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Tâche
obscure et souvent fastidieuse, la veille a pris une
nouvelle dimension depuis quelques mois avec Internet.
L'arrivée des réseaux et des bases de
données actualisées en permanence et accessibles
partout dans le monde a en effet modifié la donne.
Et ce travail, qui consiste pour l'entreprise à
analyser les sources d'informations pour découvrir
de nouveaux acteurs potentiels sur un marché
ou mieux connaître son environnement technologique,
s'est offert une nouvelle exposition.
Tous
les prestataires de la veille l'affirment en coeur,
Internet et sa composante Web ont eu un effet entraînant
pour le secteur en sensibilisant les entreprises à
ce métier. "L'Internet a fait découvrir
aux entreprises qu'elles pouvaient avoir l'information
rapidement et facilement, constate Alain Pajot,
le président de Startem. Elle se sont
découvert un goût pour l'information."
Aucun service de veille d'entreprises ne pourrait désormais
se passer d'Internet pour alimenter ses recherches.
Qui mieux que le Web peut en effet permettre d'identifier,
en quelques clics, ses concurrents sur un secteur ou
veiller à la sortie de nouveaux produits? Cette
facilité et cette rapidité d'accès
à l'information ont d'ailleurs conduit certaines
entreprises à "imaginer dans un premier
temps qu'elles pourraient s'émanciper des cabinets
de conseil en s'occupant elle- même du travail",
constate Didier Heiderich, président de
Ksiopa.
"Internet a, eu au début, un effet égalisateur,
résume de son côté Yves-Michel
Marti, président d'Egideria. Des grands
cabinets de conseil qui avaient accumulé de la
documentation depuis des années en interne et
qui la faisaient payer très cher aux entreprises
ont vu brusquement leurs informations se retrouver en
libre-service sur Internet", explique-t-il.
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Le
marché est de plus en plus concurrentiel et l'atterissage
risque d'être brutal pour certains
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Le
phénomène un peu illusoire des débuts
serait toutefois en train de s'estomper progressivement.
Pour des raisons finalement assez évidentes,
que résume Yves-Michel Marti. "Internet,
c'est un peu comme si vous déversiez 30 tonnes
de minerais aurifère aux pieds de votre conjoint
en lui disant : tiens voilà de l'or. Sans raffinage
il n'y a pas d'or. Dans la veille c'est pareil."
Un constat également dressé par Gilles
Feingold, à travers son expérience
commerciale chez Alogic. "Les entreprises
que nous avons prospectées veulent absolument
savoir ce qui se passe sur Internet et l'utilisent.
Mais elles ont désormais peur de l'abondance
d'informations récupérées et ont
du mal à faire le tri."
Si
ce mirage de la veille sur Internet a frappé
les entreprises, il a également eu quelques effets
euphorisants dans le milieu des prestataires. Beaucoup
de sociétés sont ainsi nées dans
le sillage des Cybion, Startem ou Ksiopa, pionnières
en la matière au même titre qu'Egideria,
née en 1994. Le marché devient donc de
plus en plus concurrentiel et l'atterissage risque d'être
brutal pour certains. "Avec un modem pour Internet,
un bon logiciel de veille et un bureau, on peut prétendre
faire de l'intelligence économique pour un client.
Seulement, cela ne suffira pas", prévient
un prestataire.
L'écrémage se fera sans doute sur l'expérience.
Car si Internet a pu donner de fausses illusions aux
entreprises, le Web leur a tout de même permis
de placer la barre beaucoup plus haut en matière
d'exigences. "La demande s'est décalée,
constate François Libmann, présent dans
le monde de la veille avec sa société
FLA Consultants depuis 1977. Désormais,
la plupart des clients ont déja fait un gros
travail de recherche sur Internet avant de venir nous
voir, avance-t-il. Les questions sont moins simples
et mieux formulées. C'est à nous de nous
adapter et d'amener de la valeur ajoutée avec
l'utilisation d'outils plus complexes.e Une analye partagée
par Stéphane Martin, le directeur des
études de Cybion : "Beaucoup d'entreprises
pensent encore que l'Internet se limite à la
sphère du Web. Le Web, c'est 6 milliards de pages
selon Google. Il y en a sans doute près de quinze
fois plus, sans compter les multiples bases de données
accessibles via Internet."
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"Le
client arrive mieux formé. Mais nous nous améliorons
également et nous allons plus vite"
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Et
c'est dans ce dernier domaine que les acteurs peuvent
jouer leur plus grand rôle, selon Didier Heiderich
(Ksiopa). "La vraie amélioration pour les
prestataires se situe dans la connaissance de ce Web
invisible. S'il est exact que le client arrive mieux
formé, nous nous améliorons également
et nous allons plus vite." Pour les prestataires,
l'avantage d'Internet résiderait ainsi principalement
dans l'accélération de la vitesse de recherche
d'nformation. Un élément dont la conséquence
majeure pourrait être une meilleure qualité
de la veille produite en bout de chaîne. "Avant
Internet, nous passions 80% du temps à chercher
et 20% à analyser l'information rappelle Stéphane
Martin. Désormais, l'objectif est quasiment d'arriver
au ratio inverse."
Prochain
article :
2.
Technologie, conseil, communication :
les prestataires affinent leur positionnement
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