Ysance, l'IA qui murmure à l'oreille des clients des e-commerçants

Ysance, l'IA qui murmure à l'oreille des clients des e-commerçants La start-up française, soutenue par la famille Mulliez, espère conquérir le marché US avec une techno permettant d'industrialiser la personnalisation de recommandations clients.

C'est un début d'année chargée pour Laurent Letourmy. Il faut dire que le patron d'Ysance, plateforme spécialisée dans la gestion des données, ne ménage pas ses efforts pour faire connaître "Stories", sa technologie d'intelligence artificielle permettant aux e-commerçants d'analyser le parcours de leurs clients et de l'influencer en conséquence.

Il sort tout juste de trois jours "musclés" à Monaco à l'occasion d'E-commerce One-to-One, la grand-messe annuelle du secteur, lorsqu'il répond à nos questions. "J'y ai rencontré une cinquantaine de grands retailers. Tous ceux qui allient points de ventes physiques et site online ont une même préoccupation : la gestion de l'omnicanal", confie-t-il. Un sujet qui, à l'en croire, était également sur toutes les bouches lors d'un autre événement majeur organisé mi-janvier, le NRF Retail's BIG Show, à New York.

Omnical et connaissance client

"Les plus gros retailers font désormais de la connaissance client un enjeu clé. Le sujet n'est pas discuté uniquement par les équipes marketing ou CRM, il intéresse jusqu'aux comités exécutifs." Des interlocuteurs qui sont forcément très réceptifs au discours de Laurent Letourmy lorsqu'il leur explique qu'en faisant le lien entre ticket de caisse en magasin et navigation d'un internaute le retargeting en ligne n'a plus lieu d'être car l'utilisateur est déjà passé en caisse.

"Nous générons en moyenne plus de 10% de chiffre d'affaires supplémentaire par email envoyé. Une personne sur deux passe à l'achat"

La promesse de la start-up aux près de 150 collaborateurs est la suivante : "Nous sommes capables de détecter une intention d'achat grâce au comportement en ligne de l'internaute puis d'évaluer cette intention d'achat grâce à des algorithmes." Sa solution d'intelligence artificielle va alors recommander un message et un canal de communication à privilégier pour toucher cet internaute. Grâce à un partenariat noué récemment avec Vekia, un spécialiste de la supply chain, Ysance va même jusqu'à calquer les recommandations marketing en fonction de l'état des stocks. Qu'il s'agisse d'arrêter de pousser un produit dont les stocks s'amenuisent ou de faire une grosse promotion sur un produit qui a du mal à s'écouler.

"C'est fait de façon complètement industrielle. L'e-commerçant peut effectuer ce travail très minutieux à grande échelle grâce à Stories", précise Laurent Letourmy. "Nous générons en moyenne plus de 10% de chiffre d'affaires supplémentaire par email envoyé. Une personne sur deux ciblées par email passe à l'achat", illustre-t-il, sans communiquer les noms de ses clients. Tout juste précise-t-il qu'ils sont tous français.

Objectif : des tests chez ses premiers clients US avant la fin du second trimestre 2017

Laurent Letourmy à désormais l'Amérique dans son viseur et un atout clé pour y percer : l'introduction récente d'Ysance dans la catégorie "Digital Marketing Hubs" du Gartner Magic Quadrant, une cartographie des acteurs du webmarketing qui fait référence dans le milieu. "Cela vient récompenser quatre ans d'efforts, de développement produit et la création d'un écosystème de partenaires. Cela va maintenant nous ouvrir des portes outre-Atlantique." Les prises de rendez-vous "explosent" depuis l'annonce de l'obtention de ce label de qualité, assure Laurent Letourmy.

Le fondateur d'Ysance espère pouvoir lancer des tests chez ses premiers clients US avant la fin du second trimestre 2017 et assure qu'une nouvelle levée ne sera pas nécessaire pour émerger sur ce marché aussi vaste que concurrentiel. Il peut, il est vrai, s'appuyer sur un partenaire de poids, la famille Mulliez, qui a piloté via sa structure Creadev un investissement de 5 millions d'euros dans la société courant 2016.

Impossible toutefois de savoir si Ysance, qui vend sa techno d'IA à la recommandation ou à un coût fixe par magasin et par mois, est rentable. "Je peux juste vous dire que nous connaissons une croissance du chiffre d'affaires de plusieurs centaines de pour-cent d'une année sur l'autre. Même si ça ne veut pas dire grand-chose", reconnaît Laurent Letourmy.  

Et toujours

Famille Mulliez / Martech