtout, le site devrait gagner en cohérence, en privilégiant
l'angle d'une communauté de routards, dont l'esprit, l'humour
et l'utilité ont fait la réputation. Rémi
Carlioz, JDNet.
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