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19/02/2008

Christine Balagué (Renaissance numérique) : "Les TIC ne sauraient se suffire d'un secrétaire d'Etat en CDD"

La vice présidente de Renaissance numérique réagit à l'annonce de la création d'un portefeuille temporaire dédié aux nouvelles technologies dans le cadre d'un possible remaniement ministériel.
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Christine Balagué
 
 
  • Vice-présidente, Renaissance Numérique
 

Le secrétaire général de l'Elysée a récemment indiqué qu'un poste de secrétaire d'Etat à l'économie numérique pourrait voir le jour pour une durée déterminée. Comment percevez-vous cette annonce ?

Le fait que les technologies de l'information et de la communication puissent faire l'objet d'un portefeuille ministériel est évidemment une bonne chose. Cependant, la piste évoquée d'un secrétaire d'Etat en "contrat de mission", donc pour une durée déterminée ne me semble pas être à la hauteur de l'enjeu. Les TIC ne sauraient se suffire d'un secrétaire d'Etat en CDD. De plus, cette nouvelle fonction serait vraisemblablement attribuée à un parlementaire. Or ce dossier nécessite un poste à temps plein, ce qui n'est pas compatible avec un mandat de député ou de sénateur déjà très accaparant. Nous souhaitons donc que cette fonction soit confiée à une personnalité reconnue dans ce secteur. Cependant, il ne s'agit encore que d'une annonce quelque peu vague. Mais pour l'instant, elle n'est pas encourageante.

 

Dénote-t-elle un manque d'ambition du gouvernement pour les TIC ?

Je pense qu'elle démontre surtout un manque de volonté politique pour faire avancer le développement du numérique en France, alors que la plupart des pays européens en ont fait une priorité. 47 % des ménages français ont accès à l'Internet en France contre 67 % en Angleterre, 71 % en Allemagne et 83 % aux Pays-Bas. Même les Lituaniens sont plus connectés que les Français ! Le gouvernement ne semble pas comprendre que le développement des TIC servira à la fois l'emploi et la croissance. Nous attendons de lui qu'il se donne les moyens de coordonner l'ensemble des problématiques touchant aux nouvelles technologies au sein d'une sorte de "guichet unique" gouvernemental, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le plan de développement du très haut débit en France, par exemple, est piloté par le ministère de l'Economie. D'autres thématiques comme l'accès des étudiants aux TIC le sont par le ministère de l'Enseignement supérieur. Il n'y a pas aujourd'hui d'homogénéité dans les décisions prises par les différents ministères.

 

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Nous travaillons régulièrement avec le gouvernement et l'Elysée sur un certain nombre de sujets concrets. Nous en profitons pour sensibiliser fortement nos interlocuteurs à la nécessité d'un réel secrétaire d'Etat en charge du numérique, possédant un portefeuille permanent à temps plein, ainsi qu'une équipe et un budget. Cela étant dit, l'Etat ne peut pas seul faire progresser l'utilisation des nouvelles technologies en France. L'équipement par exemple des écoles primaires en matériel informatique dépend des acteurs locaux. Tout comme l'accompagnement des seniors ou des personnes à faibles revenus, dont respectivement 57 % et 74 % ne sont pas connectés à Internet. Or pour l'instant, aucun des programmes nationaux établis par les grands partis pour les élections municipales ne fait réellement état des TIC une priorité. Il nous semble donc également important de sensibiliser les candidats aux municipales à l'e-exclusion qui est en train de s'installer en France. Cette fracture numérique n'est pas une fatalité. Chaque maire peut agir pour rattraper ce retard et développer l'utilisation du numérique dans sa propre commune. Nous souhaitons parvenir à la mise en place de l'"Internet pour tous". Notre objectif est que 80 % des foyers français soient équipés d'un ordinateur, connectés et formés à l'Internet en 2010. C'est déjà demain.

 


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