Stanislas Laurent (Photobox) "Photobox devient un service d'édition personnalisée"

Livres, calendriers, objets... Les produits dérivés dominent dorénavant l'activité du spécialiste de la photo en ligne qui goûte enfin à la rentabilité. Le point avec son président.

JDN. Quels sont les résultats du groupe en 2009 ?

Stanislas Laurent. Le groupe Photobox a enregistré un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros en 2009, en hausse de 40 % corrigée des effets de taux de change. Je ne peux pas vous donner plus de chiffres, seulement vous dire que Photobox a enregistré sa première profitabilité opérationnelle en 2008 et que celle-ci dépasse les 10 % en 2009. Le cash flow est également positif. Et notre croissance devrait rester solide en 2010 même si elle n'atteindra sans doute pas celle de 2009. 

 

"Photobox a enregistré sa première profitabilité opérationnelle en 2008 et elle dépasse les 10 % en 2009"

Vous avez développé vos activités dans les produits dérivés. Où en sont vos ventes ? Que devient le tirage photo ?

Les produits dérivés, lancés depuis quatre ans, obtiennent une croissance supérieure à 50 %. Ils représentent même 55 à 60 % de notre chiffre d'affaires en 2009.

Quant au tirage photo, il poursuit une croissance à deux petits chiffres. Internet est toujours moins cher que la grande distribution – environ 10 centimes le tirage sur Internet, contre 15 à 20 centimes dans la grande distribution - et permet au client d'être livré à domicile. Certaines journées Photobox enregistre des pics à 2,5 millions de photos transférées sur son site. Du reste, nous comptons un peu plus d'un million de clients actifs en Europe et le panier moyen, qui varie suivant les saisons, est d'environ vingt euros.

 

Quelle est aujourd'hui votre stratégie de développement sur le marché ?

Nous misons sur l'innovation produit, la qualité du service client en ligne, et l'internationalisation de notre activité. Les gens s'expriment de plus en plus sur le Web, les réseaux sociaux, et veulent aussi le faire sur des produits dérivés matériels. Notre ambition est donc de leur fournir une boîte à outils qui leur permette de partager les moments forts de la vie comme le mariage, la naissance d'un enfant, les voyages...

Nous lançons donc de plus en plus d'offres dont l'ambition est de donner de l'inspiration à nos clients en les guidant dans la personnalisation des produits. Nous proposons par exemple des contenus éditoriaux pour un livre personnalisable qui permet de faire une revue des événements de l'année 2009, ou encore des suggestions pour un livre qui retrace la première année de son enfant, voire des photos pour le livre de recettes personnalisable que Photobox a tout juste lancé mi-mars. Cela prend du temps pour un client de faire un livre et nous les préfabriquons pour en faciliter la création. Bien sûr nous avons dû étoffer les équipes éditoriales de Photobox. Nous multiplions également les partenariats pour enrichir les contenus de la plate-forme, comme avec L'Equipe qui nous fournit parfois des Unes de journaux. Photobox va de plus en plus vers un service d'édition personnalisée.

 

"Les produits dérivés devraient constituer 70 à 75 % du marché de la photo en ligne d'ici 2011 ou 2012"

Comptez-vous poursuivre votre internationalisation ?

Notre chiffre d'affaires est en forte croissance à l'international et la France en représente maintenant moins de la moitié. Nous avons d'ailleurs lancé une nouvelle plate-forme et de nouvelles offres produits il y a deux ans. Tout d'abord en France, en Grande-Bretagne, puis en Allemagne, avant de l'étendre aux autres pays d'Europe excepté la Suisse. Hormis la Grande-Bretagne et l'Allemagne où Photobox dispose de petites équipes locales, tout est géré depuis la France. Mais nous envisageons une expansion progressive en Europe si cela s'avère rentable. Nous n'excluons pas d'aller voir encore plus loin, mais il reste encore beaucoup à faire en Europe. 

 

Qu'avez-vous mis en place pour votre service client ?

En interne, une vingtaine de personnes sont dédiées au service client et nous allons rapatrier en France la partie de nos services actuellement outsourcées au Maroc. L'objectif est de renforcer la qualité et l'intégration des divers canaux dans notre stratégie de service client. Nous sommes proactifs également sur les médias sociaux. Photobox dispose de comptes sur Facebook et Twitter afin d'échanger avec les clients là où ils expriment souvent leur mécontentement. En Grande-Bretagne, 15 000 personnes nous suivent sur Facebook où nous sommes présents depuis un an. En France, nous y sommes depuis le dernier trimestre 2009.

 

Plus globalement, comment se porte le marché ?

Le marché de la photo, tous canaux confondus, pèse 3,5 milliards d'euros en Europe. Dans ce contexte, Internet devrait représenter près d'un milliard d'euros en 2010. C'est deux fois plus que pour le marché de l'analogique qui continue de chuter. Au contraire le Web croît de 20 % par an, même si ce taux a tendance à diminuer légèrement car l'industrie est substantielle. Même s'il y a beaucoup d'acteurs sur le marché, les clients se concentrent autour des plus importants, et cette consolidation va s'accentuer. Quant aux produits dérivés, ils devraient constituer approximativement 70 à 75 % du marché de la photo en ligne d'ici 2011 ou 2012, en considérant que la part de l'activité en kiosque reste minime.

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