L'ecommerce sur abonnement va bientôt déferler Quid des produits de consommation courante?

Evidemment, l'effet de surprise du cadeau que l'on se fait à soi-même ou le plaisir de la découverte de nouveaux produits peuvent constituer de très bon ressorts pour souscrire à une offre d'e-commerce sur abonnement, si le contenu du coffret se renouvelle suffisamment. Mais bon nombre de biens de consommation courante pourraient très opportunément bénéficier d'un tel mode de distribution, apportant un réel confort au consommateur.


Une start-up fait déjà le lien entre les deux approches : GuyHaus. Le site commercialise des produits d'hygiène pour hommes, du gel douche aux préservatifs en passant par de la mousse à raser, et permet aux abonnés de changer chaque mois leur sélection.


Sauf que les e-commerçants généralistes ne devraient pas avoir de difficulté à s'approprier le créneau. Amazon a ainsi ajouté l'automne dernier sur son site américain un bouton "subscribe and save" ("abonnez-vous et gagnez de l'argent"). Les internautes choisissent produits, quantités et plannings de livraison et reçoivent leur commande tous les mois. En France, le géant de l'e-commerce propose déjà de prendre un "abonnement couches-culottes", tout comme le site spécialisé Natiloo, l'un comme l'autre offrant des réductions pour encourager leurs clients à y souscrire.


Finalement, une majorité de produits de consommation régulière bénéficieraient de ce type de service. "Alice.com fait encore plus fort dans le sens du service aux consommateurs, en vous alertant automatiquement que votre niveau de stocks de tels ou tels 'home essentials' est sans doute descendu à un niveau bas et qu'il va falloir songer à recommander", ajoute Michel de Guilhermier, de l'incubateur de start-up L'Accélérateur. "Pour des produits aussi peu excitants que les 'home essentials' - sopalin, détergents, produits vaisselle...-, ce modèle est vraiment intéressant."


Les cybermarchés, qui sont les premiers à déplorer l'infidélité de leurs clients, devraient également finir par s'y mettre. "J'ai la conviction que l'on va voir le modèle de l'e-commerce sur abonnement s'étendre à un nombre croissant de secteurs d'activité et ceci jusqu'aux produits de consommation courante, affirme Hortense Blondel, DG France de Stylistpick. Si j'étais Carrefour, je le ferais !"


Plus largement, de nombreux distributeurs surveillent déjà le créneau. Plusieurs sites de ventes privées confient l'examiner de près. Et quel sera l'intérêt des Birchbox et autres JolieBox si Sephora lance un service d'abonnement ? Ces start-up très spécialisées constituent donc aussi des cibles d'acquisitions tout-à-fait plausibles pour les e-commerçants plus traditionnels, à commencer par Amazon sur le marché américain.


Au bout du compte, ce contrat passé entre clients et marchands, qui apporterait aux uns qualité des produits, qualité du service et confort d'achat, en échange d'un chiffre d'affaires récurrent pour les autres, fait effectivement figure de deal "gagnant-gagnant". Pas de quoi non plus révolutionner totalement l'e-commerce, tempère Michel de Guilhermier : "Ce modèle s'adresse juste à une certaine frange et s'applique à certains types de produits. Intuitivement, je dirais que 10% des produits pourraient s'acheter de la sorte." Ce qui, sur un marché du retail se chiffrant en centaines de milliards d'euros, laisse à l'e-commerce sur abonnement une sacrée belle marge de progression.

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