Jeux d'argent : les publicités illégales des opérateurs de paris Une fermeture pas très "maîtrisée" du marché de l'e-pub

eric woerth, ministre du budget, présentait en mars dernier son projet de loi
Eric Woerth, ministre du Budget, présentait en mars dernier son projet de loi sur les paris en ligne, en compagnie de sa collègue de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. © Journal du Net / Benoît Méli

En 2010, le monopole de la Française des Jeux et du PMU sur les jeux d'argent en ligne devrait tomber. C'est ce qu'a promis le ministre du Budget Eric Woerth, en présentant le 5 mars dernier son projet de loi encadrant l'ouverture "maîtrisée" du marché. Ce projet de loi, examiné en juillet par la commission des finances de l'Assemblée nationale, y sera débattu les 7 et 8 octobre prochains. En attendant, le ministre a demandé à plusieurs reprises aux opérateurs de paris en ligne, déjà présents en France par la force des choses mais toujours illégaux, de ne pas faire de publicité

 

Mais pressés de préparer leur arrivée officielle dans l'Hexagone, certains acteurs n'ont pas pu attendre pour faire leur réclame et recruter des joueurs qui misent déjà sur Internet, Obligeant ainsi le ministre à rappeler à l'ordre les plus récalcitrants. Betclic et Unibet se sont par exemple fait taper sur les doigts pour avoir diffusé de la publicité à la radio. Betclic encore s'est vu refuser le droit de sponsoriser le club de football professionnel de Lyon, l'Olympique lyonnais. 

 

un e-mailing envoyé par betclic offre une réduction aux nouveaux parieurs
Un e-mailing envoyé par Betclic offre une réduction aux nouveaux parieurs © DR

Sur Internet, où la publicité n'est qu'à un clic du produit qu'elle vante, les opérateurs de paris s'en donnent pourtant à cœur joie pour promouvoir leurs offres. Depuis le début de l'année, près d'une dizaine d'opérateurs a ainsi diffusé des campagnes de publicité sur plus d'une centaine de sites, dont l'audience grand public vise parfois de jeunes internautes. Moins visibles, les acteurs de ce marché promis à l'ouverture n'hésitent pas à recruter de nouveaux joueurs via des campagnes d'e-mailing

 

Au ministère du Budget, on assure connaître cet état de fait et l'on se défend de privilégier un canal de diffusion de la publicité. Sans pour autant prévoir de sanctionner les contrevenants. "Le ministre a rappelé à l'ordre deux opérateurs de paris [Ubinet et Betclic, ndlr] qui avaient passé la ligne jaune, explique-t-on au sein du cabinet d'Eric Woerth. Sur Internet, il faut trouver une logique de consensus avec les différents acteurs. On pourrait faire des exemples en tapant sur les doigts de certains opérateurs, mais cela ne servirait qu'à échauffer les esprits. Nous ne voulons pas mettre le feu aux poudres." Le gouvernement craindrait-il de se mettre les opérateurs à dos ? 

Eric Woerth