Packcity VS Abricolis : qui gagnera la bataille des consignes e-commerce ? De lourds investissements sont nécessaires

Le volume des colis reçus constituera logiquement l'une des principales clés de réussite des deux réseaux de consignes automatisées, qui consentent de lourds investissements pour couvrir le territoire français de leurs machines. Celles-ci sont de qualité et de facilité d'usage équivalentes (l'acheteur reçoit un code par SMS ou un QR code sur son smartphone, avec lequel il déclenche l'ouverture de son casier), modulables et de volumétries semblables (une cinquantaine de casiers de plusieurs tailles). Si elles ne semblent donc pas constituer un élément de différenciation entre Abricolis et Packcity, elles ne sont pas bon marché pour autant. "Constituer un réseau de 3000 unités représentera un investissement conjoint de 50 millions d'euros de Neopost et Geopost", précise François Castano. Soit 17 000 euros par consigne, qui incluent également la partie logicielle et les ressources humaines. "La machine en elle-même n'est pas très compliquée, mais elle s'accompagne de nombreuses questions d'appétence client, de choix de l'emplacement, de services qu'on lui ajoute... Se lancer dans cette activité est complexe, met-il en garde. D'où l'intérêt que chaque partenaire apporte quelque chose."

olivier binet, dg france d'inpost
Olivier Binet, DG France d'InPost © S. de P. InPost

Chez InPost, Olivier Binet confirme que cette activité nécessite un vrai savoir-faire et que les machines sont très onéreuses : "Puisqu'il en faut plus de 2000 pour couvrir le territoire français, l'investissement se chiffre en dizaines de millions d'euros." Et de mettre en avant la solidité de la maison-mère polonaise, cotée à la bourse de Varsovie et dont la capitalisation approche les 400 millions d'euros. "InPost affiche un chiffre d'affaires d'une cinquantaine de millions d'euros et lève des fonds pour financer son expansion dans de nouveaux pays", ajoute-t-il.

Un nouveau venu dans les consignes : Pickup

Cette barrière à l'entrée élevée devrait donc prémunir les deux réseaux contre l'arrivée de trop nombreux concurrents, se rassurent-ils. La Poste a d'ailleurs décidé de ne plus investir dans ses Cityssimo, qui disparaîtront sans doute peu à peu : onvoit mal l'intérêt pour Geopost de maintenir deux réseaux de consignes.

A l'inverse de Cityssimo, Abricolis et Packcity déploient leurs casiers dans des lieux privés auxquels ils apportent du trafic. "Les modèles varient d'un pays à l'autre, mais cet échange donnant-donnant nous permet de ne payer qu'un loyer dérisoire, voire nul comme en Pologne", précise Olivier Binet. Comment les réseaux de consigne gagnent-ils de l'argent ? Neopost ID fait lui-même payer un loyer aux sociétés de livraison qui utilisent les casiers Packcity : Geopost et Relais Colis. Pour sa part, InPost demande une somme fixe pour chaque colis traité, dont le montant est fonction du volume de colis confiés à l'année. Un modèle qu'il appliquera aussi bien à ses clients e-commerçants (dont le transporteur sera alors prestataire d'Abricolis, rémunéré par Abricolis) qu'à ses clients transporteurs louant ses casiers à l'utilisation.

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