Les comparateurs de prix se dotent d'une charte déontologique

Sept comparateurs de prix ont signé, mercredi 11 juin, une charte de déontologie pour une plus grande transparence des pratiques du secteur. Les détails de ce qui devrait changer.

Le 19 mai dernier, à l'occasion d'une réunion de concertation, Eric Besson, le secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique, avait donné un mois aux comparateurs de prix et à la Fevad pour finaliser une charte de bonne conduite (lire Les comparateurs de prix finalisent une charte déontologique du 20/05/08). Trois semaines plus tard, le texte a non seulement vu le jour mais il est acté. Le document final a en effet été signé, mercredi 11 juin, à l'occasion de l'assemblée générale de la Fevad, par sept dirigeants de sites de comparaisons de prix, tous membres de la fédération e-commerce et vente à distance. Parmi ceux-ci figurent Kelkoo, Shopping.com, Easy Voyage, LeGuide.com, VoyagerMoinsCher, Pangora et PriceRunner.

 

"L'objectif de cette charte qui fait suite aux recommandations de la DGCRF en mars 2007, et qui tente de répondre concrètement aux conclusions du rapport du groupe de travail sur les mécanismes de réduction des prix remis en mars 2008, est de clarifier notre métier et de donner des engagements forts aux consommateurs et aux e-marchands qui sont nos partenaires, explique Bjorn Kvarby, PDG de Shopping.com France. Mais si cette charte expose nos engagements déontologiques communs, nous demandons également, via ce texte, aux e-commerçants de s'engager à nous communiquer des données fiables et mises à jour", ajoute-t-il.

 

Organisée autour de 15 points, ce document file deux thématiques majeures. La première concerne l'amélioration de la communication à l'égard des consommateurs. Parmi les engagements affichés par les comparateurs de prix sur ce thème, quatre sont particulièrement importants.

 

Le premier est l'application directe de la recommandation de la DGCCRF qui demandait aux comparateurs de spécifier clairement aux internautes que la liste des marchands présentés dans un résultat de recherche n'est pas exhaustive. Ce sera désormais chose faite, du moins pour les sept sites signataires. Au delà, ceux-ci s'engagent également à expliquer pourquoi certains marchands sont référencés et d'autres pas et quels sont les principes qui régissent le classement des offres. De même, ils s'engagent à rafraîchir au moins toutes les 24 heures les données exploitées.

 

La seconde thématique abordée par la charte concerne, quant à elle, l'amélioration de la communication envers les e-marchands et les partenaires. Sur ce point, deux engagements retiennent particulièrement l'attention. Le premier vise à améliorer la transparence des tarifs appliqués. Les comparateurs de prix s'engagent en effet, via cette charte, à rendre leurs tarifs publics et à ne pratiquer aucune discrimination sur ce point précis entre les sites. En contrepartie, les marchands doivent s'engager à communiquer aux comparateurs des fiches produit détaillées comprenant notamment leurs tarifs mis à jour ainsi que tous les frais supplémentaires, notamment logistiques, qui peuvent venir s'y ajouter. Ce sans quoi, les comparateurs de prix pourront éventuellement les déréférencer.

 

Cette charte, qui rappelons-le n'est pas coercitive, devrait être appliquée relativement rapidement par les signataires. Shopping.com prévoit pour sa part de la rendre accessible sur sa home page, mais rien n'obligent les comparateurs de prix à faire de même. En revanche, un bilan des engagements qu'elle contient sera dressé dans un délai de six mois, afin d'évaluer leur bonne mise en application, d'intégrer de nouveaux signataires et de la faire évoluer en fonction des besoins. A ce titre, l'idée d'un label permettant de reconnaître les signataires, pourrait voir le jour d'ici quelques mois.

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