L'e-commerce est-il rentable ? A la recherche de synergies

Un nouveau genre de démarche voit actuellement le jour : celui du site marchand vitrine. Ainsi, Christian Pimont, président de Celio International, voit d'abord son e-boutique comme "une vitrine pour les consommateurs qui désormais effectuent souvent sur Internet une présélection des produits qu'ils achètent ensuite en magasin".

 

Ce n'était pas forcément le cas il y a encore deux ans, mais aujourd'hui les retailers semblent avoir plus à perdre à ne pas être sur Internet. Cela se vérifie par exemple dans l'attente considérable de la clientèle pour les boutiques en ligne des enseignes d'habillement comme Zara. C'est ainsi aussi que Celio, sans réaliser trop d'investissements, a pu immédiatement se tailler une très belle audience : 500 000 visiteurs uniques en janvier 2010, deux mois seulement après son arrivée sur le Web marchand.

 

Côté grande distribution, Jean-Emile Rosenblum remarque qu'Internet ne met pas en danger les retailers sur l'alimentaire. "Le Web les met en danger sur des segments tels que l'électronique, mais ils ne gagnaient pas d'argent dessus de toutes façons." Raison pour laquelle certains ont commencé à sortir le brun et le blanc de leurs rayons, à l'instar de plusieurs magasins Leclerc. Casino teste manifestement la même idée, en installant des bornes Cdiscount dans ses grandes surfaces afin d'élargir leur offre sur ces segments de marché. Le PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, estimait lors de la présentation de ses derniers résultats financiers : "Il y a quelques catégories comme le gros électroménager sur lesquelles, sur une longue période, il y aura un glissement au détriment des hypermarchés", qui ne peuvent avoir en stock qu'un nombre très réduit de références.

 

Pas de quoi effrayer les actuels leaders du Web marchand français. Certes, le patron de Pixmania estime que les grandes enseignes de distribution seront inévitablement dans le paysage dans 10 ans. "Mais elles ont pris beaucoup de retard. C'est notre chance à nous."

 

"Aujourd'hui, je ne vois pas les acteurs traditionnels prendre beaucoup de parts de marché aux pure players", confirme Pierre Kosciusko-Morizet. Les enseignes, d'habillement notamment, vont accélérer le transfert des consommateurs vers Internet mais l'e-commerce ne représente que 5 % du commerce de détail : il est tout petit." Pour le patron de PriceMinister, il ne s'agit donc pas du tout d'un jeu à somme nulle. Lorsque les retailers arrivent sur le Web, ils développent surtout l'e-commerce.

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