La livraison n'est qu'à l'aube de la révolution du dernier kilomètre L'économie collaborative au service de la livraison

Les consommateurs se montrent de plus en plus exigeants vis-à-vis de la rapidité, de la praticité et du prix des options de livraison que leur proposent les sites marchands. C'est ce qui, en France, a poussé quantité d'enseignes à déployer du click&collect l'an dernier, permettant à leurs cyberclients de récupérer leur commande rapidement et le plus souvent gratuitement. Mais cette option, surtout utile pour les distributeurs disposant d'un réseau conséquent de points de vente, ne suffit évidemment pas non plus à couvrir tous les besoins des consommateurs. C'est là qu'interviennent les nombreux services de livraison qui ont fleuri ces derniers mois ou se préparent à débarquer dans l'Hexagone, à l'initiative de start-up, de retailers, de géants du Web et même d'acteurs que l'on n'aurait jamais imaginé sur ce créneau.

Commençons par les start-up. TokTokTok confie à des "runners" le soin d'aller acheter le produit en magasin puis de le livrer en mains propres aux acheteurs, chez eux, au bureau ou dans un parc. Couvrant Paris et la petite couronne en moins d'une heure, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, la société revendique un réseau de 150 partenaires, parmi lesquels la Fnac, Darty, Monoprix, Nocibé, Yves Rocher, les Galeries Lafayette, Etam, Bricorama, Leroy Merlin, mais aussi des pharmacies ouvertes la nuit, des pâtisseries, fleuristes et restaurants. TokTokTok, qui a levé 2,5 millions d'euros en décembre 2013 pour attaquer les grandes capitales d'Europe, prévoit d'atteindre 15 millions d'euros de volume d'affaires en 2015.

TokTokTok, Instacart, TaskRabbit, Lyft, Uber... Les approches ne manquent pas.

Aux Etats-Unis, Instacart s'est lancé sur une idée proche : proposer à des particuliers de parcourir les supermarchés et épiceries sélectionnées pour faire les courses de cyberacheteurs qu'ils sont ensuite priés de livrer dans l'heure, moyennant une rémunération de 3,99 dollars. Les utilisateurs ont aussi la possibilité de s'abonner pour 99 dollars par an. Présent dans 10 grandes villes américaines et bientôt 7 de plus, la société a levé 44 millions de dollars en juin. Si Instacart se focalise sur les courses alimentaires et se pose en sérieux concurrent d'AmazonFresh, FreshDirect et Peapod, d'autres services d'inspiration similaire permettent de faire appel à la foule pour lui confier achats et livraison. C'est le cas de la plateforme américaine TaskRabbit, sur laquelle des particuliers se rendent de menus services – shopping inclus - moyennant rémunération. Et de sa déclinaison française Stootie.

L'arrivée de l'économie collaborative dans le dernier kilomètre de la livraison se fait aussi par d'autres biais. En France, plusieurs start-up s'essaient déjà à ce covoiturage de colis, comme Colis-voiturage.fr. Quant à Lyft et Uber, les deux principales applications américaines de recherche de chauffeur pour un trajet court, leurs récentes évolutions ouvrent la porte à ce type de relais de croissance. Pour Lyft, qui fait appel à des conducteurs particuliers,  transporter des colis plutôt que des personnes apparaît comme une prochaine étape accessible très facilement. Quant à Uber, qui vient de lancer à Manhattan une flotte de coursiers BtoB, la transposition de ce service UberRush au BtoC ne semble pas compliquée non plus. Et la société faisant aussi appel à des particuliers pour son service UberX, une version collaborative du service est également très envisageable.

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