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Exploiter
des bases de données de presse, surveiller les
forums de discussions, vérifier les nouveaux
sites de la concurrence sur le Web : l'internet
permet désormais de couvrir une palette de plus
en plus large en matière de veille. Les prestataires
livrent quelques recettes et des exemples de missions
qu'ils ont pu mener pour le compte de clients.
L'analyse
des sources de presse.
Si
de nombreuses archives de journaux existent gratuitement
sur le Web pour qu'une entreprise puisse veiller sur
la perception qu'ont les médias de son activité,
les prestataires ont accès à des bases
de données payantes beaucoup plus puissantes.
Startem a ainsi mené une étude
pour une entreprises à travers ces bases de données
qui agrègent parfois jusqu'à 8 000
sources de presse dans le monde actualisées quotidiennement.
"Après une campagne de communication de
l'entreprise, nous avons tenté d'analyser comment
le message de la société était
perçu par les médias. Grâce à
des outils technologiques, notamment sémantiques,
et une large intervention humaine, on s'est aperçu
que le message diffusé n'atteignait pas forcément
le but escompté et était mal répercuté
du fait d'une mauvaise interprétation. Une fois
le constat établi, nous avons proposé
à cette entreprise de créer un nouveau
site pour expliquer la stratégie en corrigeant
le tir et en retouchant le FAQ présent sur la
page d'accueil de son site".
La
veille concurrentielle
S'il
est aisé pour une dotcom de veiller à
l'apparition de nouveaux concurrents, puisque tout le
monde a son site dans ce domaine d'activité,
la veille concurrentielle se propage également
à d'autres secteurs plus traditionnels. Jean-Philippe
Miginiac, président de Strategic Road estime
ainsi qu'il désormais facile d'"identifier
les nouveaux entrants ou de regarder les mouvements
d'un concurrent grâce au Web. Il existe quelques
recettes pour anticiper le lancement d'un site dédié
à un nouveau produit par exemple". Jean-
Michel Marti, président d'Egideria, pense
également que le Web peut rendre de menus services
à l'entreprise. "En vous abonnant à
Yahoo vous pouvez par exemple être prévenu
de tout nouveau site inscrit dans l'annuaire. C'est
un moyen très simple de veiller à l'arrivée
d'un concurrent". Selon
lui, le Web sert également à surveiller
les néologismes pour la technologie ou à
dénicher des experts.
Une démarche entreprise par Jérôme
Thil, président de Coelis pour le compte
d'un client." Notre client voulait savoir quel
circuit avait utilisé un concurrent pour faire
du lobbying auprès de la Commission européenne.
Grâce au Web, nous avons pu établir quels
cabinets étaient intervenus dans le dossier,
les montants des contrats et les différentes
personnes en charge du dossier" . S'il faut, selon
lui, une phase de vérification humaine obligatoire
après la recherche sur Internet, l'utilisation
du Web permet de repousser les limites et de ne solliciter
le renseignement humain qu'en dernier ressort. "C'est
une bonne chose car dans ce petit milieu tout le monde
se connaît et cela réduit le risque de
fuites", avoue-t-il.. Dernier exemple en matière
de veille concurrentielle, l'analyse rapide et complète
d'un concurrent. Le prestataire Business Alpha
a notamment mis en ligne sur son site
un exemple des potentialités offertes par le
Web dans ce domaine en analysant la société
américaine Revlon.
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L'intervention
humaine dans le travail de veille sur Internet
reste encore primordiale
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La
prévention des crises
Si
le recours, pour certains groupes de pression, à
la création d'un site pour médiatiser
une affaire a fait ses preuves, il a également
ses faiblesses. L'adversaire (l'entreprise en l'occurrence)
a ainsi une vision globale des avancées de l'"ennemi"
et peut tenter d'anticiper la crise. Florence Bonnetti,
directrice générale de Netintelligenz,
juge ainsi que "si le Web n'est pas encore représentatif
de la population mondiale, il est en revanche un puissant
relais auprès des leaders d'opinion et son impact
peut être majeur". Pour le compte d'une entreprise,
la société a par exemple surveillé
des sites activistes qui rendaient compte des conditions
de travail dans un pays où se trouvait son client.
La part d'intervention humaine était toutefois
importante dans ce travail, car, selon elle, "on
ne peut pas, dans ce genre de cas, s'appuyer entièrement
sur ce qui est dit sur le Web. Nous avons dû nous
rendre dans le pays pour vérifier les informations
émises par les sites activistes". Une fois
vérifiée et confirmée, Netintelligenz
a mis en place une cellule de communication de crise
pour l'entreprise avec notamment un site fantôme
prêt à être activé en cas
d'alerte.
Ksiopa
a mené une mission semblable pour une entreprise
cliente qui devait annoncer un plan de restructuration
dans une région française. Le prestataire
a été chargé d'étudier d'éventuelles
critiques ou des signaux faibles de crise sur le Web.
"Les bonnes sources sont la presse locale sur internet,
les site contestataires et sociaux et surtout le web
invisible dont la connaissance s'affine au fil des missions",
explique Didier Heinderich. Mais avant se lancer dans
la veille il faut, selon lui "bien comprendre le
produit et le contexte". Cela permet "plutôt
que de proposer une exhaustivité, inutile et impossible
à atteindre, de travailler directement sur quelques
sources et de gagner du temps".
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Les
forums de discussions, futurs stars de la veille
sur internet ?
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La
boussole commerciale et marketing
"Même s'il ne faut pas faire d'une étincelle
une explosion", selon les mots de Didier Heinderich,
les forums de discussions, ces gigantesques cafés
du commerce mondiaux, sont désormais scrutés
attentivement par les entreprises. Parfois pour prévenir
les crises mais également dans le cadre de missions
marketing et commerciale. Un exemple d'utilisation de
cette veille est illustré par Yves-Michel Marti,
président d'Egideria. "Nous avons
mené sur le Web une mission pour un fabricant
de déodorants pour tissus. En scannant les forums, on
s'est aperçu que le nom du produit revenait notamment
souvent dans les fils consacrés à certains
sujets comme le skate-board. Cela a permis ensuite de
proposer au clients de cibler des magasins de sports
branchés pour sa distribution".
Cette tendance à l'utilisation marketing des
forums ne serait toutefois pas encore majoritaire chez
les acteurs pour des raisons structurelles. Jean-Philippe
Miginiac, estime "notamment qu'on a pour l'instant
du mal à identifier le profil des visiteurs des
forums ce qui rend complexe l'analyse marketing".
Stéphane Martin, le directeur des études
de Cybion, juge également que la limite
actuelle est liée au profil socio-professionnel
de l'internaute. "En majorité la population
qui utilise le Web ou les forums est très jeune,
féminine et plutôt aisée. Cela peut
donc servir pour une marque de cosmétique mais pas pour
d'autres secteurs". Sa société a
toutefois mené une mission de ce type pour le
compte d'un fournisseur d'accès à internet
(FAI) lorsque celui-ci a augmenté ses prix. "C'est
un sujet très discuté sur les forums.
La veille a permis de prendre le pouls des internautes
en vue de préparer le service client du FAI aux
questions qui revenaient le plus souvent. La rapidité
de propagation de l'information sur le Web permet souvent
d'y récupérer de l'information avant tout
autre source. Dans le cas du FAI, on a d'ailleurs remarqué
que les messages postés sur les forums et ceux
reçus ensuite pas le service client étaient très
similaires. Ceux qui s'expriment sur les forums sont
également souvent les plus prompts à envoyer
un courrier de mécontentement", constate
Stéphane Martin.
...
Et des buts moins avouables
Si
les prestataires restent plutôt discrets sur le
sujet, l'internet a également permis à
certaines entreprises de mener quelques missions moins
avouables pour ficher leurs "ennemis". A titre
d'exemple, Jean-Philippe Miginiac confie ainsi qu'il
a découvert, au cours d'une banale mission sur
le Web pour un groupe international, qu'un des plus
hauts cadres de l'entreprise cherchait visiblement un
nouveau job chez la concurrence. "Il n'avait pas
mis directement son CV sur Internet mais l'avait fait
par le biais d'un ami. Mais après étude
de quelques forums de discussions, il a été
facile de l'identifier. Nous ne l'avons pas signalé
car ce n'était pas notre mission initiale mais
il faut y prendre garde". Véritable évolution
pour les entreprises, la veille sur internet devra donc
parallèlement rendre méfiant le citoyen
et le salarié.
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