CHAT 
 
Hugues Serraf
Responsable éditorial
L'Argus Automobile
Hugues Serraf
"La V2 de notre site pro implique d'importants investissements"
Concurrence avec eBay, préparation d'une V2 du site pro, de mini-sites événementiels... Le responsable éditorial de l'Argus Auto a partagé sa vision d'un marché automobile en ligne en pleine évolution lors d'un chat.
(04/01/2007)
 

JDN. Bonjour à tous, bienvenue sur ce premier chat de l'année. Nous accueillons Hugues Serraf, responsable éditorial du site de l'Argus Automobile.
Hugues Serraf.
Bonjour à tous. Je suis très heureux de participer à ce chat. J'attends vos questions.

Comment la cote de l'Argus est-elle calculée ? Comment cela se fait-il que vous êtes toujours la référence ?
Comment la cote est calculée ? Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. Disons qu'elle est mise au point par des spécialistes de l'automobile en fonction de son rythme de dépréciation sur la base de paramètres complexes.
Il est important de développer tous nos canaux avec la même énergie."
Ce n'est pas de la langue de bois, c'est effectivement un outil complexe, devenu la référence par l'utilisation qui en est faite par les constructeurs, les réseaux de distribution, les assureurs, les experts, bref, tous les professionnels ayant besoin d'une base de calcul universelle, fiable et reconnue.

Les annonces sur Internet, avec des milliers de voitures disponibles et comparables, n'est-ce pas la fin de la cote d'une voiture, basée sur le fait que les gens ne pouvaient pas avoir accès aux prix ?
Le marché des annonces est très concurrentiel. Mais nous ne sommes pas gênés par cette situation, qui est même le principal stimulant du développement de cette activité chez nous. C'est justement la redistribution des cartes dans ce secteur, et le travail accompli sur le Net qui nous a permis de devenir l'un des leaders sur ce terrain.

Que deviennent les sites comme Caradisiac depuis l'éclatement de la bulle ? Ils marchent bien ?
Je ne vais vous parler des concurrents, évidemment. Mais je pense que chacun sait bien, désormais, que les entreprises disposant d'une marque forte dans le monde réel, à quelques exceptions près, ont été les vraies gagnantes de la révolution numérique. L'Argus est puissant sur le papier, il était puissant sur le minitel (il l'est d'ailleurs toujours) et il entend avoir la même puissance sur le Web.

Quel est votre plus gros concurrent direct à l'heure actuelle ? Vous avez de plus en plus de concurrents : les blogs des passionnés d'automobile, les sites de petites annonces gratuites, eBay Auto… Comment allez-vous tenir ?
Tout dépend de ce que l'on considère. Sur la cote, nous n'avons pas de concurrents puisque les cotes qui sont disponibles ailleurs n'ont pas de réalité dans les concessions ou dans les transactions entre particuliers. Sur les annonces, les acteurs sont nombreux, qu'il s'agisse des gratuits type Bonjour, de la Centrale, de Caradisac, voire de la presse régionale. Mais plus les acteurs sont nombreux, plus le public souhaite être rassuré, d'où la progression des dépôts d'annonces sur argusauto.com et le développement de nos pages PA dans l'hebdo.

Pour eBay, c'est un nouveau challenge, pour nous comme pour tous les secteurs liés à une filière de distribution. Je dirais tout de même la chose suivante : dans l'automobile, la révolution devait venir d'un site américain qui s'appelait Autobytel. Ces gens là allaient bouffer le monde et ne laisser qu'un champ de ruine dans la distribution auto. Il me semble que les choses ne se sont pas passées ainsi et qu'un peu d'expérience et d'antériorité ne font de mal à personne (80 ans !).

Pourquoi venir chez vous puisque Kijiji et CraigList sont gratuits ?
Vous pouvez également mettre une annonce chez la boulangère, là sur la caisse, à côté de l'offre de baby-sitting. Mais peut-être est-il préférable de vous rendre sur un site capable de vous proposer les fiches techniques de tous les véhicules du marché, les essais, la cote, le calcul du prix des réparations, etc. Chez la boulangère, à côté des annonces, il n'y a que des baguettes.

L'argus n'est il pas finalement un régulateur du marché de l'occasion évitant ainsi la fixation de prix aléatoires ?
eBay, c'est un nouveau challenge, pour nous, comme pour tous les secteurs."
Absolument ! Dans un marché qui fonctionne, comme dirait Adam Smith, il faut de l'information fiable entre acheteurs et vendeurs. Personne ne vous oblige à vendre au niveau de la cote. Mais sans la cote, où allez-vous commencer la négociation ?

Combien de cotes vendez-vous chaque mois ?
45.000 pour les particuliers sur le Web. Mais en fait, il faut ajouter les centaines de milliers de cotes calculées "en rafale" par les professionnels qui s'abonnent à nos services forfaitaires.

Quelle est la rentabilité du site Web ? (on sait que celle de l'Argus est très élevée)
Il s'agit là d'un terrain sur lequel je ne vais pas m'aventurer. Disons que L'Argus n'a pas l'habitude de se tromper dans ses objectifs.

Combien coûte une annonce papier + Web ?
Il existe plusieurs tarifs (couplage avec le papier, durée différentes, etc.). Mais le tarif de base est de 15 euros.

Que valent les sites comme Elite Autos qui proposent sur Internet des véhicules neufs avec des remises très intéressantes ? Peut-on leur faire confiance ?
Vous voulez vraiment que je vous parle des concurrents alors ? Mais je ne peux pas me prononcer sur ce genre de chose.

Que pensez-vous des sites Internet des constructeurs français ?
Ils sont mieux qu'avant. Ils permettent certainement de s'informer des gammes, mais il s'agit de sites institutionnels à consulter en parallèle des sites d'infos indépendants comme l'argus.

Est-ce que vous communiquez sur le Net (bannières, liens sponsorisés…) ? Quel est le budget annuel ? Votre stratégie sur les liens sponsorisés ?
Nous avons effectivement ce genre de chose, notamment dans le cadre de partenariats avec un certain nombre de portails généralistes, mais il ne s'agit vraiment de sujets dont je m'occupe directement.

Le blog auto du Social Media Group surperforme : plutôt que de le concurrencer ne devriez-vous pas leur proposer un partenariat ?
Mais pourquoi aller chercher ailleurs ce que nous avons à la maison ? Nos journalistes font partie des meilleurs professionnels de la place. Ils essaient tous les véhicules, parcourent le monde de salon en salon et produisent des kilomètres de copie pertinente et exhaustive. A partir du moment où ce contenu, déjà partiellement disponible sur le site, devient totalement bi-média, je ne crois pas que nous ayons besoin de renfort.

Acheter une voiture sur Internet, c'est passé dans les mœurs à votre avis ?
Une voiture d'occasion, oui. Bien qu'il soit difficile de ne pas faire se rencontrer vendeurs et acheteurs à un moment ! Mais sur le neuf, les gens cherchent surtout de l'info avant d'aller en concession. Mais toutes les options sont envisageables.

Autorisez-vous les vendeurs d'occasion à vendre sur votre plate-forme ? Ont-ils des outils spécifiques (back-office) ?
La marque, la qualité des services, la connaissance intime du secteur, sont autant de barrière à l'entrée"
Bien sûr ! Nous sommes des partenaires privilégiés des professionnels puisqu'ils peuvent, en plus de l'accès à la cote en rafale dont je parlais plus haut, télécharger directement leurs annonces depuis un PC. Ils se voient offrir toute une gamme de services packagés pour ce faire, via le site pro qui leur est dédié.

Les annonces de professionnels sur ArgusAuto n'ont pas souvent de photos, et il y a peu d'équipements pour choisir sa voiture, comment expliquez-vous cela ?
Je ne crois pas que ce soit le cas, bien au contraire. Et il suffit d'aller voir sur le site pour découvrir que la majorité des annonces ont des photos. Mais peut-être faite vous référence à la bourse VO des marchands publiée dans L'Argus et qui ne comporte en effet que peu d'infos du point de vue d'un particulier, mais qui permet aux professionnels de se vendre des autos les uns les autres.

Pensez-vous que dans votre secteur, comme dans l'immobilier par exemple, les sites Internet vont rafler la mise ?
Non, je vous l'ai dit, je pense que les produits de qualité, qui répondent aux besoins des gens de manière pertinente sont ceux qui vont gagner. Dans votre vie quotidienne, dans votre activité vous utilisez alternativement le papier et le web : c'est normal.

Quelles sont les barrières à l'entrée sur le marché de l'occasion auto en ligne ?
La marque, la réputation, la qualité des produits et services, la connaissance intime du secteur... Tout ce dont L'Argus dispose, quoi !

Quid du rallye de Monte Carlo ? Un reportage est il prévu ?
L'Argus est un journal totalement orienté sur la transaction et l'aide à la décision. C'est aussi un journal d'informations automobiles, mais il n'a plus, comme par le passé, de pages sportives. Ceci dit, nous espérons voir revenir ce type de contenus via les blogs de nos lecteurs, souvent passionnés de sports mécaniques.

Quels sont vos chiffres d'audience ?
Je peux donner quelques infos sur l'audience, assez remarquable pour un site de cette nature. Nous enregistrons entre 12 et 15 millions de pages vues par mois, pour 800 000 visiteurs uniques (Nielsen). Jusqu'à présent, nous étions très orientés services. Qu'il s'agisse de la fameuse cote argus, de nos 70.000 petites annonces de véhicules d'occasion, etc. Mais nous voulons désormais, à côté de ces services, développer une audience fondée sur le contenu grâce à la transformation de notre rédaction papier (15 journalistes) en rédaction bimédia.

Quels sont vos projets pour 2007 (développements, nouveaux services…) ?
La V2 de notre site pro implique d'importants investissements."
D'abord, nous venons d'ouvrir une plate-forme de blogs avec nos amis de BlogSpirit. Nous lançons également la publication d'essais automobiles en vidéo et une série de mini-sites thématiques pour les grands événements de l'univers auto. A côté de notre site grand public argusauto.com, nous avons site pro (argusautoPRO.com) dont la V2 est en préparation et implique d'importants investissements.

Bonjour, quand vous parlez du développement de la vidéo, de quoi s'agit il au juste ? Qu'est ce que cela va apporter ?
Il s'agit de préparer des clips de trois à quatre minutes présentant les voitures en situation sur un commentaire de nos journalistes essayeurs. C'est un peu Télé Argus ! D'une manière général, argusauto.com veut s'installer comme le vrai portail du service à la transaction auto, tout ce qui peut intéresser le consommateur en phase d'achat ou de vente d'une auto neuve ou d'occasion.

Le blog du Mondial a-t-il fait l'audience que vous espériez ? Combien de vidéos ont été vues ?
Le blog du Mondial, premier du genre, nous a permis de suivre le premier salon automobile du monde en temps réel et a été un grand succès avec 900.000 visiteurs uniques sur les deux semaines et demi de la manifestation. Nous ne nous attendions d'ailleurs pas à ce succès et nous allons tenter ce genre de choses de plus en plus souvent, en parallèle de nos blogs de journalistes, nos blogs de VIP et, évidemment de passionnés. Il nous semble que c'est d'ailleurs la vidéo, mise en ligne grâce à Rodrigo de VPOD TV, qui a été la locomotive de la fréquentation.

Le site Web est-il bien perçu par l'équipe du magazine papier (gratuité des articles ?)
Oui et non... Il est normal que les journalistes du papier soient vigilants, sinon inquiets de ces changements dans la nature du métier. Je suis journaliste depuis presque 20 ans, donc j'ai une petite idée de leur sentiment. Pour autant, les journalistes de L'Argus sont conscients des enjeux posés par le Web et sont convaincus de l'intérêt, pour eux comme pour les lecteurs, de multiplier les canaux de diffusion de ce qu'ils produisent.

Est-ce la fin du papier selon vous ?
La fin du papier a été programmée pour une date, quelque part en 2042 par un consultant américain en mal de publicité. Personne ne sait ce qui va se passer à moyen terme. Mais ce que l'on sait aujourd'hui, c'est qu'il importe de développer tous nos canaux avec la même énergie. L'Argus papier va fêter ses 80 ans et est en excellente santé et le restera compte tenu des projets de ses équipes. Le web, de son côté, s'installe pour les 80 années qui viennent. En attendant la prochaine révolution, évidemment !

Côté éditorial, n'accusez-vous pas un retard certain face à Caradisiac par exemple (qui est le chouchou des moteurs de recherche) ?
Alors là, pas du tout ! Le site dont vous parlez, et dont j'ai moi-même entendu parler ici ou là, est essentiellement un site d'annonces. L'Argus diffuse la cote de référence du marché des véhicules d'occasion. Il s'agit d'un outil incontournable, auquel nous avons adossé les services indispensables à la transaction. Chose qui n'est pas duplicable aisément. En mettant notre rédaction au service de nos internautes, nous complétons cette offre d'une manière très forte et je ne pense pas que d'autres acteurs sur le marché puissent en faire autant.

Hugues Serraf. Je vous remercie d'avoir passé ces quelques minutes de chat avec moi et je vous donne rendez-vous sur argusauto.com. A bientôt !

 
 
Propos recueillis par Rédaction JDN & JDN Solutions

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