DVDFly veut reconquérir la France avec la VoD

Pionnier de la location de DVD en France, DVDFly s'est concentré, après avoir été racheté, sur le marché suisse pendant plusieurs années. Il mise sur la VoD pour se renforcer en France.

Acteur français historique de la location de DVD en ligne depuis septembre 2001 (lire DVDFly.com, pionnier de la location de DVD en ligne, 25/11/02), DVDFly, devenu suisse entre temps, veut redoubler d'efforts dans l'Hexagone après plusieurs années de flottement dues à des changements d'actionnaires. La société s'était lancée en Suisse fin 2003, en s'appuyant sur le centre d'appels de Omnicom, basée à Neuchâtel. Finalement, Omnicom avait racheté DVDFly à travers Homedia en 2004 et créé Homedia SAS en France. 

 

Un peu plus de quatre ans après son arrivée en Suisse, ce marché compte aujourd'hui pour 80 % de l'activité, avec l'équivalent de 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre moins d'un million pour la France. Le site y compte 25.000 clients, plus du double que dans l'Hexagone. La VoD y a été lancée il y a un an et le site est sur ce créneau au coude à coude avec l'opérateur Swisscom. Les deux auraient des catalogues de 500 à 600 titres (même si la moitié serait en cours d'encodage chez DVDFly).

 

En comparaison, la pays d'origine de DVDFly fait désormais figure de parent pauvre. Le loueur ne serait que le quatrième ou le cinquième acteur du marché avec 11.000 clients, derrière des acteurs comme Glowria. "Avec le rachat, il y a eu un creux commercial naturel. Comme il a fallu tout remettre à plat, nous avons pris du retard sur nos concurrents", explique Yann Steulet, nouveau directeur marketing de Homedia. Lorsqu'elle a cherché à mettre en place un projet de développement commercial en 2006, la société a choisi une stratégie originale. Les comités d'entreprise serviraient de "porte d'entrée", chose impossible en Suisse où les CE n'existent pas.

 

Mais Homedia entend bien reconquérir le terrain perdu et mise largement sur la vidéo à la demande pour cela. Contrairement à plusieurs loueurs français de DVD pour le moins sceptiques sur la VoD, ou qui pensent que les deux technologies sont complémentaires, DVDFly croit au remplacement du DVD par la VoD. "Le support physique, DVD ou BlueRay, va disparaître. La seule question est : quand ?", assure Yann Steulet. D'après lui, sa technologie de visionnage pendant le téléchargement permet à un internaute connecté en 350 kbit/s de regarder un film sans "saccades".

 

La vidéo à la demande sera lancée dans les prochaines semaines en France et la société espère grâce à cela y doubler sa clientèle en 2008. Mais elle ne pousse pas ses clients à migrer vers la VoD. L'abonnement proposé - illimité en France pour s'adapter au marché - inclus les deux façons de consommer un film. Si son catalogue VoD est loin d'avoir la taille de celui du DVD, Homedia poursuit les négociations avec les majors d'Hollywood et compte proposer leurs films à l'automne 2008.

 

Par ailleurs, les ambitions nouvelles de DVDFly devraient se traduire à partir de septembre par la création d'une société en Belgique, en association avec un grossiste de la distribution de DVD. Homedia viendrait alors concurrencer notamment le français Cinesnap (lire Cinesnap fusionne avec le belge DVDPost, du 12/04/07). Le loueur suisse compte également venir sur les terres du fabricant de décodeurs Netgem qui a racheté Glowria fin 2007 (lire Netgem se paie la plate-forme VoD Glowria pour 18 millions d'euros, du 07/12/07). Homedia prévoit en effet de lancer une box à l'automne permettant la diffusion simple de la VoD sur un écran de télévision.

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