Les nouvelles tendances des réseaux sociaux

Après une décennie de déploiement, les réseaux sociaux sont en quête de nouveaux usages, de nouveaux débouchés à la fois virtuels, mais aussi et surtout réels. Quelles sont les tendances, les nouveaux entrants, les stars possibles de demain ?

Qui n’a pas déjà vu l’incitation à devenir fan sur Facebook pour une marque, à réagir sur Twitter à un débat télé, à participer à un concours photos sur Instragram ? On le constate, les réseaux sociaux ont, depuis quelques mois, une lourde tendance à investir les autres médias mais aussi, par ce biais, à démocratiser encore plus, leur légitimité et par ricochets leurs usages. L’aspect purement virtuel des réseaux est en passe d’être considéré comme une simple composante de leur fonctionnement.

Des nombreux réseaux sociaux spécialisés se sont développés depuis, soit en s’appuyant sur Facebook, soit de manière totalement indépendante. Des réseaux thématiques sur l’appartenance à un groupe, sur des choix de vie, mais aussi sur les loisirs, le divertissement. Un mix entres échanges, cooptations, relations humaines et informations commerciales ou non, locales ou nationales s’établit sur ces nouveaux réseaux parfois sociologiques.

Assez logiquement, plus il est grand, plus le réseau social, surtout en réponse à l’attente de ses utilisateurs, doit être local, les PagesJaunes, avec leur nouvelle mouture, en est l’un des exemples francophones avec une tendance locale assumée, bien que peu sociale encore. La virtualité atteint une limite et l’usage des réseaux se veut, dorénavant, aussi pratique, proche de soi, de ses intérêts et doit pouvoir répondre à ses attentes personnelles. TripAdvisor, aussi, qui d’un « simple » système de recommandations et de notations communique beaucoup sur cela depuis juin en devenant un comparateur social de « services ».

Les objets connectés accentuent encore cet usage social.

« J’ai fait 4,2 km en 11 :25 à Malakoff ». Qui n’a pas déjà vu cela sur son mur Facebook de la part de l’un de ses amis ? C’est une démonstration très concret du transfert des défis (type Candy Crush) du purement virtuel au réel. Les objets connectés sportifs en cela, ainsi que les GPS ont été précurseurs. Quoi de mieux que de partager ses exploits auprès de ces connaissances et de se comparer ? Les bracelets « santé » mais aussi l’arrivée des montres connectées, de la fameux Apple Watch vont encore accentuer cette lourde tendance. 

Mais les objets connectés sont désormais présents dans une large gamme d’usage allant de la santé à la domotique, en passant par la mode, les loisirs, la cuisine et même le jardinage. Le nombre d’objets connectés est estimé à plusieurs milliards en 2020, la marge de progression est donc vertigineuse. Le nombre d’achats est en évolution positive depuis 2014, les grands distributeurs ainsi qu’une nouvelle chaine de magasins spécialisés Lick connaissent des taux de croissance à faire pâlir la distribution traditionnelle.

Amazon a sorti les objets connectés pour commander directement un produit, Evian avec son SmartDrop permet de se faire livrer facilement des packs d’eau, Darty avec son « Bouton » d’être contacté par le service client. La SNCF, en gare avec ses bornes de satisfaction ou de consultation (certes il ne s’agit pas à proprement parler d’objets connectés mais de prendre en compte l’avis de leurs « usagers »). Toutes ces initiatives, dont beaucoup de françaises, grâce à la mouvance French Tech, font entrer le « tout-connecté » dans une relation avec les entreprises, mais aussi entres les êtres humains et les « machines ». Il faut souligner le courage de ces expérimentations, qui à défaut d’être significativement rentables, sont au commerce connecté, ce que le bipeur TamTam en 1995 (sans oublier BiBop dans les années 1992 à 1997, l’ancien millénaire, oui !) a été à la téléphonie mobile.

Les réseaux sociaux l’ont bien compris, les utilisateurs aussi, et au travers des applications, la communication des objets prend tout son sens. Les objets sont désormais connectés entres eux, tout comme les êtres humains avec les réseaux sociaux depuis quelques années. L’étape qui se présente désormais est la connexion des objets, des êtres humains et des échanges entres toutes ces entités réelles et virtuelles.

D’autres technologies permettent d’affiner encore plus cette relation entre le virtuel et le réel, tel le NFC, les QR codes, le Beacon. Ces technologies permettent de localiser les utilisateurs, les clients et de constituer des méga bases d’informations comportementales, des « Big Datas » mais aussi de répondre encore plus finement, de fait, aux utilisateurs. Des applications utilisent déjà depuis début 2015, ces technologies de manière simple ou combinée tel que Mobiletag, Flashcode ou L’équipe dans les médias sportifs.

Le futur des réseaux sociaux : Un savant mélange entre virtuel, objets connectés et échanges humains.

La tendance perçue est clairement tournée vers ce melting-pot où chaque composante prendra une place pour simplifier et fluidifier les échanges. La balance connectée se chargera des données « santé », la montre des activités sportives, la marque du ravitaillement sans contrainte, le tout géré par l’intermédiaire d’un réseau social, l’un de ceux déjà existant, ou un plus spécifique, associé à un nouveau modèle économique. Le tout sur du multi-support, PC, tablette, smartphone, objet, TV, etc.. Il est à parier que le contrôle de ces données, de ces réseaux sociaux sera le nerf de la guerre qui a déjà commencée pour le GAFA* et autres consorts mais qui laisse la place aux start-ups malines, innovantes et qu’un rapprochement entre hard, soft et social est inéluctable.

 *GAFA : Rassemble les 4 mastodontes de web mondial à savoir Google, Apple, Facebook et Amazon.  

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