"Depuis un an, nous assistons à une explosion du prix des matières premières, constate Géraldine Dumont, gérante du fonds AGF Matières premières. Avec notamment une hausse de plus de 35 % sur un an glissant, et un top à plus de 80 % enregistré début juillet, une bulle spéculative s'est indéniablement formée, en particulier sur le pétrole". L'or noir n'a cessé de battre des records en 2008. Ainsi, le prix du baril a atteint le niveau historique des 147 dollars le 11 juillet dernier.
Dégonflement de la bulle sur les matières premières
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| | Sylvain Sérandour, gérant du fonds Federal Multi Or et matières premières © Federal Finance | |
Tout ce mouvement haussier s'est brutalement arrêté. Depuis la mi-juillet, les prix sont en net recul. "Le tassement des prix a été de 10 à 20 % au mois de juillet, observe Anthony Dupiellet, analyste financier à Federal Finance. Il faut y voir là, une crainte de la part des investisseurs d'un ralentissement économique mondial qui s'étendrait aux pays émergents". Dès lors, les cours des matières vont-ils poursuivre leur chute ? Pas vraiment si l'on en croit les analyses des gérants de fonds. "Nous nous trouvons, quoi qu'il arrive, dans un marché déséquilibré où la demande mondiale, tirée par les besoins des pays émergents, est très forte et où en face, l'offre est limitée ", explique Sylvain Sérandour, gérant du fonds Federal Multi Or et matières premières.
A cela s'ajoute les tensions géopolitiques dans des pays producteurs de pétrole : le Nigéria, le Vénézuela, et récemment le conflit entre la Géorgie et la Russie. "Ces tensions internationales provoquent mécaniquement une hausse des prix, et nous semblent pérennes, poursuit Sylvain Sérandour. La tendance de fonds est toujours positive pour les matières premières."
Seule l'ampleur du ralentissement économique peut venir atténuer cette analyse. Face à une forte réduction de la consommation, la demande en matières premières sera moins importante et les tensions sur les prix se réduiront. Ce qui se passe sur le pétrole est particulièrement éclairant.
Investir à un horizon à 5 ans
Ce constat incite à investir sur les matières premières avec prudence, mais sur un horizon de long terme, au minimum de 5 ans. Sur cette période, il n'y a a priori pas de raison d'être inquiets sur le maintien d'une demande forte, malgré quelques tassements pendant quelques mois. La Chine, par exemple, l'un des poids lourds mondiaux en termes de population, se trouve face à la nécessité de construire de nombreuses infrastructures (routes, chemins de fer...) gourmandes en matières premières. Et quand on sait qu'elle dispose d'une économie planifiée sur cinq ans, les perspectives de croissance sur le marché des matières premières ne sont pas prêtes de s'écrouler comme un jeu de cartes.