| INTERVIEW 17/09/2007 Pascal Chevalier (Netbooster) : "D'autres acquisitions sont envisagées d'ici la fin de l'année"
Business Interactif, Nextedia, WCube se sont fait racheter cet été. Netbooster sera-t-elle la prochaine ? Non, d'ailleurs, nous n'avons reçu aucune proposition en ce sens. Je ne dis pas que nous n'intègrerons jamais une grande agence online un jour, mais si nous nous sommes introduits en bourse il y a un an, c'est pour consolider le marché, par pour être consolidés. D'autant plus que nos actionnaires nous soutiennent dans cette stratégie et y voient leur intérêt. Notre titre en bourse a gagné 45 % en un an et la société a affiché une croissance de 167 %, dont 109 % d'organique, sur le premier semestre sur un marché qui croît de 45 %. Comment interprétez-vous ces rachats ? Ils sont naturels, le sens du marché va vers le online. Et beaucoup d'agences, même parmi les plus grosses, ne sont pas présentes sur le secteur, donc elles rachètent des pure-players, car elles ne peuvent développer ce secteur en interne. Il faut dire que le online possède sa propre culture où les attentes des clients sont très différentes. Dans le offline, on parle de branding, de message, on met l'accent sur la créativité. Dans le online, on parle de retour sur investissement et on développe des métriques pour le calculer. Le message n'est pas indispensable, et la création publicitaire est limitée. Au final, un directeur de clientèle d'un grand réseau d'agences ne saurait pas gérer un budget online, et l'inverse est tout aussi vrai. Mais est-il nécessaire pour un pure-player de proposer une offre globale online et offline, et donc, de s'adosser avec une agence traditionnelle ? Non, cette consolidation bénéficie surtout aux agences traditionnelles qui peuvent ainsi capter des budgets qui migrent vers Internet. Finalement, peu d'appels d'offres concernent à la fois des prestations online et offline. Pour caricaturer, je dirais que le offline permet de lancer des produits et le online de faire des ventes. Les attentes sont différentes. Développer le offline pour une agnce Web n'est donc pas indispensable, par contre, il faut être à l'international pour suivre la demande des clients grands comptes. Et c'est notre stratégie. D'où l'ouverture d'une filiale en Asie ? Exactement. Le marché asiatique prend de l'ampleur. Mais comme il est difficile de s'y implanter, nous avons fait le choix de créer une joint-venture avec YelloWasp, une SSII basée dans les philippines de 70 personnes, qui travaille pour des sociétés locales et européennes en offshore. Plusieurs clients nous avaient demandé de les accompagner en Chine et en Corée du Sud. En créant cette structure, nous allons pouvoir proposer nos services à d'autres budgets de notre portefeuille, comme aux clients de YelloWasp. Cette première implantation augure-t-elle d'autres acquisitions dans la zone asiatique ? Non, pas avant 2009. Le marché asiatique est très complexe. Le marché chinois a notamment besoin de structurer financièrement. C'est aujourd'hui très dur d'acheter dans ce pays, car les valorisations varient énormément et les situations comptables des entreprises sont floues. Pour le moment, nous allons nous contenter d'accompagner nos clients là bas.
D'autres acquisitions sont prévues en Europe ? Oui, nous en ferons d'ici la fin de l'année. Peut-être en France, peut-être ailleurs en Europe pour nous renforcer dans un pays dans lequel nous sommes déjà présents. C'est-à-dire en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne ou en Italie. Cela dépendra des opportunités.
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