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27/02/2008

Paris en ligne : la FFT veut faire le ménage avant Roland Garros

La Fédération française de tennis a intenté une action en référé contre trois opérateurs de paris. Son objectif : faire interdire les paris en ligne avant le début du tournoi français du Grand Chelem.
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Objectif zéro pari en ligne. A l'approche de Roland Garros, la Fédération française de tennis (FFT) multiplie les procédures judiciaires pour faire interdire la prise de paris sur Internet concernant les différents matches de son tournoi phare. Une procédure de référé a été engagée en Belgique contre trois opérateurs : Bwin, Betfair et Ladbrokes. Une première audience s'est tenue mardi 26 février. Une autre action en référé devrait être engagée dans les jours qui viennent en Allemagne. Une troisième procédure concernant le fond a été ouverte auprès du tribunal de grande instance de Paris.

 

A l'origine de ces démarches, la multiplication des paris concernant les rencontres organisées par la fédération. Selon la FFT, le Masters Series de Paris Bercy a généré un total de mises estimé entre 500 millions et 1 milliard d'euros sur environ 150 sites. Tournoi du Grand Chelem oblige, Roland Garros pourrait susciter des paris encore plus élevés. Or la fédération estime que ces jeux de hasard la désservent. D'une part, elle ne perçoit rien des sommes engrangées sur son dos. Le manque de transparence de certains opérateurs nuit, d'autre part, à l'image des compétitions qu'elle organise.

 

Sur le premier point, la FFT veut un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ses différents produits, et faire valoir ses droits à une part de l'immense gâteau qu'ils génèrent. "Selon le Code du Sport, seul l'organisateur possède le droit d'exploiter sa manifestation", rappelle le directeur général de la FFT Jean-François Vilotte. Or la fédération ne touche pas un centime des sommes engagées sur des paris touchant à ses matches. Elle souhaite donc, comme c'est le cas pour les droits de retransmission d'événements, que l'organisation de paris ne puisse se faire sans accord de l'organisateur de l'événement.

 

Sur le second aspect, le directeur général de la FFT pointe d'éventuelles dérives susceptibles d'entacher son sport. "Le manque de contrôle et de transparence de la part d'opérateurs de paris souvent établis dans des paradis fiscaux, créent les conditions objectives d'un trucage généralisé de certaines rencontres sportives", plaide-t-il. Selon la fédération, un certain nombre de joueurs professionnels ont déclaré avoir été approchés dans ce sens. Le Français Arnaud Clément avait notamment révélé en octobre 2007 s'être vu proposer de l'argent pour perdre un match.

 

Pour ne pas gaspiller ses forces face au "développement anarchique" du marché du pari en ligne, la FFT a donc décidé d'assigner ses trois principaux acteurs dont les sièges sont situés au sein de l'Union européenne devant les justices française, belge et allemande. "Nous voulons créer un courant jurisprudentiel au niveau communautaire", affirme Jean-François Vilotte. Si possible, avant le début de la prochaine édition de Roland Garros, prévu pour le 25 mai.

 

De leur côté, les opérateurs incriminés se défendent de nuire à l'image des tournois de la FFT. Au contraire. "Les bookmakers en ligne apportent aussi beaucoup de notoriété aux événements sportifs", estime le porte-parole belge de Ladbrokes, Alain Dhooghe. Selon lui, les bookmakers n'ont par ailleurs aucun intérêt à favoriser le trucage d'un match. "Si nous n'avons pas exactement les mêmes informations que les parieurs, nous sommes les premiers perdants." Enfin, Ladbrokes tient à minimiser l'importance du tennis au sein de son activité, dominée par les courses et le football. "En Belgique, l'ensemble des autres sports concerne à peine 2 % des paris", précise-t-il.

 

 
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Si elle obtient gain de cause, la FFT ne semble pas prête à permettre l'organisation de paris, que ce soit par elle-même ou par des opérateurs triés sur le volet. "L'organisation de paris n'est pas acceptable dans les conditions actuelles, mais nous n'avons pas la naïveté de croire que nous pouvons les faire disparaître", relativise cependant son directeur général. L'ouverture annoncée du marché français des paris en ligne, imposée à la France par l'Union européenne (lire Paris en ligne : la France s'engage sur une ouverture "maîtrisée" du marché, du 07/11/07) pourrait permettre à la FFT d'envisager de s'associer à un partenaire vertueux.

 


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