Vincent Luciani, du conseil à l'IA, une ascension fulgurante

Même pas 31 ans et déjà actionnaire de référence d'un groupe de 850 collaborateurs et 40 millions d'euros de marge brute... Le tout nouveau patron de Netbooster France va vite.

C'est le genre de progression fulgurante dont le Web a le secret. À 31 ans, Vincent Luciani va désormais présider au destin de la filiale française de Netbooster, un groupe qui a pesé 40,7 millions d'euros de marge brute en 2016 pour près de 850 personnes réparties dans 25 bureaux et 13 pays. "Je n'ai pas l'impression que cela se soit fait très vite car je suis éternellement pressé", nous confie-t-il à son retour de Corse où il vient de parcourir le GR 20, ce sentier mythique pour randonneurs confirmés qui traverse l'île du nord au sud.

Artefact a à peine deux ans

De l'endurance, il en faudra en effet à ce jeune homme propulsé à la tête de Netbooster France avec ses deux associés, Guillaume de Roquemaurel et Philippe Rolet. Le trio est devenu actionnaire de référence du groupe Netbooster à la suite de la fusion annoncée en juin de cet important groupe de marketing digital avec Artefact, start-up de data marketing qu'ils ont créée en 2015. "Ils cherchaient une double compétence stratégie et data, des dirigeants à intégrer à leur board et une entreprise en forte croissance : nous remplissions ces trois critères", résume-t-il tout simplement.  Tous trois vont accompagner le PDG du groupe Netbooster, François de la Villardière dans cette nouvelle aventure.

Rentable depuis sa création et affichant une croissance annuelle de 200%, Artefact était depuis ses débuts étiquetée comme "la" pépite du martech français. Mais l'ampleur du défi qui se présente désormais à Vincent Luciani est toute autre… Créé il y a 18 ans et coté à la Bourse de Paris, le groupe Netbooster est un véritable mastodonte… pas toujours facile à faire bouger. Pas de quoi impressionner celui qui confie "ne pas supporter la stabilité et avoir besoin de nouveaux défis régulièrement ".

C'est précisément ce qui s'est passé à chaque étape de sa – très jeune – carrière professionnelle. En 2014, après quatre années passées chez McKinsey, un des leaders du conseil aux grandes entreprises, il lance son propre cabinet conseil en digital, Augusta, avec son camarade à Polytechnique, Guillaume de Roquemaurel. Vincent Luciani rappelle avoir eu la "chance de travailler" avec ceux qui ont fondé la practice digitale chez McKinsey.

La fusion avec Netbooster leur permet de s'ouvrir au dernier échelon de la chaîne de valeur data : l'activation média.

À ce moment-là, vers 2009, sur fond de crise et de course à la réduction de coûts, il comprend très vite l'opportunité qu'Internet et le numérique vont représenter pour l'économie mondiale. Grâce au réseau de Vincent Luciani et à l'expertise en machine learning de Guillaume de Roquemaurel, Augusta démarre avec des clients d'envergure tels que Carrefour ou Danone. L'arrivée d'un nouvel associé, Philippe Rolet, PhD en intelligence artificielle, leur permet d'assumer l'année suivante le virage vers une logique plus opérationnelle dans le traitement de la data avec la création d'Artefact. La fusion avec Netbooster leur donne l'opportunité de s'ouvrir au dernier échelon de la chaîne de valeur data : l'activation média.

"Netbooster nous a proposé un deal incroyable. Actionnaires de référence, nous pourrons nous appuyer sur  un ensemble qui nous apportera l'activation omnicanal dans 13 pays. De plus, ils s'engagent à investir 4 millions d'euros dans notre R&D", déclare Vincent Luciani sans masquer son enthousiasme.

Une fusion des équipes à gérer

Cerise sur le gâteau, les équipes seront rassemblées dans les locaux d'Artefact dans le 9e arrondissement de Paris et pourront ainsi profiter de la salle de 200 m² que ce féru de sports a souhaité personnellement faire installer. Père depuis quelques mois, Vincent Luciani devra mener de front ces deux aventures. Il assumera la responsabilité de l'intégration des équipes et pilotera l'évolution vers un nouveau modèle où l'intelligence artificielle servira de fil conducteur vers un service à guichet unique. Et couvrira toute la chaîne de valeur du marketing digital, depuis la donnée jusqu'à la mesure des résultats sur tous les canaux.

Aucun licenciement n'est prévu, bien au contraire. "Nous aborderons une phase de très forte croissance, notre logique sera de recruter de manière régulière", conclut-il.

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