L'avantage
concurrentiel
Les coûts des technologies ne sont donc pas négligeables, mais c'est "le
prix à payer" pour demeurer concurrentiel. Les technologies permettraient
donc d'être plus concurrentiel ?
Les travaux de Michael Porter 1 sur la stratégie et
l'avantage concurrentiel sont intéressants à ce sujet. Selon lui, la rentabilité
d'une entreprise est déterminée par cinq forces de concurrence : l'entrée
de nouveaux concurrents, la menace de produits de remplacement, le pouvoir
de négociation des clients, le pouvoir de négociation des fournisseurs et
la rivalité entre les concurrents existants. Chacune de ces forces pouvant
être modifiée par l'entreprise grâce, notamment, aux technologies. L'extension
ou la modification du champ concurrentiel grâce à l'internet place la TPE
sur le même plan que la multinationale, le web peut être utilisé comme
outil de veille permettant l'anticipation de nouveaux produits ou services,
la comparaison de prix est facilitée pour le client et la négociation s'en
trouve donc changée, le web permet de trouver de nouveaux fournisseurs et
de comparer les offres des fournisseurs plus aisément, etc.
De même, d'autres travaux comme ceux de Mary Cronin 2,
parmi les premières à essayer de lier stratégie d'entreprise et internet,
mettent en exergue quatre points : l'internet permet de joindre des communautés
d'utilisateurs sans autre moyen qu'un terminal informatique, il transforme
les services de recherche & développement, il facilite les contacts
avec les consommateurs, il crée de nouvelles opportunités d'activités.
Bref, si tout est modifié, nous en avons longuement parlé précédemment,
rien ne "prouve" que tout est plus "rentable". La seule certitude est
que tout est différent et que nous n'avons pas la possibilité de "faire comme
avant". En avant donc…
Maîtriser
les coûts
[...]
Selon le cas, et en étant à peine caricaturale, le coût global d'une
toile d'entreprise se situe entre presque zéro et des dizaines, voire des
centaines de milliers d'euros.
» L'option "presque zéro à quelques
milliers d'euros" est celle de dirigeants de TPE qui prennent en main
eux-mêmes la conception et la rédaction de leur site web en utilisant un
logiciel Open source (sans licence à payer donc). Nous en avons rencontré
plusieurs dans le cours de notre enquête. Leur seule dépense est l'hébergement
qu'ils peuvent trouver à partir de 1.000 euros l'an. Même le graphisme peut
être un coût nul dans la mesure où certains sites se passent aujourd'hui
d'infographie (un logiciel comme Plone propose un graphisme standard).
» L'option "plusieurs dizaines à centaines
de milliers d'euros" est celle d'organisations qui s'engagent dans la réalisation
d'un site internet compliqué, voire très compliqué, le plus souvent avec
un fournisseur externe qui adapte aux besoins un logiciel qu'il a lui-même
conçu. Plus les adaptations et ajout au logiciel de base sont nombreux, plus
la note s'envole, naturellement. Trois volets dans cette formule :
l'achat d'une licence d'utilisation (une mise ponctuelle de minimum
10.000 euros en général + un abonnement annuel), des frais de prestation
pour l'adaptation du logiciel (le coût de mise en place d'un outil peut
s'élever à 80% du coût de la technologie tandis que l'outil lui-même ne coûtera
que 20% du budget total du système) et des "tickets" qui correspondent
à du temps de conseil ou d'aide technique après la mise en place. Si
votre investissement passe par une société externe classique, comptez minimum
un budget de 15 à 20.000 euros HTVA pour la réalisation (uniquement) du site
internet.
Entre ces deux extrêmes, toutes les formules budgétaires, comme toutes
les formules de web, sont possibles.
1 L'Avantage concurrentiel, Michael Porter, InterEditions,
1986, cité dans le livre "Internet et l'entreprise", op.cit.
2 "Doing business on the Internet", Mary Cronin, Van Nostrand Reinhold, 1994.
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