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LA TRIBUNE DE ETIENNE WERY
L'AUTEUR
ETIENNE WERYAssocié, Cabinet Ulys SES ARTICLES
La France transpose la directive SEPA sur les services de paiement
Avec la transposition de la loi SEPA en droit français, le paiement électronique européen devient une réalité dans l'Hexagone. Décryptage de ce qui change.
(05/08/2009)
L'ordonnance n° 2009-866 du 15 juillet 2009 relative aux conditions régissant la fourniture de services de paiement et portant création des établissements de paiement, transpose en droit français la directive dite SEPA créant un marché unique des paiements en euros. Le paiement électronique européen est dorénavant une réalité en France, qui connaît une petite révolution de son paysage des services bancaires et de paiement.
Alors que la libre circulation des personnes et des services au niveau européen, constituent des libertés fondamentales bien connues et effectives (même s'il est vrai que des améliorations sont toujours possibles et souhaitables), la libre circulation des capitaux est une affaire autrement plus délicate. La création en 1992 du Marché Unique, qui a bien réussi aux deux premières libertés, n'a pas été d'un même secours pour la dernière. La création de l'euro a certes permis de faire un pas en avant, mais elle n'a pas tout solutionné. S'il a souffert (et continue de souffrir) des propos démagogiques de certains chefs d'Etat, plus prompts à l'accuser de tous les maux qu'à nettoyer leurs écuries d'Augias, il s'est aussi révélé insuffisant, à lui seul, pour créer un véritable espace unique du paiement. Les pratiques et réflexes nationaux sont très différents d'un Etat à l'autre et ont la vie dure.
De ce constat d'échec est née l'idée d'un véritable espace unique des paiements en euros, appelé SEPA (Single Euro Payment Area). SEPA est à l'euro scriptural ce qu'est SECA (Single Euro Cash Area) à l'euro fiduciaire : la fin d'une époque et le début d'une nouvelle ère. Comme l'explique la FBE (Fédération Bancaire Européenne) : "C'est un espace économique où les citoyens, les entreprises et les autres acteurs économiques pourront effectuer et recevoir des paiements en euro, dans l'Union Européenne élargie, que ce soit à l'intérieur de frontières nationales ou transfrontières, sous les mêmes conditions de base, avec les mêmes droits et obligations, quel que soit leur lieu de résidence. La monnaie unique en est le ferment, la fondation. L'objectif principal pour le citoyen est de rendre les paiements scripturaux intra européens, surtout électroniques, aussi faciles que les paiements fiduciaires".
Une évolution majeure du paysage français
Dès l'instant où une personne morale exerce à titre de profession habituelle au moins une des opérations de banque, elle est qualifiée d'établissement de crédit (art. L. 511-1, CMF). Le fait d'être qualifié d'établissement de crédit entraîne l'obligation d'être agréé par le CECEI (Comité des établissements de crédit et des entreprises d'investissement). Il s'agit d'un agrément préalable (art. L. 511-10, CMF), assorti de peines pénales. En contrepartie de cet agrément, les opérations de banque sont réservées en monopole aux établissements de crédit (art. L. 511-5, CMF).
La situation était intenable au niveau européen car tous les pays n'avaient pas la même définition des opérations de banque. La même activité exercée par un fournisseur de services de paiement peut requérir un agrément d'établissement de crédit dans le pays A, un agrément d'établissement de monnaie électronique dans le pays B, un agrément spécial dans le pays C, et être considérée comme une activité déréglementée dans le pays D. Des pays aussi proches que la France et la Belgique connaissent déjà des divergences fondamentales : l'activité d'un opérateur consistant à offrir un service de paiement sans octroi de prêt et sans réception de fonds est libre en Belgique, mais soumise à l'agrément des établissements de crédit en France !
La situation ne plaisait à pas grand monde, sauf peut-être à quelques banques françaises.
Pareillement, les opérateurs étrangers qui exerçaient librement ce métier dans leur pays d'origine critiquaient la difficulté de percer sur le marché français, qu'ils disaient artificiellement protégé par ces mesures dont ils perçoivent d'autant moins l'utilité qu'elles sont inconnues dans leur pays d'origine, où le contrôle prudentiel était exercé différemment mais pas nécessairement moins efficacement. Pour harmoniser tout cela, la directive SEPA a créé un nouveau cadre juridique pour les "services de paiement". Ceux-ci ne sont :
La directive SEPA 1. Le premier pilier vise la liberté de fournir des services de paiements. L'objectif est l'harmonisation des conditions d'accès au marché, dans le but de créer des conditions de concurrence égales, de stimuler la concurrence sur les marchés nationaux, et de favoriser l'entrée sur le marché d'un nouveau métier : les prestataires de services de paiement (autres que les établissements de crédit).
Les trois chantiers du SEPA Actuellement, le virement standard du SEPA est disponible parallèlement aux instruments nationaux. Le client a donc la possibilité d'utiliser un virement SEPA, aussi bien pour les transactions nationales qu'internationales. Fin 2010 au plus tard, les administrations publiques et les entreprises recourront exclusivement aux virements SEPA.
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La France transpose la directive SEPA sur les services de paiement
(gdm)Votre article est bien fait et instructif. cette directive SEPA est importante pour le commerce.
Vous critiquez les adversaires de l'euro, les traitant de démagogues. La plupart des économistes savent qu'une monnaie unique pour des zones fiscales différentes est nuisible à l'activité économique.
Plusieurs Prix Nobel d'économie ont critiqué l'euro. Les créateurs de l'euro y voyaient une étape politique, mais pas une utilité économique. Un économiste peut valablement être critique sur l'utilité de l'euro. (06/08/2009)