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LA TRIBUNE DE CLEMENT THIBAULT
L'AUTEUR
CLEMENT THIBAULTConsultant, Novedia Consulting Facebook, Facebusiness : quels enjeux et stratégie pour réseaux social ?
Quand on évoque Facebook on est avant tout impressionné par ses statistiques... Mais Facebook suscite aussi la controverse et alimente les rumeurs. Alors, pourquoi Facebook est-il est succès ? Quels enjeux et business se cachent derrière sa réussite ? Quelle stratégie ?
(17/03/2009)
Facebook répond à des besoins quasi "primaires" : la communication interpersonnelle, la séduction, le divertissement. Sa grande force a été de synthétiser des besoins séparés par le passé entre les métiers d'opérateur, de média...en 1 seule plateforme. Facebook est par essence la définition d'un service communautaire : "une plateforme permettant et favorisant les échanges entre des identités virtuelles".
Un dernier double constat pour vous convaincre : une étude récente à démontré que la première source d'information avant un achat reste la recommandation d'un ami ; un récit plus ancien ("Ethique à Nicomaque" d'Aristote) hiérarchisait l'amitié sous trois formes "utile, agréable, vertueuse" avec des comportements et des stratégies adaptés. Ce double constat nous rappelle à quel point Facebook, n'a rien inventé, et c'est bien là sa force, mais a su intégrer de nombreux besoins et moyens d'interaction entre des internautes, pour une fois bien réels et authentiques. Quels enjeux, aujourd'hui pour Facebook ?²Facebook se doit de mener une course folle : acquérir suffisamment d'utilisateurs actifs, pour être définitivement un standard, être "the place to be", sans pour autant devenir un fourre tout faisant fuir les plus fidèles. Mariage délicat, mais virage réussi durant l'été, par exemple, avec le lancement de la nouvelle version qui préserve désormais l'utilisateur des pourtant populaires, mais devenues trop intrusives applications. Premier enjeu donc, l'acquisition et la fidélisation des membres. De fait, Facebook ne peut envisager un modèle payant pour les utilisateurs, recrutement oblige. On peut assurément croire que Facebook ne tombera pas non plus dans les travers qu'on voudrait lui prêter de façon parfois un peu alarmiste : pour conserver ses membres, Facebook ne pourra jamais utiliser les données personnelles des utilisateurs pour les "vendre" à des tiers, de même qu'il n'aspirera pas vos carnets d'adresses mails etc... Ces opérateurs mobiles précisément, voici des acteurs majeurs avec lesquels Facebook doit également composer. Là encore, l'accès au service mobile (cette fois) doit être maximal pour assurer le recrutement des mobinautes. Référencement sur les portails des opérateurs, intégrations dans les téléphones mobiles, co-marketing...chacun a tout à y gagner : développement des usages multimédia et ventes d'accès pour les opérateurs, développement du trafic et des usages pour la start up de Palo Alto. Mais, à condition, que Facebook respecte les pratiques du secteur en termes de propriété intellectuelle, de captation des numéros de téléphone... pour éviter de se lancer dans une bataille autodestructrice pour la détention des carnets d'adresses. Par ailleurs, développement du trafic oblige, Facebook ne pourra pas non plus monétiser l'accès à sa plateforme ou à ses APIs pour les opérateurs (ni pour ses clients, on l'a vu). Chacun doit être complémentaire : l'opérateur fournissant un tuyau, qu'il peut au passage rendre intelligent en y ajoutant du CRM, des interconnexions malignes avec d'autres de ses services par exemple (un service de contenus par ici, un accès SMS/MMS par là... à l'image de mysocialplace d'Orange), Facebook pour sa part, proposant des nouveaux usages, des nouveaux interlocuteurs possibles pour les clients finaux et une nouvelle plateforme pour développer ce qui reste le coeur de métier des opérateurs : la communication interpersonnelle. Mais alors, devenir "The place to be" c'est très intéressant me direz-vous, "mais ça coûte cher et ça rapporte quoi ?". Comment payer la somme de serveurs et les 800 employés de ce nouveau "géant" du web ? Pour le moment, le géant a bien des pieds d'argile. La seule voie de monétisation à moyen-court terme pour Facebook demeure la publicité. D'ailleurs qu'on ne s'y trompe pas, l'ouverture du "bureau" parisien de Facebook est plus à proprement parler une ouverture d'une antenne locale de la régie publicitaire de Facebook. La particularité de cette publicité révèle cependant la stratégie plus profonde de notre réseau social préféré : 1. La publicité sera potentiellement extrêmement ciblée, grâce aux données de profils. Par ailleurs, le reporting des campagnes le sera tout autant. On pourra ainsi savoir si les fans de star wars ont plus cliqué sur sa campagne que ceux de Lost ou Dexter. Voilà une première valeur ajoutée, et vous verrez plus tard comment elle sera déclinable. 2. Les espaces publicitaires et les formats sont assez nombreux et intégrés au service : simples bannières, vidéos à commenter, page fan, page événement, cadeaux virtuels, chacun avec une diffusion virale associée (commentaire, recommandation, invitation ou partage). 3. Tout le monde peut faire sa propre pub, Facebook mettant à disposition une interface de création, de paiement et de reporting à tous les utilisateurs. Une méthode déjà éprouvée dans sa relation avec les opérateurs mobiles. Dernière force de la stratégie de Facebook : son adaptation aux différents canaux. En témoigne la stratégie mobile de Facebook qui affirme clairement que "Facebook mobile sera à terme très différent du service web" (Henri Moissinac) pour être plus complémentaire et adapté à la mobilité... cela fait si longtemps que les cabinets de conseils en services mobiles attendaient qu'un acteur majeur le comprenne ! VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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