La livraison n'est qu'à l'aube de la révolution du dernier kilomètre Les géants du Web investissent lourdement

Il est à ce titre très intéressant de noter qu'Alibaba, le géant chinois de l'e-commerce qui a lancé en juin une marketplace aux Etats-Unis, menait le tour de table de 250 millions de dollars bouclé par Lyft en avril. Uber n'est pas en reste : avant sa levée record de 1,2 milliard dollars en juin, la société avait reçu en août 2013 un joli chèque de 258 millions de dollars de Google Ventures. Google qui, dépassé par Amazon sur la recherche de produits et malheureux sur le terrain du paiement malgré ses tentatives Google Wallet et Google Checkout, investit considérablement aujourd'hui dans la livraison. Un créneau qui lui permettre de convaincre les internautes de commencer leurs recherches de produits sur son moteur, puisqu'ils pourront aussi y conclure leurs achats et se faire livrer.

Les ambitions de Google Shopping Express sont colossales

Les ambitions de la firme pour Google Shopping Express sont colossales. Ses dirigeants ont mis de côté plusieurs centaines de millions de dollars pour étendre à tout le pays le service lancé en 2013, qui permet aux internautes d'acheter sur le site dédié parmi une sélection d'enseignes physiques et de commerces locaux partenaires et de se faire livrer le jour-même par la flotte de coursiers que Google est en train de mettre en place. Le groupe investit en marketing pour faire connaître GSX, dans son parc de véhicules de livraison, ainsi que dans le réseau de préparateurs et de conducteurs qui rassemblent les commandes en boutique et les livrent chez les acheteurs. Et Google compte bien maintenir l'effort dans la durée.

Mais le premier à avoir défriché ce terrain est eBay, dont la plateforme web et mobile eBay Now permet de se faire livrer le jour-même des articles achetés auprès d'un point de vente physique. Lancé en 2012 à San Francisco suite à l'acquisition de Milo, le service projetait lui aussi de s'étendre à un nombre croissant de villes américaines. Toutefois, la société semble avoir revu ses plans puisqu'elle ne prévoit plus d'attaquer de nouveaux marchés et a même discrètement licencié ses coursiers pour transférer les livraisons à des transporteurs tiers. eBay n'a sans doute pas renoncé pour autant mais plutôt changé son fusil d'épaule, comme le montrent deux initiatives récentes menées au Royaume-Uni : l'acquisition en octobre 2013 de Shutl - marketplace mettant en relation les marchands avec des coursiers et sociétés de livraison - et le déploiement à 650 magasins Argos de son service de click&collect, dont bénéficieront 65 000 vendeurs britanniques d'ici fin 2014.

Google / EBay