Ventes privées : pas de salut pour les outsiders ? Vers une concentration du secteur ?

Un certain nombre de sites de ventes privées s'affaiblissent peu à peu et s'apprêtent à sortir du paysage, si ce n'est déjà fait. La Redoute, qui avait racheté RushCollection en 2001, a ainsi décidé de mettre fin à ses activités à la fin de l'année dernière. Son chiffre d'affaires ne cessait en effet de baisser depuis 2005, passant de 2,4 millions d'euros à 1,9 millions d'euros en 2007. Le vépéciste a finalement revendu le site à Private Outlet il y a quelques jours.

 

Gerzane, maison-père du site de ventes flash Tooluxe, qui n'attirait plus que 283 000 visiteurs uniques en décembre, a été placée en redressement judiciaire le 8 janvier. Le site de ventes privées de TF1, SurInvitation, enregistre toujours une audience de 503 000 visiteurs uniques mais serait, d'après Jacques-Antoine Granjon, "également en train de s'arrêter". "Espace Max, qui fonctionnait bien lorsque Catherine Max était là pour s'occuper des relations avec les marques, note Patrick Robin, a beaucoup perdu avec son départ". Julien Vautel, pour sa part, s'interroge beaucoup sur la pérennité de Chic Dressing, Espace VIP, Le vestiaire ou encore L'instant day.

 

"Nos bases sont en moyenne identiques à 60 %" Patrick Robin, 24h00.fr

Autant de proies faciles pour qui voudrait procéder à des acquisitions dans le secteur. C'est ainsi que Private Outlet a pu mettre à profit sa levée de 7,3 millions d'euros opérée en septembre 2008 pour s'approprier les 850 000 membres de RushCollection. "En revanche, nous ne développerons pas la marque RushCollection, elle sera complètement réintégrée à Private Outlet", explique Cyril Andrino. Moyennant dédoublonnage des bases, les membres ainsi récupérés viennent s'ajouter aux 2,3 millions d'inscrits dont dispose déjà Private Outlet dans les cinq pays où il est implanté. Ravi de l'opération, Cyril Andrino se dit même à la recherche de nouvelles acquisitions.

 

Sauf qu'aux dires des autres principaux acteurs, il est loin d'être intéressant de réaliser une acquisition dans le secteur. "Ces sites vendraient beaucoup trop cher leurs bases de données. Si l'on considère la base de RushCollection, dont seuls 350 000 à 400 000 contacts sont valides, le coût d'achat revenait à 1,5 euro le membre, alors que nous savons les recruter pour 0,50 euro. De tels tarifs ne sont intéressant que pour ceux qui ont besoin de faire grossir leurs bases rapidement."

 

"Les acquisitions n'ont aucun intérêt" Jacques-Antoine Granjon, Vente Privée

Plus important, le dédoublonnage des bases opéré au moment de leur fusion peut très bien aboutir à d'importantes déceptions. "Dans notre secteur, un plus un ne font que un et demi, explique Patrick Robin. Imaginons une fusion des bases de BazarChic et d'Espace Max. Elle n'attirerait pas du tout le nombre cumulé des membres, mais laisserait au contraire plus de place à un troisième acteur. Nous avons tous un segment commun de 1 à 1,5 million de membres. Nos bases sont donc en moyenne identiques à 60 %." Raison pour laquelle le PDG de 24h00.fr juge qu'il n'y aura pas de consolidation du marché.

 

Jacques-Antoine Granjon abonde dans son sens : "Les acquisitions n'ont aucun intérêt. Les seuls actifs d'un site de ventes événementielles sont ses commerciaux - or s'ils ont senti les problèmes, ils m'ont déjà envoyé leur CV - et la base de membres. Or avec nos 6 millions d'inscrits, nous pensons que quasiment tous ceux des autres sites sont déjà chez nous."

 

Et si 24h00.fr n'exclut pas de réaliser des acquisitions en 2009, Patrick Robin cible plutôt les sociétés de CRM, d'e-marketing ou encore de conseil, ces activités étant d'après lui plus à même de renforcer véritablement ses activités.

Ventes événementielles