L'e-commerce est-il rentable ? La VPC : un paysage bouleversé

Les divers plans sociaux en cours en attestent : le développement d'Internet a eu des conséquences désastreuses sur le secteur de la vente par correspondance. Un constat que David Larramendy résume en une phrase : "La VPC a détruit ses marges avec Internet". Le catalogue représente des coûts fixes considérables. Internet représente des coûts supplémentaires : des équipes nouvelles, des budgets supplémentaires de marketing, etc. Et les ventes n'ont pas augmenté, elles se sont - au mieux - transférées sur le Web, où les marges sont inférieures. Il coûte donc plus cher aux vépécistes de vendre autant voire moins qu'auparavant.

 

Le cas de La Redoute est particulièrement représentatif, qui réalisait en 2009 63,2 % de ses ventes sur Internet, au point que son directeur e-commerce Guillaume Darrousez affirme : "Je ne considère plus La Redoute comme un vépéciste". L'année dernière, les ventes Web de l'enseigne ont reculé de 0,5 % (contre une hausse de 30 % en 2008), pour atteindre 735 millions d'euros. Tous canaux confondus, son chiffre d'affaires chute de 13,7 %. "Il s'agit aujourd'hui de mettre les coûts en regard du chiffre d'affaires, affirme Pierre Kosciusko-Morizet. A force de plans sociaux, ils y arriveront."

 

"Dans le textile, le taux de marge est de 50 à 60 % : il y a quand même moyen de s'en sortir, assure cependant Gauthier Picquart. Mais pour l'instant, ils ne sont pas viables économiquement. Ils ne sont pas au cœur de l'offre et des prix. Pendant 2 ans cela va être très dur, ils vont passer par une baisse du chiffre d'affaires, mais ils retrouveront la rentabilité."

 

Fin 2008, La Redoute annonçait la suppression de 672 emplois sur quatre ans et en février 2009, les 3 Suisses lui emboîtaient le pas en annonçant la suppression de 674 postes (soit plus de 20 % des effectifs). Pour sa part, 3 Suisses réalisait en 2009 55,8 % de ses ventes sur Internet. Quelle - La Source avait aussi dépassé la barre des 50 % lorsqu'il a été placé en redressement judiciaire, en juillet 2009. En mars 2010, le groupe 3 Suisses International a racheté au fonds d'investissement allemand Aurelius le fichier, la marque commerciale, les catalogues et les stocks de son concurrent malheureux. La Camif a pour sa part fait l'objet d'une liquidation en mars 2009, avant d'être reprise par Matelsom, Geodis et Téléperformance, tandis que Manutan reprenait Camif Collectivités. Un secteur bouleversé aujourd'hui contraint de faire sa révolution.

Redressement judiciaire / Rentabilité