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propos de la cyber-élite"
Loin de nous l'idée
de réaliser une étude exhaustive sur les coulisses des relations
croisées entre les acteurs de la nouvelle économie... Mais
en décryptant le Carnet du JDNet, une question était sur toutes
les lèvres : ce portrait de la cyber-élite française
ne permet-il pas de déceler les racines des réseaux qui irriguent
le Net busines hexagonal ?
Une première analyse
rapide permet ainsi d'établir l'existence de rapports croisés
évidents entre certaines d'entreprises de la nouvelle économie.
Il n'est pas rare en effet que des dirigeants de sociétés
Internet siégent au sein de plusieurs conseils d'administration.
Ainsi, sur 560 dirigeants présents dans le Carnet du JDNet,
plus d'un tiers (soit 230 personnes) siègent aujourd'hui dans
(au moins) une autre société que la leur.
L'origine de ces
sièges d'administrateurs multiples est de plusieurs natures.
Tout d'abord, les capitaux-risqueurs
sont les premiers à cumuler ces présences comme financeurs
et donc comme associés. Chez les partenaires financiers des
start-up figurent également des business angels, professionnels
fortunés désirant miser sur quelques nouveaux poulains ou
heureux entrepreneurs ayant déjà revendu partiellement, ou
en totalité, leurs entreprises. Parmi eux, se trouve Loïc
Le Meur qui, après avoir revendu B2L et Business Pace,
s'est associé au capital de très nombreuses start-up (Marketo,
Fimatex, Immostreet, Ski Horizon, Freelance.com...).
Une autre population
pratique ce "jeu de chaise administrative" : les dirigeants
qui siègent dans d'autres sociétés au nom de leur entreprise.
C'est le cas de très nombreux groupes de l'économie traditionnelle
qui ont pris des participations au sein du capital de sociétés
de la nouvelle économie. Le réseau de la vieille économie
rencontre alors celui de la Net économie...
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Siégez-vous
dans d'autres conseils d'administration que celui de
votre société ?
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Proportion
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Oui
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37,20%
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Non
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62,80%
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Mais les réseaux de la cyber-élite
ne se limitent évidemment aux seules participations capitalistiques.
Le poids des diplômes est
lui aussi capable de tisser sa propre toile. A la lecture du
3ème volet de cette enquête (lire Vous
avez vos diplômes ?), il apparaît que quelques écoles
ont formé plusieurs dizaines de patrons fondateurs de sociétés
du secteur (HEC, Essec, Esc, Polytechnique...). Hors ces écoles
sont également connues pour l'efficace activité de leurs associations
d'anciens élèves, lesquelles contribuent à l'élaboration de
ces réseaux informels d'anciens. François
de Maublanc, co-fondateur du leader de la vente de fleurs
en ligne, Aquarelle, énarque d'origine, relativise avec humour
ces relations : "Pour ma part je me suis aperçu récemment,
et avec amusement, que je n'étais pas le seul énarque dans le
secteur. Le patron de Vizzavi est un ancien de ma promo 72.
Je lui ai écrit mais et j'attends encore la réponse..."
D'autres réseaux,
beaucoup plus informels encore, sont constitués d'anciens
salariés qui ont appartenu au même groupe, ou cabinet de consulting,
et qui se retrouvent dans la nouvelle économie. Parmi ceux-là,
figure le réseau informel des anciens de la Compagnie Bancaire,
groupe intégré à Paribas puis à la BNP. A leur tête :
Jean-Michel
Billaut, "le gourou de l'Internet français", aujourd'hui
responsable de l'Atelier, cellule de veille technologique
du groupe BNP-Paribas. Plusieurs anciens du groupe ont aujourd'hui
rejoint ou créé des sociétés dans le secteur, comme Abdallah
Hitti, de Result et Blue Line, ou Alain Silverston, associé
chez Immostreet. L'Atelier lui-même, comme lieu de partage
et d'échange entre investisseurs et entrepreneurs, cherche
à créer une sorte d'embryon de réseau.
Parmi les tentatives
de création de clubs pour les jeunes professionnels à la tête
de start-up, on se souvient de la "dream team", créée par
neuf PDG et qui a compté, à ses heures de gloire, jusqu'à
une vingtaine de membres qualifiés "d'experts". A leur tête
se trouvaient Thierry Hazan, le président de Winvote, ou encore
Thomas Owadenko, le fondateur d'Akabi. L'objectif de l'association
était de permettre à des entrepreneurs de la nouvelle économie
de venir confronter leurs idées et recueillir des conseils
auprès d'autres jeunes PDG du secteur.
Enfin d'autres germes
de réseaux, plutôt générationnels, ne sont pas à négliger
avec par exemple les liens unissant des pionniers de l'Internet
comme Rafi
Haladjian, PDG de Fluxus, François
Benveniste, PDG d'Abcool, et Jean-Michel
Planche, PDG de Witbe.net. Ici, la maturité devient le
ciment.
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