Quel avenir pour la délégation e-commerce ? La statégie : diversifier ses services

Par ailleurs, un certain nombre de sociétés de délégation e-commerce ont décidé de proposer, outre de l'e-commerce full service - c'est-à-dire en délégation totale -, des prestations à la carte. Les marques peuvent alors piocher dans ce catalogue les savoir-faire dont elles ont besoin. "Le full service nous a fait passer à côté d'opportunités, constate Christophe Davy. Par exemple, certaines marques ont besoin d'une délégation totale dans un pays et partielle dans un autre." Depuis que Brand Online Commerce a commencé, en 2011, à offrir certains services e-commerce sous forme de modules indépendants, quasiment tous ses clients panachent maintenant les deux possibilités, ce qui a beaucoup stimulé son développement commercial. "Nous demeurons un délégateur full service bien plus qu'à la carte, mais cette deuxième option nous permet souvent de mettre un pied dans la porte", se félicite le dirigeant.

Morceler ses activités pour séduire le plus grand nombre

eMerchant, qui suit une logique similaire, a mis en place une business unit qui tient le rôle d'agence digitale. Celle-ci peut partager son expertise sur tous les aspects d'un site marchand, gérer leur SEO, réaliser des prestations d'AB testing, apporter des conseils pour améliorer leur conversion... "Nous développons aussi des applications comparables à des solutions stand-alone du marché, comme Workit, Lengow ou Mirakl, indique Tristan Balozian. Outils qui en outre communiquent entre eux et présentent l'avantage d'être imbriqués dans notre plateforme." Autant de prestations allant bien au-delà de sa plateforme technique, qui permettent en particulier à eMerchant de se construire une légitimité dans le secteur textile.

Mais eMerchant travaille également sur sa plateforme technique afin de la rendre plus flexible. "Nous voulons pouvoir proposer ce noyau dur sans en être forcément nous-mêmes l'intégrateur. Et faire en sorte que les clients puissent bénéficier d'une plateforme très complète avec un maximum d'ergonomie, personnaliser facilement les frontaux Web, utiliser un back-office robuste permettant des gains de productivité en matière de gestion des clients et des commandes..." Cette brique, concurrente par exemple d'un Demandware, permettrait également à eMerchant d'accélérer le set-up de ses clients et de simplifier leur interfaçage.

Baobaz cible aussi les PME

D'autres acteurs vont encore plus loin. Ainsi, Baobaz cherche à séduire les PME réalisant moins de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires, via une offre clé-en-main et personnalisable en SaaS. A des frais de set-up s'ajoutent un coût de gestion par mois et un coût fixe de 10 euros par commande. Baobaz prend les stocks dans ses entrepôts, se charge de l'animation commerciale et marketing du site, du SAV et de la gestion des retours. Les PME qui acceptent de s'engager sur trois ans peuvent opter pour une offre similaire en leasing, sans frais de mise en place.

Une stratégie qui laisse sceptique ses concurrents, qui préfèrent miser sur des marques plus puissantes. Baobaz explique toutefois que ces "packages" offrent en réalité un service identique à ses concurrents, tout en bénéficiant d'un meilleur niveau d'industrialisation et de compétitivité. Et au total, l'agence compte 13 marques en délégation totale. Tout en réalisant toujours le gros de son chiffre d'affaires sur des prestations d'agence Web pour les marques, prestations sur lesquelles elle s'appuie pour rajouter des services allant éventuellement jusqu'à la délégation. Une approche progressive relativement éloignée, donc, des modèles 100% délégation de ses concurrents.

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