Retour d'expérience sur l'édition 2012 de la conférence Devoxx

Voici mon retour sur Devoxx 2012, une des conférences à ne pas rater pour tous les passionnés de Java et son écosystème, à laquelle j’ai eu la chance d’assister pour la première fois.

Devoxx en quelques mots. Créée par Stephan Janssen en 2002, fondateur du BeJUG et de Parley’s, la conférence Devoxx (anciennement JavaPolis) s’est déroulée cette année à Anvers du 12 au 16 novembre dans un complexe de 7 salles de cinéma.

L’édition 2012 a rassemblé près de 3200 participants venus d’une quarantaine de pays.
Les deux premiers jours, dits d’université, sont consacrés à des ateliers et conférences techniques de trois heures, et les trois jours suivants à des conférences d’une heure. A ces sessions, s’ajoutent des BoF (réunions informelles organisées par différentes communautés), des Quickies le temps de midi (sessions de 15 minutes), un
Hackergarten, des sessions de Code Story ou encore des podcasts, avec entre autres les Cast Codeurs.

Avec près de 600 sujets proposés lors du Call For Paper, la qualité est au rendez-vous et les sujets sont variés. Cette année, pour n’en citer que quelques uns, Ceylon, Dart, Java 8, Groovy, Closure, JAX-RS, JavaFX, Scala, Arquillian, JSON, Android et Raspberry sont à l’honneur.

Premier Jour

Rendez-vous à 6h15 gare du Nord : départ prévu à 6h25 / départ réel 7h30, pour cause de grève. Après quelques doutes et frayeurs, me voici à Anvers !
Passage express à l’hôtel pour déposer les sacs, puis départ en tramway pour le cinéma Kinépolis qui héberge la conférence.

Récupération de mon bracelet bleu avec sa puce RFID, qui permet de dire
j’ai aimé ou j’ai pas aimé une conférence et accessoirement d’avoir son repas le midi, puis entrée dans l’ambiance Devoxx. C’est parti pour trois jours de conférences, rencontres, goodies,... frites et bières !
Première conférence de la journée animée par Ben Hale sur Designing REST-Full APIs with Spring 3. S’adressant à un public novice, cette présentation reprend les concepts de base de l’architecture REST puis ceux du protocole HTTP, et rappelle les utilisations des méthodes GET, PUT, POST, DELETE. Vient ensuite un cas pratique avec la présentation du jeu des trois portes. Ben Hale nous montre l’implémentation des appels REST côté serveur, puis la gestion des erreurs avec les statuts des requêtes. La démonstration se termine par la présentation de Spring HATEOAS (Hypermedia as the Engine of Application State), alternative à Jersey pour gérer les liens.

Cette session est une très bonne occasion d’apprendre les bases des appels REST avec des exemples très simples et clairs.

Ensuite, direction l’atelier Developing JAX-RS Web Applications utilizing server-sent events and websockets pour 3 heures. Une fois les présentations faites sur les interfaces d’implémention JAX-RS 1.0/1.1/2.0, nous attaquons les exercices, encadrés par les 3 intervenants. Le but de cet atelier est de créer une application web qui permet à des utilisateurs de collaborer sur des dessins basiques. Après avoir implémenté la partie serveur de l’application en utilisant JAX-RS 2.0, nous rajoutons la partie Server Side Events et les websocket, puis la partie Client. Cet atelier m'a permis de mettre en pratique les concepts évoqués lors de la conférence de Ben Hale.

Pour finir, Jushua Suereth dans Effective Scala, passe en revue les bonnes pratiques du langage Scala : ‘Use expressions, not statements!’, ‘Stay Immutable!’, ‘Use Option’, ‘Use type traits’,’Limit the scope of implicit’, ‘Avoid implicit views, ... don’t learn it’ ... Il nous rappelle aussi que, même si le ‘one-liner’ et l’inférence de type c’est bien pour un gain de ligne, il ne faut pas en abuser au détriment de la lisibilité du code.

Vidéo à voir pour se mettre ou remettre en tête les points importants du langage Scala !
Ainsi s’achève cette première journée de conférences. La soirée se poursuit dans un bar avec d’autres participants francophones autour de bières et burgers, l’occasion d’échanger sur nos premières impressions de cette journée.

Deuxième Jour

Après un ravitaillement de viennoiseries belges au buffet, je me dirige à la présentation de JBoss. On s’attendait entre autres à l’annonce du nouveau nom du serveur JBoss, mais ce dernier sera finalement soumis aux votes des internautes. Vient ensuite la Keynote Google animée par Tim Bray et son chapeau de cow-boy. Plusieurs intervenants se succèdent pour présenter des nouveautés autour d’Android et la gamme des devices Nexus.Petit tour vers le stand Code Story, où durant 2 jours, deux binômes codent en direct une application web from scratch, Code-Story Fight. Cette dernière met en jeu des combats de popularité entre des conférences de Devoxx, avec des données récupérées en amont grâce à l’application Devoxx Planning.

Outre les choix techniques, de design ou d’implémentation, ce concept montre le mode de travail de ces 4 développeurs face à l’élaboration d’une application partant de zéro, et c’est très instructif. Le code final de l’application développée est disponible sur GitHub.

En espérant revoir l’équipe Code Story à Devoxx France en 2013 !

Le temps de midi, j’en profite pour aller voir le Quickie Will you map/reduce my cloud?, suite de sketches entre un boss et son architecte sur le choix des technologies pour une application. Rires garantis !L’après-midi se continue avec la présentation de Jonas Boner sur Akka, un framework permettant de gérer les accès concurrents et multi-threads, et offrant une architecture scalable. Le speaker a présenté l’élément Actor, puis la stratégie mise en place lors de ses défaillances, illustrant ses propos d'exemples très simples.  



Ce framework semble apporter des solutions très prometteuses et donne envie de s’y intéresser davantage.

Je termine mon après-midi en allant écouter Chet Haase sur Software Process Methodologist. Il reprend dans son talk plusieurs concepts bien connus des Méthodes Agiles et des Process (SCRUM vs SCUM, Agile vs Fragile...), puis les parodies illustrées à chaque fois de très beaux graphiques. Oui, Devoxx laisse aussi place à des conférences non techniques, et parfois délirantes.

Conférence à voir et revoir absolument !

Un de mes passages préférés sur la définition de SELF :




Pas de frites ce soir au buffet de Devoxx, mais suite de cette deuxième soirée dans un bar pour revenir sur les conférences de la journée.

Troisième et dernier jour

Je commence la matinée par une très bonne présentation, Search, the Final Frontier, par Shay Banon, le créateur d’ElasticSearch, un moteur de recherche open-source distribué s’appuyant sur les APIs REST.

Il a démontré plusieurs fonctionnalités d’ElasticSearch, dont son architecture de clusterisation, la puissance des recherches approchantes ou encore la possibilité de mettre en cache des requêtes faites avec des filtres, cette dernière étant très intéressante pour les problématiques de performances.
Pour terminer, direction l’enregistrement de l’épisode
68 des Cast Codeurs, où une bonne soixantaine de personnes se sont entassées dans une petite salle. Bonne humeur au rendez-vous avec l’équipe habituelle à laquelle s’ajoutent des membres du groupe DuchessFr, ainsi que l’équipe de Code Story.
Dans une très bonne ambiance, l’équipe revient sur la semaine qui vient de s’écouler en évoquant tour à tour leurs moments marquants. C’est aussi l’occasion de faire quelques annonces sur Devoxx France, Devoxx UK et Programmatoo, programmation pour les enfants.

Ainsi s’achève la conférence Devoxx autour de quelques pizzas. Il est l’heure de reprendre le train direction Paris.

Bilan de cette expérience

Devoxx, ce n’est pas juste enchaîner des conférences dans un rythme effréné, c’est aussi de belles rencontres dans le tram, les ateliers, les exposés, sur les stands... C’est un contexte idéal pour échanger avec des participants venus d’autres horizons, sur des technos bien sûr, mais également sur nos expériences de travail ou de vie. Bref, Devoxx c’est aussi une aventure humaine :-)
Côté conférences, on pourra noter quelques absents de la semaine comme Big Data, noSQL. Certaines conférences étaient plus axées sur les méthodologies, ce qui était appréciable, notre métier ne se résumant pas seulement à des défis techniques.

Je terminerai avec quelques conseils pratiques pour l’année prochaine : ne chargez pas trop votre valise ;-), un seul T-shirt peut suffire !
Sweet, T-shirt et même chaussettes, peluches, bonbons vous sont gracieusement offerts par les sponsors.
Enfin si vous n’avez pas eu la chance d’assister à Devoxx, ou si vous souhaitez voir ou revoir des conférences, vous pouvez retrouver les vidéos sur
Parley’s.
Vivement les 26-27-28 et 29
mars 2013 pour les versions Devoxx UK et Devoxx France !

                   

                                        

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