Les données de géolocalisation, une information précieuse pour Google

Dans un e-mail interne, un salarié de Google reconnaît l'importance cruciale pour le groupe des bases de données de localisation alimentées par les téléphones Android.

"Extrêmement précieuses". C'est en ces termes qu'un chef de produit de Google qualifie les données de localisation des téléphones Android dans un e-mail interne adressé en 2010 à Larry Page. Selon le "Wall Street Journal", ce courrier fait aujourd'hui partie d'une série de pièces accumulées dans le cadre d'un procès intenté par Skyhook Wireless un concurrent de Google dans la collecte de ce type de données. Son exhumation intervient alors que Google est, avec Apple, pointé du doigt sur ce sujet.


Des entreprises comme Google ou Apple utilisent ce type de données pour construire d'immenses bases de réseaux sans fil et de points d'accès wi-fi, qui permettent d'estimer approximativement la position d'un téléphone, sans pour autant utiliser les fonctionnalités GPS du terminal. Cette estimation de localisation est en effet plus rapide à réaliser qu'utiliser une puce GPS. Elle est ensuite utilisée dans le cadre de plusieurs services nécessitant de géolocaliser l'utilisateur.


Or Android est désormais l'une des seules sources d'information du groupe pour construire sa propre base de données depuis l'éclatement de l'affaire Street View au printemps 2010. L'objectif secondaire du programme Street View était en effet de collecter via ses Google cars la liste des réseaux wi-fi qu'elles croisaient. Mais le groupe a reconnu avoir récupéré ainsi des données personnelles issues de réseaux non protégés et a depuis stoppé cette pratique, face au tollé provoqué. "Je n'insisterai jamais assez sur l'importance de la base de données de localisation des hot-spots wi-fi dans le cadre de notre stratégie sur Android et le mobile", note le chef de produit de Google, Steve Lee.


Fin avril, plusieurs sites ont affirmé que les terminaux Android, comme l'iPhone et l'iPad 3GS enregistraient régulièrement des éléments concernant leur position. Depuis, les Etats-Unis et d'autres pays ont ouvert des enquêtes sur l'enregistrement de la position des utilisateurs de téléphones portables. Apple a reconnu quelques "bugs" dans cette procédure de stockage de données (lire Apple s'explique sur l'usage de données de localisation, du 28/04/2011). Google rappelle de son côté que cette collecte est conditionnée par une procédure d'opt-in que les utilisateurs d'Android peuvent désactiver dans les réglages du téléphone.

Google / Telecoms 2.0