Les techniques "black hat" de promotion d'applications mobiles Faire appel à des fermes de téléchargement

La frontière parfois ténue entre dispositifs de promotion licites et manipulations contraires au règlement des stores a sans doute été franchie lors de l'arrivée de fermes de téléchargements. "Ces fermes permettent la création de nombreux comptes iTunes qui, une fois activés, génèrent le téléchargement des applications via des robots", explique Jérôme Stioui.

 

Le site Inside mobile apps s'est penché sur ce phénomène et relaie le témoignage d'un développeur contacté par une société de ce genre. Cette dernière lui expliquait ainsi que, si aucun des milliers de téléchargements obtenus ne conduisait à une utilisation de l'application, ils permettaient en revanche de l'installer en haut des rankings, à partir de quoi le développeur pourrait observer une explosion du nombre de téléchargements humains. Un amorçage qui assure la popularité de l'application pour les semaines à venir...  "L'objectif de toute promotion est d'atteindre la masse critique qui permettra à l'application de vivre par elle-même", rappelle Dimitri Dautel.

 

Cette technique, bien qu'interdite par Apple, relève de cette logique et permet donc pour des tarifs compris entre 5 000 et 15 000 dollars d'asseoir la notoriété de son application. Ces sociétés aux pratiques nébuleuses n'ont jamais été clairement identifiées, même si les noms de GTekna (lequel promet d'atteindre le Top 25 en un ou deux jours grâce à plus de 60 000 téléchargements obtenus via des "sites partenaires" ou des "bannières web") et AppMagenta reviennent souvent dans le landernau du marketing mobile.

 

Ce phénomène semble toutefois circonscrit aux Etats-Unis où, à en croire le témoignage de ce développeur anonyme, 8 applications du Top 25 auraient bénéficié de tels services. Leur profil ? "Plutôt des éditeurs de jeux mobiles, de logos ou de sonneries qui veulent valoriser à tout prix leur parc de produits", selon Dimitri Dautel. Les annonceurs plus traditionnels ne préfèrent quant à eux pas s'hasarder à de tels dispositifs.

 

Bien qu'interdisant de tels pratiques, Apple semblait faire preuve jusqu'à il y a quelques mois d'un certain laxisme. Aux Etats-Unis, seul le développeur Dream Cortex aurait ainsi été puni pour avoir eu recours à des bots, selon la source d'Inside mobile apps. Il semblerait toutefois qu'Apple ait décidé d'attaquer ce genre de pratiques à bras le corps. La société a en effet tapé du poing et édicté de nouvelles guidelines  qui stipulent que toute manipulation des classements ou des notations sera sanctionnée par un retrait pur et simple de l'application coupable.

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