Sectoriel des sites de décoration en ligne La consolidation du marché attendra

"Il y a un consensus sur le fait que l'e-commerce de déco va croître fortement en Europe et en France", rappelle Ludovic Pruche. Mais pour le patron de DecoGalerie, le paysage va beaucoup changer dans les années à venir, qu'il s'agisse des acteurs, de l'offre, de l'ergonomie ou encore de la présentation des produits.

 

"La consolidation, qui n'interviendra pas avant deux ans, concernera uniquement les principaux acteurs"

Cerise sur la Déco estime d'ailleurs encore difficile de se projeter : "Chaque mois est différent. Nous nous sentons encore fragiles. Tôt ou tard, il va y avoir des morts dans le e-commerce de déco. Or nous ne nous sentons pas encore tirés d'ennui." Patrick Perrin s'inquiète cependant davantage pour les ribambelles de sites encore plus spécialisés qui, s'ils n'atteignent pas une taille suffisante, ne pourront pas tirer leur épingle du jeu.

 

Cependant, la phase de développement du secteur devrait encore se poursuivre un certain temps avant que n'intervienne une véritable consolidation. "Même s'il y a déjà des acteurs en difficulté, le marché n'est pas encore mature, juge Ludovic Pruche. L'époque actuelle est plutôt celle des nouvelles propositions, des innovations." Chez Made in Design, Catherine Colin partage ce diagnostic : "Il y aura des consolidations, c'est naturel à tout marché. Mais si Made in Design est déjà sur une niche, alors 95 % des acteurs sont sur des niches de niches de niches. Le secteur n'est pas du tout structuré. La consolidation, qui n'interviendra pas avant deux ans, concernera uniquement les principaux acteurs."

 

Ce qui n'empêche pas Delamaison de chercher, à travers sa maison-mère Elbée, à réaliser sans attendre de nouvelles acquisitions. "Nous nous proposons de consolider le secteur. Nous voulons acheter des sites très verticaux, par exemple sur le design ou les luminaires, dotés d'une démarche marketing et stylistique", explique Pierre Trémolières. Selon lui, beaucoup de petits acteurs se lancent avec des compétences métier et ont besoin, pour assurer leur croissance, de s'appuyer sur un groupe qui dispose de la structure industrielle nécessaire pour gérer leur back-office. "Mais ces filiales doivent garder une certaine autonomie pour ne pas perdre leur âme, car c'est cela qui nous intéresse."

 

"Si les vépécistes mettent les moyens, ils augmenteront leurs ventes considérablement"

Le cabinet Forrester estime que le marché de l'équipement de la maison sur le Web devrait atteindre 6,3 milliards d'euros d'ici deux ans. La déco en ligne en représente près de la moitié, évalue Pierre Trémolières. "Ce chiffre inclut aussi toute la VPC, précise-t-il. Or ce n'est pas d'eux que viendra la croissance, mais des pure players." D'autres types de sites marchands tels que Vente Privée ont d'ailleurs déjà commencé à rejoindre le mouvement.

 

Selon le patron de Delamaison, les enseignes brick and mortar se cantonnent aujourd'hui à une stratégie multicanal qui utilise surtout Internet pour ramener le client vers le magasin. "Leur chiffre d'affaires est toujours plus élevé que le nôtre, mais il est désormais comparable. Leur stratégie online est assez balbutiante : ils détiennent déjà le marché dans le monde physique et ne sont pas pressés de révolutionner les équilibres sur lesquels ils sont assis. Mais s'ils mettent les moyens, ils augmenteront leurs ventes considérablement."

 

Les pure players se préparent donc au combat : Delamaison annoncera la semaine prochaine une levée de fonds, Made in Design cherche à conclure un tour de table de 4,5 millions d'euros d'ici la rentrée, Cerise sur la Déco se pose la question et le jeune DecoGalerie, qui a réalisé une augmentation de capital en octobre dernier, compte bien aller frapper à la porte d'investisseurs dès qu'il entrera dans une phase de développement plus agressive.

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