Réseaux sociaux : unis pour la sécurité citoyenne

En situation de crise, les réseaux sociaux deviennent, malgré eux, un moyen de communiquer. Ces messages sont pourtant des bouteilles à la mer dans un flot ininterrompu d’informations. Difficile de détecter les messages mentionnant un accident grave, demandant de l’aide ou informant d’un danger potentiel.

Face à l’augmentation des catastrophes naturelles, au creusement des inégalités sociales, au déplacement des populations, au repli sur soi et à l’insécurité galopante,  préserver l’intégrité des citoyens est compliqué et relève même de la prouesse. Les contraintes budgétaires et l’évolution des risques mettent à mal les ambitions les plus déterminées en matière de sûreté. La situation économique est fragilisée lorsque l’être humain ne se sent pas en sécurité. L’économie faiblit puis engendre elle même de la détresse et de l’insécurité et ainsi de suite. Comment sortir de cette impasse ?

Les acteurs de la sécurité civile, les secours, les professionnels de santé, les forces de l’ordre, mais aussi les nombreux bénévoles font preuve d’une énergie et d’un engagement sans fin. Ils améliorent, optimisent ou inventent chaque jour de nouvelles techniques de veille et d’intervention. Le système est surcontraint et, pourtant, il leur faut trouver des solutions pour gérer toutes ces urgences.

A côté de cela, on identifie encore quelques anachronismes comme le réseau des sirènes d’alerte. Le système, mis en place durant la seconde guerre mondiale, n’a en effet pas évolué depuis. Il coûte cher et rencontre même des problèmes d’entretien. 78% des Français avouent ne pas savoir quoi faire si l’alerte générale retentit. Elle n’est plus adaptée et les populations attendent davantage des services d’informations officiels lors d’une intempérie majeure ou d’une catastrophe industrielle à proximité.

Ceci est bien normal puisque les citoyens sont par ailleurs hyper connectés. L’économie vit à la vitesse de la fibre optique et les réseaux sociaux concentrent aujourd’hui toute la vie de la cité. En cas d’urgence, et bien qu’il faille téléphoner d’abord au 18 ou au 112, le réflexe est dorénavant de « poster » sur un réseau social afin de témoigner auprès des autres, pour s’inscrire dans la chronologie de l’histoire. C’est aussi et surtout le plus sûr moyen de témoigner au plus grand nombre. Le phénomène prend de l’ampleur et dorénavant l’exploitation des médias sociaux devient un moyen d’action pour qui veut comprendre et gérer les urgences.

L’association VISOV (Volontaires Internationaux en Soutien Opérationnel Virtuel) collecte sur les réseaux sociaux les informations plus pertinentes. Elle les détecte, les vérifie et les cartographie en prenant soin de vérifier les rumeurs. Reconnue par l’Etat, elle aide officiellement les services de la nation en apportant son expertise lors d’évènements graves. Elle a par exemple apporté son aide précieuse en octobre dernier dans la gestion des intempéries dans les Alpes - Maritimes et plus récemment pendant les attentats à Paris. Les MSGU « Médias Sociaux pour la Gestion d’Urgence » font dorénavant partie du paysage.

Comment, dès lors, ne pas imaginer que la technologie de l’information pourrait devenir une vraie clef dans la détection et la gestion de l’urgence ? Plusieurs initiatives, en France et à l’étranger, démontrent que la voie est ouverte. Dans le domaine des secours, le SDIS (Service Départemental d’Incendie et de Secours) du Gard sous l’impulsion du Colonel Eric Grohin, a déjà mis en place  une cellule MSGU dédiée pour utiliser les réseaux sociaux afin de communiquer avec la population et gérer des crises. La société Systel conçoit des systèmes d’information innovants pour gérer les données en situation d’urgence et aider à la prise de décision. Dans le domaine des forces de l’ordre, la société PredPol a quant à elle mis au point un algorithme efficace pour prévenir le crime et optimiser les patrouilles policières. Le système est déjà testé dans plusieurs grandes métropoles.

Il ne manque finalement qu’un réseau permettant aux citoyens de s’informer les uns les autres, de s’entraider et de s’organiser avant l’intervention des secours. Ces derniers mettent en moyenne 7 à 8 minutes pour intervenir. Pendant ces longues minutes parfois vitales, seuls les citoyens à proximité peuvent apporter une aide psychologique ou médicale s’ils sont formés aux gestes de premiers secours. A la lumière des catastrophes récentes, nous en prenons la mesure, une information donnée à temps peut sauver des vies. Qu’il s’agisse de la disparition d’un enfant, d’un départ de feu ou d’un attentat, chaque minute compte pour la victime ou pour les citoyens à proximité. Tous les citoyens sont disposés à aider les autres dans ces situations qui se soldent pourtant par des drames. Les technologies de l’information sont maintenant matures et suffisamment déployées pour apporter des réponses pertinentes pour sauvegarder l’intégrité des individus. Alors pourquoi attendre ? Remplaçons nos vieilles sirènes par une application mobile gratuite et accessible à tous, sans tarder !

Le service de demain se dessine : des citoyens connectés entre eux ainsi qu’aux services de la police et des secours. Le dispositif idéal aurait de nombreux avantages : une meilleure prise en charge, des citoyens mieux informés et la préservation des deniers de l’Etat. Reste cependant à surmonter un problème de taille : l’acceptation sociale de la géo-localisation qui fonde la base d’un tel service. Ce système ne peut se mettre en place et perdurer que si les utilisateurs ont la certitude que leurs données personnelles ne seront pas utilisées à d’autres fins. On le voit donc, le champ des possibles est considérable. Des solutions technologiques existent déjà et devraient se déployer dans les années à venir pour améliorer significativement la sécurité des citoyens.

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