|
Il existe deux types de mesure sur Internet : la mesure de fréquentation, qui utilise des outils appelés "site centric", et la mesure d'audience, qui a recours à des outils appelés "user centric". La mesure site centric repose sur le comptage des connexions à un site Web (pages vues, visites), tandis que la mesure user centric (Médiamétrie NetRatings, Comscore) repose sur le suivi de navigation d'un panel représentatif de la population de référence. Elle a plus spécifiquement pour but de dénombrer (visiteurs uniques) et de qualifier les visiteurs d'un site Web (profil socio-démographique...).
C'est au marché de la mesure de la fréquentation que nous allons nous intéresser. Celle-ci s'effectue soit grâce à l'analyse des logs sur les serveurs de l'entreprise (ce que fait par exemple Webtrends), soit par le biais de tags (marqueurs) placés dans le code source des pages. Cette dernière mesure est réputée la plus fiable, ce qui a conduit l'OJD a labelliser un certain nombre d'outils de mesure utilisant cette technologie.
Les solutions de mesure site centric labellisées sont actuellement au nombre de neuf : il s'agit de CybereStat et eStat (Médiamétrie), Hit Box Entreprise (WebSideStory), Metriweb (CIM), Site Catalyst (Omniture), SiteStat (Nedstat), Weboscope et WReport (Weborama), Wysistat (IDfr), et XiTi (XiTi).
|
Les principaux acteurs du marché
|
|
|
Médiamétrie-eStat
|
Weborama
|
Websidestory
|
XiTi
|
|
Date de création
|
2003
(fusion Médiamétrie / eStat)
|
1998
|
1996
|
1996
(outil lancé en 2000)
|
|
Effectifs
|
40 personnes au dépt Internet et Mobile
|
25
|
300, dont 4 en France
|
47-48
|
|
Présence internationale (part du CA)
|
Tunisie, Maroc (< 10 % du CA)
|
Espagne
|
Europe (20 % du CA), Etats-Unis, Asie
|
Espagne, Suisse, Canada, Asie...
(France : 70-75 % du CA)
|
|
CA 2005
|
+ 38 % en 2005
|
2,6 M€
|
39,4 M$
|
2,4 M€
(2004-2005)
4,6 M€
(2005-2006)
|
|
Résultat net 2005
|
nc
|
0,799 M€
|
9,1 M$
|
0,5 M€
|
|
Nombre de clients
|
nc
|
Outil payant : 300
Outil gratuit : 57.000
|
Une trentaine en France, 1.500 dans le monde
|
Outil payant : plus de 3.000
Outil gratuit : plus de 300.000
|
|
Références clients pro
|
TF1, M6, Canal+, Skyrock, L'Equipe, Le Figaro, PagesJaunes, Tiscali, SeLoger...
|
01Net, Meetic, Microsoft, EDF, Essilor, l'Argus...
|
France Télécom, Yves Rocher, LVMH, France Loisirs...
|
Air France, Total, La Poste, 3Suisses, Accor, Cartier, Le Monde, sites du gouvernement...
|
|
Source
: déclaratifs entreprises, 2006
|
Parmi ces outils, bien qu'il n'existe pas de calcul avéré des parts de marché de chacun, nous avons choisi de détailler le positionnement et les stratégies des quatre acteurs qui dominent le secteur en France. S'il en fallait un cinquième, ce serait certainement Omniture, le second éditeur américain à côté de WebSideStory. Créé en 1996, Omniture compte plus de 1.000 clients dans 70 pays (eBay, HP, MSN Shopping...) et a réalisé en 2005 un chiffre d'affaires de 42,8 millions de dollars, pour une perte nette de 17,4 millions de dollars. Actif surtout aux Etats-Unis et au Japon, la société défriche le marché français via son bureau commercial de Neuilly.
WebSideStory, de son côté, a lancé son offensive en France il y a 18 mois. La société, présente elle aussi essentiellement aux Etats-Unis et au Japon, revendique une vingtaine de nouveaux clients chaque trimestre en Europe. Elle réalise à l'heure actuelle 8 % de son chiffre d'affaires sur l'Europe du Sud, 4 à 5 % en Allemagne, et 8 % au Royaume-Uni. Mais selon son directeur général Europe, son chiffre d'affaires en France serait déjà supérieur à celui de XiTi.
Les trois acteurs les plus importants en France sont les Français Médiamétrie, Weborama et XiTi. Weborama, seule société cotée du secteur, annonce une part de marché de 50 % sur les sociétés du CAC 40. Quant à Médiamétrie, son directeur du département Internet et Mobile, Benoît Cassaigne, revendique une part de marché de 80 % environ dans le secteur des médias. XiTi, qui prévoit un résultat net de 1 million d'euros cette année, se voit "largement devant Médiamétrie" et avance dix fois plus de clients payants que Weborama sur la mesure de fréquentation, bien que son chiffre d'affaires, lui, soit moins de deux fois supérieur (plus de petits clients). |