Le cashback, la prochaine lame de fond du e-commerce ? Le marché commence à décoller

Chez iGraal, Christian Goaziou confirme que si l'idée du cashback n'a pas pris jusqu'en 2007, occasionnant des débuts difficiles à son service, la croissance de son activité a atteint 500 % en 2008. "Au début, seuls eBuyClub et Cashstore étaient présents sur le marché, il nous a donc fallu faire beaucoup d'efforts d'explications. Notamment parce que si chez les anglophones le mot cashback veut dire quelque chose de très clair, ce n'est pas le cas en France. Pourtant, les Français sont de grands adeptes de la carte de fidélité, dans la grande distribution ou ailleurs. Nous avons donc travaillé sur ce parallèle avec la réduction géante qu'est le cashback. Maintenant, nous comptons sur le bouche à oreille pour soutenir la démocratisation de ce type de service." D'où, en particulier, la mise en place de généreux programmes de parrainage, comme celui offrant au parrain 10% du cashback de son filleul, pris sur la part d'iGraal.

 

Fabuleos veut la même réussite que Quidco

Quant à Fabuleos, on ne s'étonnera pas complètement que Patrick Pedersen se montre satisfait du démarrage du service. "Son fonctionnement est inspiré du modèle de Quidco, reversements généreux et abonnement -, qui s'est rapidement octroyé 90 % de part de marché au Royaume-Uni." Arrivé alors qu'un certain nombre d'autres services étaient déjà bien établis, Quidco avait immédiatement convertis les adeptes du cashback. "Nous ne nous attendons pas pour autant à une réussite aussi rapide. Le marché britannique était déjà mûr quand Quidco s'est imposé. En France, nous avons plutôt l'ambition de grossir avec le marché."

 

Or l'activité de cashback est un vrai business de volume. "En gagnant 7 euros par an et par personne, notre objectif est d'avoir 2, 3 ou 4 millions de membres", indique Patrick Pedersen. Même son de cloche chez iGraal : "C'est un business rentable seulement si on tient longtemps, car on reverse beaucoup de ce qu'on gagne à l'utilisateur, précise Christian Goaziou. Ce n'est pas un marché facile, mais plutôt un marathon."

 

Pour attirer un nombre suffisant d'acheteurs, les sites de cashback font évoluer leur mode de fonctionnement, essayant de libérer l'utilisateur de diverses contraintes : adresse email dédiée, somme minimale à atteindre avant de pouvoir demander un virement...

 

Le dernier cookie a le dernier mot

Ainsi, bon nombre de sites de cashback placent un cookie sur l'ordinateur de l'utilisateur, qui permettra au marchand d'attribuer l'achat au service de cashback. Mais si l'utilisateur se rend sur un site de cashback, puis sur un autre, avant d'aller passer commande chez un e-commerçant, c'est le cookie du dernier site de cashback visité qui sera pris en compte. Raison pour laquelle les clients doivent se rendre chez les vendeurs en ligne depuis le site de cashback.

 

Comme ceci est perçu comme une des plus fortes contraintes, ces derniers attirent d'abord les clients par des promotions, mais mettent également en place des moteurs de recherche qui font d'eux des portails de shopping. "Nous avons ainsi développé un moteur de recherche de produits multivendeurs : le membre cherche un produit, voit qu'il est disponible chez tel ou tel marchand avec tel cashback, et fait son choix, explique Patrick Pedersen. Le but est de faire de Fabuleos un réflexe, le site où on vient chercher des bons plans."

 

Chaque acteur ne cesse donc de faire évoluer son modèle, tâtonnant pour trouver la recette magique. Ainsi, iGraal s'apprête à ouvrir son service dans un deuxième pays, mais mettra en place un fonctionnement légèrement différent du service français. "Cela dépend des consommateurs, du modèle des concurrents..." 

 

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