Il faut rouvrir le débat autour de la vidéo à la demande

Oublions les a priori du passé ! La VOD ne menace pas le cinéma ; bien au contraire, elle constitue souvent une nouvelle opportunité pour un film et lui apporte un second souffle après sa sortie officielle

A quelques jours de l'ouverture du Festival de Cannes, n'est-il pas meilleur moment pour rouvrir le débat autour de la vidéo à la demande ?

 

La VOD, un phénomène en plein essor

La France, championne du haut débit est l'un des premiers pays au monde en matière de télévision sur ADSL. Le nombre d'abonnés à la télévision sur ADSL a doublé en un an pour atteindre les 2.6 Millions fin 2006. Selon une étude du cabinet NPA, en l'espace de 6 mois, les Français ont été 2 fois plus nombreux à s'approprier ce nouveau mode de consommation des contenus audiovisuels qu'est la VOD. 25% des abonnés Club-Internet à l'offre de triple play élaborée en partenariat avec Microsoft TV ont acheté une VOD.

Plus récemment, le lancement d'une offre de Catch-Up TV, qui permet de consommer des programmes en VOD tout juste diffusés à l'antenne, a permis d'élargir massivement la base d'utilisateurs. D'après une étude IPSOS, 75% de nos abonnés citent l'accès à un service de VOD comme l'un des apports essentiels des offres de télévision sur ADSL à côté des services innovants tels l'enregistreur numérique ou le guide des programmes interactif.

 

Un accord en stand by


Courant 2004, les fournisseurs d'accès à Internet avertissaient l'industrie du cinéma de l'arrivée des premières offres haut débit à 8 Mb et les exhortaient à développer des offres légales de qualité, pour éviter de rater le train de l'Internet rapide comme avait pu le faire la musique.


Trois ans plus tard, à l'heure ou les premières offres très haut débit font leur apparition avec du 100 Mb, il est regrettable de constater que l'accord interprofessionnel sur le cinéma à la demande qui a pris fin en décembre 2005 n'a pu être pour l'heure renouvelé. Ainsi, malgré de multiples rencontres et alertes de la part de l'Association des Fournisseurs d'accès, sur l'urgence à instaurer un cadre légal sur la commercialisation des offres de VOD, force est de déplorer aujourd'hui que ce vide juridique persiste et laisse le champ libre à la généralisation d'offres illicites.


A l'heure où de nombreux services de VOD ont vu le jour au prix de lourds investissements de la part des opérateurs telecom, force est également de constater que si 70% des films sortis en salle se retrouvent disponibles en DVD, seulement 25% de ces mêmes films se retrouvent en VOD.  Pourquoi ce décalage ? Faute d'offres légales, pourquoi laisser les pratiques illégales s'installer et les mauvaises habitudes se prendre ?

 

Un enjeu commun au monde du cinéma et à celui de l'internet


Pourtant, fournisseurs d'accès et de services Internet et monde du cinéma partagent un horizon commun: les fournisseurs d'accès et les opérateurs sont des distributeurs de produits culturels, d'où l'urgence du renouvellement de l'accord entre nos industries pour mettre en place une offre de VOD réellement attractive pour le consommateur.

Je fais bien entendu référence aux prix, à la mise en place d'une politique d'animation promotionnelle, à la diversité et à la largesse du catalogue (car la distribution par Internet présente l'avantage de n'avoir aucun problème de place physique en rayon) et surtout, à la présence de nouveautés. La première demande du consommateur porte en effet sur la possibilité de visionner des films récents, d'où le besoin de donner à la VOD la même fenêtre que celle du vidéo club, soit 6 mois après sa sortie en salle.


Oublions les a priori du passé ! La VOD ne menace pas le cinéma ; bien au contraire, elle constitue souvent une nouvelle opportunité pour un film et lui apporte un second souffle après sa sortie officielle. De l'aveu-même des consommateurs, la VOD est considérée comme le "vidéo-club du futur" !

 

D'ici quelques jours, de nouveaux Ministres de la Culture et de l'Industrie prendront leurs fonctions et seront investis de ce dossier; j'appelle de tous mes voeux à ce que ces futurs Ministres s'investissent aux côtés de la filière dans ce projet, afin d'aboutir au plus vite à un accord indispensable tant pour les ayants droits que pour les consommateurs.

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