Michaël Chaize (Adobe System France) "Le débat opposant HTML5 à Flash n'a pas été lancé par Adobe"

Iphone, Android, Blackberry... Le point sur les OS mobiles supportant Flash. Mais également sur le positionnement de cette technologie par rapport à HTML5, et ses liens avec PHP et Java.

JDN Solutions. Où en est votre relation avec Apple, et vos travaux pour rendre Flash portable sur tous les OS mobiles ? 

Michael Chaize. Nous avions annoncé à l'occasion de Max 2009 notre volonté de donner la possibilité de créer des applications Flash natives pour plusieurs plates-formes mobiles, dont l'Iphone. Nous avons travaillé sur un packageur permettant de compiler des applications Flash pour cet OS. Début 2010, Apple a annoncé qu'il n'autorisait pas sur sa marketplace les applications issues d'environnements autre que le sien.

Depuis, nous nous sommes concentrés sur d'autres systèmes. En juin 2010, nous avons annoncé la possibilité de compiler des applications Flash pour Android, via le runtime Adobe AIR pour Android. Nous l'avons également fait évoluer pour prendre en charge les caméras et l'accéléromètre.

 

En septembre dernier, Apple est revenu en arrière, et a annoncé qu'il acceptait les applications issues d'autres technologies. Dans la foulée, nous avons relancé notre projet de packageur pour l'Iphone en octobre, avec une mise à jour pour la dernière version de l'Iphone OS. Notre R&D doit maintenant rattraper le retard accumulé avec le packageur pour Android. Notre compilateur pour Iphone ne supporte pas l'accès à la caméra et au microphone par exemple. L'objectif est d'offrir les mêmes possibilités de développement quelle que soit la plate-forme mobile d'ici la fin du premier semestre 2011. L'idée est de proposer un environnement doté d'une couche d'abstraction matérielle permettant de développer une fois, et déployer pour les principaux smartphones du marché.  

 

Quelle est la prochaine étape ?  

Pour l'instant, les applications Flash disponibles sur l'Appstore d'Apple sont surtout des jeux. La prochaine étape sera de cibler les développeurs Flex centrés sur des projets d'applications mobiles d'entreprise. A l'occasion de Max 2010, nous avons annoncé la version  

 

de Flex 4.5, plus connu sous le nom de code Hero. Cette nouvelle version permet de créer des composants légers adaptés aux OS mobiles et ajustés pour prendre en charge les contrôles tactiles en multi-points. Nous proposons une application de démonstration des possibilités de Flex sur Android dans l'Android Marketplace.  

Toujours dans l'optique de couvrir le plus grand nombre de terminaux, nous commençons à nous intéressé à la télévision. Nous avons notamment annoncé des packageurs pour porter des applications Flash sur Google TV et dans les systèmes de télévision de Samsung.  

 

"Nous prévoyons de lancer un outil pour créer des animations et les exporter en HTML5"

Où en êtes-vous du portage de Flash sur les tablettes tactiles ?

Nous couvrons toutes les tablettes sous Android 2.2. C'est le cas par exemple de la Samsung Galaxy Tab. Lors de Max 2010, nous avons annoncé la déclinaison de notre runtime AIR pour le Playbook de Blackberry, mais également pour la tablette Archos. Nous attendons une nouvelle version d'Android qui sera spécifique aux tablettes. On travaille d'ailleurs avec Google dans ce domaine. 

 

Adobe a été souvent pointé du doigt ces derniers temps en matière de sécurité, notamment sur Flash. Que mettez-vous en place pour y faire face ? 

Nous avons décidé de sortir plus fréquemment des correctifs, sans compter que les navigateurs embarquent de plus en plus souvent Flash avec à la clé un mode de mise à jour automatique. C'est le cas de Google Chrome par exemple. Ces mises à jour plus fréquentes peuvent faire penser que nos solutions sont moins sécurisées. Ce n'est qu'une impression. Nous continuons aussi à renforcer la sécurité de nos applications. C'est le cas dernièrement avec Acrobat qui, à l'image de Flash, intègre un sandbox. 

 

Où en êtes vous concernant la prise en compte de HTML5 dans vos outils ? 

D'abord, je tiens à préciser que le débat consistant à opposer HTML5 et Flash n'a pas été lancé par Adobe. HTML5 est une vraie opportunité que nous soutenons. Notez d'ailleurs que nous somme pro HTML depuis le début, comme le prouve notre travail autour de Dreamweaver. Nous avons récemment mis à jour notre outil de création graphique Illustrator pour permettre l'export en HTML5 de dessins vectoriels via canvas. Nous avons également annoncé une mise à jour de Dreamweaver pour prendre en charge les tags HTML5 qui ont été stabilisés. 

D'ici fin 2011, nous prévoyons également de lancer un outil pour créer des animations, intégrant une ligne de temps, et les exporter en HTML5. Il s'intégrera à nos outils de design Photoshop et Illustrator.

 

Flash est complémentaire de HTML. Ce n'est pas un standard, ce qui lui permet d'évoluer plus vite. Pour qu'un standard se stabilise, il faut attendre une dizaine d'année. Nous avançons donc parallèlement sur l'innovation autour de Flash. Nous planchons par exemple sur une version de Flash prévue pour début 2011 qui permettra d'exploiter pleinement l'accélération matérielle GPU, notamment pour lire des vidéo HD en plein écran, et ainsi décharger la consommation CPU. Nous avons prévu d'intégrer ensuite, toujours courant 2011, un moteur 3D dans Flash. L'idée est proposer avec Flash un niveau de qualité équivalent aux jeux Xbox. Tous les grands acteurs du jeu sont déjà dans la boucle. Ils y voient un nouveau canal de diffusion.  

 

Où en sont les relations entre Adobe et les communautés PHP et Java ? 

Les associations de Flex avec Java et PHP sont plutôt naturelles. Ces deux communautés ne disposant pas de technologies matures pour concevoir des interfaces Internet riches, typiquement des tableaux de bord dans le domaine des applications d'entreprise. Nous avons signé un accord avec Zend, l'éditeur de PHP, avec lequel nous avons conçu le framework Zend AMF. Il permet de faire le lien entre un objet Flex et PHP, par exemple une classe Article avec un titre, un auteur... Nous avons mis à jour Flash Builder en lui adjoignant un assistant pour se connecter à cet environnement PHP. Cette année, nous avons lancé un bundle entre Flex Builder et Zend Studio, permettant de passer de l'un à l'autre pour avoir le code PHP d'un côté et l'application Flex de l'autre. 

Du côté de Java, nous avons promu le projet Open Source BlazeDS [qui permet d'invoquer des services Java depuis un client Flex à la manière d'un proxy ndlr]. Ainsi, nous avons créé un pond pour que les objets Java puissent s'intégrer à des objets Flex. Nous avons beaucoup travaillé avec Spring dans ce domaine. Mais, nous sommes déjà sous Eclipse, ce qui facilite beaucoup les choses.  

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